‹ VersaillesChapitre 83 sur 115 · A NCI !•: N K T MO DI! KM · texte numérisé non relu

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Salon d’Hercule.

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van ( la construction de l’admirable édifice de Mansard , cellesalle servait de chapelle, el descendait jusqu’au sol , comprenant au-dessous le passage actuel pour se rendre de la cour au jardin. Lorsque la nouvelle chapelle fut achevée on sépara en deux l’ancienne chapelle, et la pièce qu’elle forma au premier étage, alors sans aucune décoration , est restée ainsi jusqu’à l’an née 1729 où on songea à la décorer pour la mettre d'accord avec les grands \ appartements. Vingt pilastres en marbre blanc, appuyés sur des piédestaux de Vert-Campan , ornent tout le pourtour; les bases, les chapiteaux et les corniches sont rehaussés d’or, et Lemoine, chargé d'en peindre le plafond, trouva dans le nom du cardinal ministre Hercule de Fleury, un sujet fertile en vastes développements. Il conçut l'idée de représenter l’apothéose d’Hercule, dans 112 figures toutes caractérisées.

Il travailla pendant cinq ans a son œuvre, et l'exposa aux regards de Louis \V le 20 septembre 1750. Sa récompense fut le litre de premier peintre du roi ; mais bientôt après sa raison s'égara et il se perça de neuf coups d’epée. Heureusement pour la postérité, son chef-d'œuvre était accompli , et chaque jour il est l’objet de nouveaux applaudissements.

Cette salle n’a qu'un seul grand tableau, c'est le célèbre passage du Rhin.

Louis avait ouvert la campagne de 1072 par la prise de quatre villes, et des lors sa marche a travers les Pays-Bas fui un continuel triomphe; il voulut passer le Rhin a Toi huis . et y jeter un pont de bateaux ; mais comme les ennemis commençaient a se montrer sur l’autre bord , il résolut d’aller a eux avec une promptitude qui acheva de les étonner. Il commande a sa cavalerie d entrer dans le Meuve. Les Français s’v précipitent : aucun ne s’écarte de son rang, et le terrain venant a manquer sous les pieds de leurs chevaux , ils les font nager, et approchent avec une audace que la présence du roi pouvait seule inspirer. Cependant, trois escadrons paraissent de l’autre côté du Meuve: ils entrent même dans I eau

ANCIEN ET MO DE II NE

el lont une déctiarge qui tue quelques-uns des plus avancés et en blesse d’autres. Malgré cet obstacle , les Français abordent, ils fondent sur ces escadrons l’épée a la main, et les renversent. Ce fait d’armes brillant eût occasionné peu de pertes sans une imprudence du duc de Longueville, qui lui coula la vie.

Nous avons dit que cette salle était autrefois la chapelle; c’est la en effet que fut célébré le mariage du duc de Charlres depu's régent, du marquis de

Massillon.

Bossue l.

Bourdaloue.

Dangeau eleulin celui de madame de Maintenon; mais c'est la surtout que se lirait entendre les voix puissantes de llossuel . de Massillon . de liourdaloue. I.'elo-

quence et la hardiesse de la chaire était le seul contre-poids aux abus du pouvoir absolu. La hauteur des paroles et des pensées de Rossuet semblait ébranler les murailles, la voix plus douce, plus persuasive de Massillon émouvait davantage, et le sévère Bourdaloue rendait Louis MV inquiet et mécontent de lui-même.

A côté de ces solennels accents, de ces pensées sublimes, devons - nous avouer que c’est près de cette salle qu’un prince de l’église lut arrêté revêtu encore de ses habits sacerdotaux, le cardinal de Rohan, grand-aumônier, et dont le logement donnait dans le salon <1’ Hercule ? Victime d’intrigants , victime aussi d un caractère faible, quoique avec un esprit orné et piquant, ce prince s’était laissé entraîner dans cette ridicule et malheureuse affaire du collier. C'est dans un des angles de ce salon qu’il demanda a l’exempt des gardes-du-corps qui le conduisait la permission de remettre sa jarretière , et qu’il eut le temps d’écrire ces mots qu’il lit parvenir a l’abbé Raruel , son secrétaire intime : Brûlez ma correspondance.

Au Ire côlt* «In salon d’ Ile renie.

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