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VliKSAILLES
lin qui l’avail abrité1; il en désigna lui-méme la place à licmercier, son architecte , le laissant libre du plan et de la décoration.
Isui» XIII or demie I.a romtrurtion du rfaâlcaudv Irnuillr*.
1a> ehàteau que l.emcrcior construisit, a l'imilation de celai de Kielielien qu'il venait de bâtir, ne inanqnail pas d'nne sorte d'élégance, niais, se trouvant dans une Irès-pelile proportion , il parut a Saint-Simon ira thaï eau de cartes'1, dont nul gentilhomme, ajoute Bassompierre, n'aurait pu tirer vanité*. C'est là qu'offensé de la bailleur de sa mère envers le
• M. Fontaine ri plusieurs autre* Envahis, commettent une grande erreur en étlMiimt que lr cMtrau fut b.1li sur les ruines de l'ancien manoir seigneurial : ce manoir ne fut acquis que l’an 1652. lotit ans après la construction dn rh.ttr.ui. sur remplacement du moulin . à cinq cents pas «Je distance.
* Mc moite» dr Saint-Simon, tome Mil . p. 73 et K7, édit. de 11*29 r.'e*t lui qui donne sur la rie «le l.ouis \ll| tons les détails qu'il tenait de son père.
1 Ménioirej dr lin uompirrrt . tome III. Dans un Essai historique publié dernièrement a Versailles. rt fort bien fait, on suppose ipir le ehileau «foui parle Hasaoinpierrr |*ouv.nt être le yn-
ANCIEN ET MODEIINE. 87
cardinal, il .se retira le 10 novembre 1030, pour n ôtre plus témoin de scènes affligeantes et cependant ne point manquer au respect lilial ; c’est là qu'eût lieu cette réconciliation qu'on nomme lu journée des dupes , et où Iticlielieu, au moment où on le croyait éloigné pour. toujours, vint s’instuler dans le château même, pendant que Marie de Médicis quittait le magnifique palais qu’elle venait d’élever, pour aller mourir misérablement sur une terre étrangère.
Telle était cette simple, cette mesquine demeure nu milieu des forêts, lorsque Louis XIV monta sur le trime , et l'idée ne vint à personne que ce lieu pùt jamais fixer les regards d’un prince qui pouvait choisir entre Saint-Germain et Mcudon, ou toute autre situation de ce genre rapprochée de la capitale. Saint-Germain surtout réunissait, à lu vue la plus étendue, la proximité d’une forêt superbe et des bâtiments déjà élevés. C’était dans ce château d'ailleurs que le jeune roi était né; qu'il avait éprouvé les premières sensations de l'amour. Comment s'imaginer qu’il le quitterait pour un manoir obscur sur un sol ingrat, entouré d'étangs fangeux, sans aucune vue , et sans habitation , sur un terrain accidenté où il fallait tout vaincre et tout créer ; aussi se perd-on en conjectures sur les raisons qui le déterminèrent; mais si au lieu d'en chercher une seule on réunit toutes celles qui ont pu avoir de l'influence sur sou choix , on se trouvera peut-être en présence de la vérité - du moins de la vraisemblance. Ainsi , il faut se figurer un jeune priuee élevé dans les tristes appartements de Saint-Germain, dans ce vieux château où il avait été transporté la nuit pendant les troubles , ayant sans cesse eu vue de sa fenêtre celte capitale qui avait insulté son enfance, et les hautes flèches de Saint - Denis qui annonçaient son tombeau ; était- il étonnant qu'il eût éprouvé un désir vague de s'établir ailleurs, et si même eette pensée ne lui était pas venue naturellement , ne devait-elle pus uuitre en lui à la vue des merveilles que lui offrit bientôt l’habitation d'un simple particulier et In fête magnifique que Kouquet lui donna à sa terre de Vaux. Ce fier surintendant des finances, aussi riche, mais faisant
rt/fon royal construit par Louis XIII avant le flûteau ; tuais on tu* (M-ut guère admettre cette «apposition, car cette construction n'a jamais pu porter dans ce temps lt* nom de clütrau. n'axant aucun «le* caractère* «|Ui autorisent ce nom.
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VKKSAIU.KS
meilleur usage de s» fortune que Mnzarin. nvuit appelé, pour embellir su demeure, le concours des arts et des lettres; Mansurd avait élevé le palais; Le Nôtre , dessiné les jardins; Lebrun, décoré les appartements ; Molière et Toixdli, composé les ballets, les intermèdes. Celte fête fut une sorte de magie , d'opéra en plein air, une suite de scènes, île tableaux variés de musique , de danse. Le jeune monarque , dont l’enfance s'était passée assez tristement, put se croire transporté dans un monde nouveau, dans un empire plus puissant 1 que le sien, ù une cour plus brillante que la sienne. Un sentiment d'orgueil plub'il encore que d’envie dut alors agiter son cœur. Quoi , se disait-il , ces merveilles ont été créées prés de moi, sans moi, pour un autre que moi! Il existe duns mon pays des hommes qui peuv ent ainsi vaincre la nature , détourner le cours des fleuves, niveler les collines, et je n'aurai pas lu puissance ou la volonté île les occuper, d'employer leur talent à la splendeur de mon habitation et de mon règne !
De ce moment, le lieu oii devait être appliquée cette (vensée devint indifférent , et le choix de Versailles tint sans doute à su situation au milieu d'une forêt, à peu de distance de la capitale, ù la possibilité de tout y créer sans rencontrer des obstacles insurmontables, et à n'avoir sous les yeux que les personnes qu'il était bien aise d'y rencontrer. On se tromperait du reste en supposant que Louis XIV eut sur-le-champ l'idée des immenses travaux qu'il devait y faire, il aurait reculé devant de tels sacrifices; mais pour Versailles comme pour Marly, comme pour Tria non3, il fut successivement enlraiué sans avoir eu île plan bien arrêté; et, en effet, longtemps avant les immenses constructions du palais de Versailles , les dépenses s'élaient bornées aux jardins ; il n’bahita même le palais qu'en 1082’, jusque-là il le visitait et retournait à Saint-Germain. A l’époque des fêtes qu'il y donna en 1664, le château était encore dans l’état où Louis XIII l'avait laissé , les jardins seuls avaient éprouvé de grands changements , et Ixniis XIV semblait attendre
• F»uiju» l «levait être arrêté au milieu «le la fête. çVftt été un acte révoltant auifiicl !«• roi et surtout la reine mère refusèrent «l'accéder.
1 II n'était fixé h Versailles (tour échappr à Saint -Germain, à Triaiton )M>nr être moins entouré <|ii à Yrrnillc*, à Marly pour être encore plu» seul «ju'à Tria non.
* l~a première déclaration, datée de Versailles, <*«1 de t«72, mais la cour ne «'y établit «|U en IGM.
A N Cl K N K T MO 11 K II Mi.
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IVIÏel qu'ils devaient produire avant tic se décider aux sacrifices qu'il fallait faire pour s'y fixer ; le génie de Le Nôtre ne lui laissa pas le temps de l’indécision
Vtml, XIV fl lr \Alif,
Un jour, il développa devant le roi le plan admiralile de ces jardins ; celle allée percée au milieu du bois, te grand canal qui offrait une perspeclivc magique, ces bosquets des deux côtés, si nobles, si variés. A chaque explication , Louis XIV ne répondait que par ces mois : Le Nôtre , vingt mille francs. Lorsque ce chiffre eut été répété quatre ou cinq fois , Le Nôtre ordonna He replier le plan en disant : Sire, je vous ruinerais si je m'abandonnais à votre générosité ; veuillez vous abandonner il mon zèle. Pourquoi Mansard n eut-il pas la même persévérance? Il aurait eu sans doute le même succès lorsque , consulte également sur les travaux il faire, il proposa d’abattre les mesquines constructions du château de cartes de Louis XIII, et d’élever un édifice
• En effet . Le NAln* profita d'un moment dVnthousiawne. d’un dcml-ronsentrmenl (tour abattre une partie de» Itoupiet» de Louis Mit, pour y faire en lino nuit le» ihangiiiirnls qu'il avail propose», et Loui» \IV, i li.irtiH' de l'efTcl qu'il» produisirent, ne »e plaignit plu» qu'on eût dépasse se» ordre».
V KIISAII.tKS
d'accord ;ivcc l'éclat de sa couronne; mais lii il trouva dans le mi une résistance qu'il ne sut pus vaincre. En vain représenta-t-il l'exemple du cardinal de Itielielieu , qui avait gâté tout le plan de son château pour avoir voulu conserver la chambre où il était né; en vain cherchat-il à dérider le roi en objectant le mauvais état des bâtiments* : tout fui inutile ; il nj eut plus d'autre moyen que d'entourer le vieux manoir d'une enveloppe immense (pii le faisait presque disparaître, que de le couvrir d'un manteau royal pour en déguiser la petitesse , la nudité. Essayons de présenter avec ordre les accroissements successifs que eel édilice a éprouvés pour arriver à l'immense développement qu’on lui voit aujourd'hui.
Celte planche nous montre, n°l, le château primitif de Louis XIII. consistant en un corps de logis et deux ailes en retour terminées par
• Qu'au 1rs iWMniiv f «lii le roi , pour W rrUftlir riacletmnt utr !«•* rotor* bw*».
quatre petits pavillons unis pur un passage en arcades , lu Unit entouré de fossés et n occupant ipi'un espace de vingt ou viligl-deux toises sur chaque fuie. Déjà, vers la lin de son régne, Louis XIII avait fait couslruire en avant du fossé un grand bâtiment pour servir décurie. Kn 1 00 1 , Levenu , nrcliiteetc de Louis XIV, décora celle aile et en éleva une autre parallèle pour loger les ministres et les autres personnes de lu cour; mais en eonservunt lu sépuration et y ujoiitant lu magnifique grotte ou bâtiment lutérnl, qui mérita d'étre elmnté pur Lu Fonluine'. Knliu , eu 1 67 1, Mimsurd joignit les deux pavillons, supprima les arcades qui fermaient lu cour, combla les fossés, et, sur leur emplacement, bâtit lu mngnilique enveloppe qui présenta du coté îles jardins un palais entièrement nouveau. I-a nécessité de laisser du jour aux anciennes constructions, qu'on s'obstinait à conserver, motiva ces quatre petites cours qui existent encore et qu’on remarque parfaitement sur le plan comparé et encore mieux sur la pelile esquisse ci-contre, où l'ancien palais de Louis XIII est marqué par une teinte plus sombre ; c’est par elle qu’on peut bien juger la nouvelle construction qui embrasse en quelque sorte le petit château ; celle enveloppe le doubla, et alors les appartements n'eurent plus de jour que d'un seul côté , les anciens sur lu cour, les autres sur les jardins. Ainsi disparut aux regards, sans cesser de subsister, ce premier, ce doyen des immenses bâtiments qui couvrent le sol ; et aujourd’hui que Versailles n'est plus destiné à une habitation royale el que la Itcuulé de l’entrée n'est plus une condition absolue, on est bien aise de suivre depuis son origine les traces de tous les travaux qui firent d'un château un palais, du palais une ville, el bientôt de celle ville uri des plus beaux quartiers de la capitale. Pour se former une idée exacte de l'eiïel produit par ces nouvelles constructions, nous donnons ici la coupe du corps de logis pris dans l'axe de l'ancien palais. On y voit lu chambre à coucher de Louis XIV, telle quelle était, telle quelle est encore, mais enfermée
'Amours de PtyrUé, 1. 1. Troi* arcades. fermées par de* portes de fer d'un beau travail, formaient l'ouverture de cette grotte. La porte du milieu , surtout remarquable, figurait un soleil dont les rayon* dorés et à jour, exposé* au soleil couchant* lais* dent iiénétrer dans la grotte une: lumière magique. AihItmus des arcade» étaient trois bas-reliefs sculptés par Girard VamqiKil de Bnixclle».
\ KHSAII.I.ES
«lu colé du jardin pur lu grande galerie el les uulres pièces composant ce qu'on uppeluil les grands appariements de Louis XIV.
« tmpi- du |viliiih dr \cnuill» prixe au milieu du (vilart ri <k la mur dr nurtirv.
Celle coupe est fuile pour iiuliipier les proportions enlre les apparlcinenls «le l'mieien cliûteuu el les immenses eonslniclions qui y oui élé ajoutées. Le vestibule, au rez-de-chaussée, servait autrefois de passage pour eomiuuni(|uer de lu cour de marbre avec le jardin ; il est aujourd'hui fermé.
Eu même temps que Mansard décorait ainsi le palais, il joignait aux premières constructions de Leveau différents corps de bâtiments pour loger la cour, qui devenait plus nombreuse tous les jours ; U élevait les grandes et les petites écuries; cnGn l'aile du midi, à laquelle il devait donner bientôt p«mr pendant l'aile du nord et sa inagnilique chapelle.
A.XCIIC.X BT MUÜKIIMI.
.Vous pu lierons plus lard de ces différents travaux, de l'orangerie, des grilles ipii rerinaient les cours, des avenues ipii y conduisent, et, enlin , de lu ville de Versailles elle-même , alignée, régulière, grande, noble, v ille conçue et bâtie pour être une dépendance du palais.
Les travaux successifs que nous venons d'indiquer par des plans se comprendront mieux par une suite d'élévations ou de vues perspectives, qui feront connaître en même temps le style de l'architecture.
ChftlMU de Veruille» *oua Lotit» XIII.
Après les édifices en marbre et en pierre, construits avec autant de goût que de luxe sous le règne des Valois, il naquit en France un style d’habitations mesquin, pauvre, conforme au malheur des temps, qur consistait dans des édifices de petites proportions en briques, avec des rhuincs en pierres de taille; tels furent la Place-Royale, les châteaux du Vaux , de Meudoil , de Saint-Germain , de Fontainebleau , et enfin le célébra Versailles , élevé par l.emercicr, en imitation du château de Richelieu, qu'il avait également construit. L’état des arts, des lettres, des sciences , à cette époque , était une image ûdèle de la situation politique , de ce désordre qui régnait daus les esprits connue dans les affaires. Les règnes de Henri III , de Henri IV et de Louis XIII sont une sorte de lacune ou de transition entre les deux époques de François l" et de Louis XIV. Le château de Versailles ne manquait cependant pus d’une
VKIISAILLIJS
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socle (l'élégance, el il on acquit davantage lorsque lx>uis XIV lit décorer la cour par un |>éristyle cl des ornements qui subsistent encore.
Bientôt l.eveau, uinsi que nous l’avons dit plus haut, ajouta à l'ancien édifice, et dans le même style , deux ailes en avant, ornées de deux pavillons et d'un bâtiment carré qui renfermait la grotte dont iuhis avons
ANCIKN Kl MO II K H A K. !K'i
déjà parlé. C'est oc que l'on oliserve sur la planche ipn précède : on y aperçoit le château isolé et les jardins de Ije Nôtre presque achevés ; les fossés subsistent encore , ainsi (pic celle espèce de galerie a jour (pii forme la clôture de l édifice et qui servait, comme à Fontainebleau, comme h Richelieu , comme au Luxembourg , de communication entre les deux ailes du palais, et , en avant, les deux pavillons pour le concierge et pour les eorps-de-garde.
Celte vue est copiée d’un tableau conservé à Versailles, et peint vraisemblablement en IG64 ; on a cru qu'il indiquait un simple projet, mais il est bien la représentation exacte du palais à cette époque , cl d'accord avec deux petites gravures d'Israël Sil rostre , dont l'une le montre de face et l'autre de la partie latérale qui domine l'orangerie' .
l.a modeste demeure de Louis XIII. presque perdue dons le vaste assemblage de bâtiments qui sont venus successivement s'v adjoindre , était encore alors telle qu'il l'avait construite. On y trouvait la chambre où il passa tant de nuits agitées par le désir de se soustraire à l'influence de son despotique ministre , l'appartement de ce môme terrible cl nécessaire Richelieu, celui de la douce et savante mademoiselle de Lafayelle, qui seule ap|iortait quelque charme dans ce triste séjour. Louis XIV laissa subsister longtemps ces dispositions , et, son affection lui faisant un devoir de les conserver, il se borna à les agrandir. Ainsi les fêtes magnifiques (pic donna ce prince, en 1661 et les années suivantes, eurent lieu dans le château tel qu'il est représenté ici.
Kitlrte du rhllnu de l ouis XIII,
* Non*, nous tomme* lu u nes, à diurncr la prmiiiTo qui indique mu'U’l ra*p*H.i total, H ni aqurt n'ert gntf'n* plus lm|H**ant que erlui de ton# lr* châteaux qu'on rencontre «ur h*. mille* tlt* Framv.
Calai» de Vcrviilla dan» unit mmi «le»rl.r,»|«.-meui du rttÿilc»
ANCIEN ET MODERNE. m
Colle vue générale du palais de Versailles, tel qu'il existe aujourdhui, iwrmct de juger de eetle euveloppe dont nous avons parlé , des petites cours intérieures , colin du niaguilique développement que produisent à droite et à gauche les ailes du nord et du midi.
Ces deux ailes doublèrent de chaque côté le palais; deux antichambres précédèrent lu chambre à coucher; prés de celte chambre s'assembla le conseil îles secrétaires d’état ; quelques cabinets furent affectés aux réunions de famille ; une petite galerie, confiée aux soins de Mignard , reçut les chefs-d’œuvre des diverses écoles; différentes salles furent destinées à la collection de médailles, de vases précieux et d'objets plus précieux encore. Ce ne fut pas tout : Louis XIV connaissait parfaitement l'effet de lu magnilicence, et une longue suite d appartements enrichis des plus beaux marbres, ornés des plus belles pciuturcs, précéda la vaste, la merveilleuse galerie dans laquelle il recevait , au milieu d'une cour brillante, les ambassadeui-s extraordinaires. La reine et le dauphin eurent leur logement dans lu purtic disposée au midi et dominant l'orangerie et la pièce d'eau dis Suisses. Le gouverneur du palais et le confesseur du roi logèrent dans l'aile qu'a reconstruite Gabriel ; un des princes du sang occupa l'aile opposée ; au delà de lu chapelle étaient les appartements des enfants légitimés du roi, des princes de Condé, deConti, du gouverneur des enfants de France et d'une foule de grands officiers et de chapelains ; dans l'aile du midi, les enfants de France et la famille d'Orléuns habitèrent sur les jardins; les premiers gentilshommes du roi, les dames d'honneur de la reine, occupèrent la partie qui donne sur la rue de la Surintendance. Vis-à-vis, dans le grand commun, logeaient plus de deux cents officiers attachés au service du roi , de la reine ou du dauphin. Les secrétaires d’étal, miuislres de la maison du roi, des relations extérieures , de la guerre ou de la marine , habitaient les deux corps de bâtiment devant lesquels s'élèvent aujourd'hui les statues d’hommes célèbres.
Sans doute l'aspect du palais, du coté de l'arrivée , tel que nous le représente celte planche , a de In grandeur par la masse des bâtiments ; mais il est amoindri , par le renfoncement de la cour de marbre , paire cul-de-four nu milieu de la ligne. Ce grand ensemble est surtout
\ kksaili.es
admirable du cote des jardins, et »n [mmi! aisément supposer son développcmcnt , par lu saillie seule des bâtiments ; en elTet , il n'y a pas de comparaison. Nous allons indiquer les changements qui ont eu lieu successivement de ce cote.
Château lie Versailles du rtIO de» Jardin»
Le palais, du côté du jardin , était dans l'origine fort simple; Louis XIV en fit orner les murs et élever un petit avant-corps en saillie pour en décorer l’entrée ; il resla ainsi à peu près jusqu'en 1670, et tel que le représente la vue ci-dessus , lorsque Mansard l’enveloppa des deux cédés par les grands appartements, en laissant subsister cependant une longue terrasse ou premier étage qui conservait un double jour aux appartements, et leur procurait un lieu de promenade. C’est alors peut-être qu’il se trouvait le plus à son avantage. F.n effet , il a été longtemps agité si le palais, dans cet état, et tel qu'il subsista jusqu a l’année 1678, n’était pas d'un meilleur style, d'un goût plus pur, d'un elTet plus agréable qu'il n’a été depuis. A l’exemple de plusieurs palais d'Italie , l’élégante terrasse , au milieu , donnait , par les projections des ombres, du mouvement â tout l’édifice1. Versailles fut alors un palais régulier, élégant, mais qui ne pouvait contenir l'immense entourage du monarque et la multitude de princes que deux générations élevèrent autour du
1 II suffit, pour en Juger, de «e rappeler celle que produisait la terrasse de Philibert Delorme aux Tuileriei», avant i|u'ellc eût été remplacée par la cage du nouvel escalier, et quand on connaît le lion goût du noi, on aurait |>u s'étonner qu'il eût consenti à la sacrifier, si Ion ne savait que son projet avait été et est encore d'entourer le jalais par une autre terra.**1 extérieure, qui le dégagera de la même manière. et plus avantageusement encore.
Iront1. < (n commença pu r combler l'ouverluri' ltiisf.tr par In terrasse en construisant la superlie toilerie de l.ebrnn , tlestinée à relracer les liauls faits du roi ; bientôt après , à droite et à gauche . s'élevèrent les ailes
latérales, telles tpi '««Iles sont figurées dans l'admirable ensemble delà planche suivante.
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C'est de co point de vue qu’il faut se placer pour juger île la grandeur, île la majesté île ce singulier palais; il est là dans (ouïe sa lieaulé, entouré d'un côté par de vastes cours où viennent aboutir des uvenues vraiment royales ; de l’autre , par des jardins , dont In magnificence comme l’agrément ont passé en proverbe. Son architecture est élégante et riche. Sous un soubassement percé de cent vingt-cinq ouvertures s’élève un ordre ionique formant le premier étage, supportant un attique corinthien et une balustrade ornée de trophées. Cette façade ou plutôt ees trois façades , d’une longueur de trois cents toises , ont ensemble cent vingt-cinq croisées au premier et au deuxième étage , ee qui forme li-ois eent soixantequinze ouvertures sur le jardin.
Palai» de Vrrsaillw «o de la lerra«*
On voit ici l'effet du même corps de logis de la planche précédente avec la galerie construite et les deux ailes en retour , pris du |Mirtcrre , à gauche du palais.
Dans les gravures précédentes, les deux ailes du midi et du nord sont unies au corps principal du palais ; mais elles en furent d'abord séparées.
» ËKS WI.I.KS
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L’alisence des pilnslrvs iiu\ doux parties qui communiquent ù In cour des Princes et il celle <le la Chapelle en est une preuve incontestable. Ces trois corps , d'abord détachés , une fois réunis composèrent la plus immense façade qu'on eût vue, mais en même temps la plus monotone. Il fallut douma' un peu de jeu , un peu de mouvement à cette ligne continue; on crut en trouver le moi en en imaginant une suite de péristyles de distance en distance , supportant chacun autant de statues qu'ils avaient de colonnes. Celte suite de saillies ou loges , imitée du temple d'Krechlhéc à Athènes avait déjà été employée par le vieux Mansard, au château de Maison.
Pelai» de t<TMillr*. «a du boi» de Silory
C'est de ce point qu'on peut encore juger de l'aspect dominateur du palais de Versailles; c’est ainsi qu’il s'aperçoit de tous les coteaux environnants, et surtout du bois de Satory , d’où cette vue est prise.
Pour compléter l'ensemble de buis ces bâtiments, il nous a paru necessaire d’y joindre les deux magnifiques écuries que Louis XIV lit construire par Mansard de chaque côté de l’avenue de Paris. La place d’Armes les séparait seule du château , auquel elles servaient de perspective, et dont elles complétaient l’ensemble majestueux. Commencées en 1079, elles furent achevées en 1085. La régularité, la beauté des pro|Mirtions et de bon goût des ornements en font des édifiées très-rc-
ANCIEN ET M 01) Eli N E.
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murqualdes. Kgales on grandeur, malgré leur nom ilo petite cl <lo grande
rUu da écurie».
écurie, qui s'appliquait à In destination et non à l'étendue; elles sont composées de deux ailes, flanquées ehaeune de deux pavillons que deux
Vue tir» «tu ries . prise «le U pitre <!' truie».
corps cintrés joignent au corps de logis construit dans renfoncement, cl clics liront une nouvelle grâce de celle forme arquée.
Tel fut Versailles des l'année I0H0, il n’y innnquiiit plus qu'une chapelle et un théâtre, élevés depuis I Un et l’autre pour servir de modèle dans ee genre.
Ces immenses uonslruetions, subdivisées à l'infini dans l'intérieur, servaient d'habitation à la famille royale, à ses gardes, à scs ministres, à près de trois mille familles , qui formaient comme l’entourage du souverain.
A la vue de ces prodigieux bâtiments , on n'était plus tenté d’en critiquer les défuuts. Cette longue ligne, non interrompue par des pavillons , ou tout autre corps en saillie , qui en eût masqué la grandeur , présentait un aspect unique dans le monde, et dont on n'avait même aucun exemple dans l'antiquité. Quoique élevé à différentes éqioques , ce palais semblait avoir été conçu et exécuté d’un seul jet. On a pu dire que c’était un parvenu sans mérite ; que c’était le corps d’un oiseau avec des ailes disproportionnées ; mais une semblable pensée ne pouvait venir troubler dans personne l’effet que fait éprouver ce superbe et gigantesque monument.
La magnificence des appartements répondait au luxe extérieur, ou plutôt le surpassait encore ; tout ce que les générations de rois avaient amassé en tableaux , en statues, en meubles précieux, renfermés aujourd'hui dans les galeries du Louvre, était distribué comme ameublements dans les différentes pièces : c'était un musée pour l'ornement d'uu palais.
C’est daus cette superbe demeure que vécut , que régna quarante ans le monarque le plus puissant de cette époque, entouré des plus grands généraux et des orateurs les plus éloquents , d'artistes et de gens de lettres célèbres qui peuplaient cet immense palais. C’est là que Louis XIV donnait des fêles dont le programme était imité dans toutes les autres cours.
A la mort de ce grand prince , uue sorte d'effroi , de stupeur frappa le palais; il semblait que tout ce qu'il renfermait se fût évanoui. Un enfant de cinq ans, seul reste de toutes ces générations , qui étaient nées et s'étaient éteintes pendant le long règne, était là dans un coin de ce grand édifice, n’ayant plus l'entourage des grands, celte puissance de res-
pect , qui mi)|>lissnit la vaste enceinte. II pnnit donc (oui simple qu'il on parût; qu’il allai passer son enfauee, attendant l'Age de régner, dans une demeure moins vaste , moins disproportionnée.
r.nnemi de la magnificence, le duc d'Orléans pouvait doue aisément satisfaire son goill pour les plaisirs de In capitale , en conduisant son pupille à Vincenneg, que I.ouis XIV avait lui- même marqué pour son séjour. Ainsi le grand édifice fut condamné à sept ans de veuvage jusqu'il la majorité de l,ouis XV. qui ne parut monter sur le trône que le jour où il mil le pied dans le palais de son aïeul ; mais il y arriva avec des idées opposées a celles qui avaient toujours dominé. Aussi peu partisan de la représentation que Louis XIV en avait été avide , l-oRis XV se trouva trop exposé aux regards, trop géné en quelque sorte dans l'espace , dans l'étendue ; il aspira il réduire tontes les proportions que son aïeul avait voulu étendre, et il n’y réussit que trop bien. Le magnifique escalier des ambassadeurs fut sacrifié à la construction de petits appartements ; la galerie de Mignard fut subdivisée en cabinets , en boudoirs et en petites et obscures communications ; les liergcrs de Bouclier détrônèrent les héros de Lebrun , de Coypel et de Boulogne. Cependant quelques grands travaux furent exécutés, tels que le magnifique tbeiïtre , le plafond du salon d'Hercule et le pavillon qui termine une des galeries de Leveau. Cabriel, auteur de ces constructions, avait fait un plan nouveau pour Versailles, qui aurait caché aux regards la cour de marbre et le petit chAteau de Louis XIII. La mort de Louis XV empêcha qu'il ne fût entrepris. Louis XVI remit ce même projet a une sorte de coneours où les plans que Peyre publia dans son œuvre parurent de lieaucoup supérieurs à ceux de Gabriel. Eu effet , sons rien détruire , il entourait eette façade de eonstruetions ornementales et d’immenses portiques en eolonnes, qui en rendaient les abords aussi nobles qu'imposants. Ces travaux devaient coûter cinquante millions, et l'état des finances ne |iermit pas de songer il les exécuter.
Bientôt la révolution vint étendre sou manteau de deuil sur le palais des rois: In ruine, qui suit toujours l'abandon, commença scs ravages.
Quelques années encore de cette dévastation , il ne serait plus rien
\ KÜSAtl.l.KS
l'esté de l'immense palais. Mois que seruil-il nussi lesté «le In Franco entière , «le ses institutions, de ses mœurs, de ses monuments? si un homme de génie n’avait orrèléret élan de la barbarie, n'avait rétabli la société sur ses véritables bases. Dans le mobilier de sa puissance, Napoléon trouva Versailles, et n’ayant aucune raison de le rétablir, il voulut au moins le conserver1, et c'est à lui qu'on doit les réparations considérables, qui permirent par la suite d'assigner à ce palais une destination*. Napoléon, disent tous les historiens , recula devant l'idée d'habiter jamais Versailles; mois n'en fut-il |>as ainsi d une grande partie de ses projets, qui ne venaient à sa pensée que portés par les événements qui les rendaient possibles. Eh bien ! contrairement aux historiens , contrairement aux paroles de Napoléon lui-même , je prétends que, s’il était resté sur le trope, il aurait habité Versailles; il l’aurait habité avec nne pompe, un éclat différent des temps passes, mais peut-être plus brillant, plus militaire, plus oriental. Qu’on se ligure en effet quelle existence aurait eu cet bouline prodigieux, s’il avait fait la paix à Friedland où même à Dresde. Si, de retour en France et souverain d’un empire plus étendu que celui de Charlemagne, possesseur d'un domaine extraordinaire de eenl millions de revenu , il avait appliqué son génie aventureux aux choses utiles ou grandes de la paix , comme il l’avait fait aux conquêtes. Peut-on calculer quelles merveilles il aurait créées sur ce sol chéri de la France , que de routes, de canaux l'auraient sillonné de toutes parts; que de monuments se seraient élevés , et , dans eel ensemble de gloire , de grandeur nationale , croit-on que le palais de Louis XIV edi été oublié, el qu’il ne se fût pas présenté au contraire comme en proportion avec une souveraineté plus puissante que celle du grand roi.
Ce rêve, crée par la victoire , disparut avec elle , et Ijouis XVIII, ivmontant sur le trône de ses pères , aurait voulu pouvoir dater de Versailles l’an xvin de son règne , afin de mieux effacer encore la trace de ce
* En 1*12. les brades du cli.He.iu et les principale* dépendance* étaient rétaliiies, les dorure* et ornement» de» grand» appartement» restaurés, et enfin, en 1*1 H, le pavillon correspondant à l’aile de Gabriel élevé, et tous le* abords du palais ainsi que le* jardin*, restauré*.
* En attendant il donna à chaque bâtiment une destination, l e grand commun i la manufacture d'armes, le grand veneur au tribunal, le grand-maître i la mairie, le» hôtel- de la surintendant-r et des réservoir», le* menu* plaide» a différent» service* publics.
VM.II.N I I MlllIt.llM
long intervalle. Il v lit pour six millions do dépenses , cl tout riait dispose pour qu'il put l'habiter lorsqu'il mourut. Versailles , abandonné tir nom rau par son successeur, redevint ce qu'il avait été dans sa première origine, un rendez-vous de chasse; niais il devait être soumis bientôt à une plus rude épreuve; il devait survivre à un événement bien autrement dangereux pour lui . à une révolution populaire . une révolution eu opposition aux préjugés, au faste de l'ancien régime. La royuulé renversée dans les barricades et renaissant des barricades ne pouvait plus conserver de In moiinrehie que l'emblème , du luxe de la restauration que le nécessaire . et ne voir enlin dans Versailles que le plus inutile des joyaux de la couronne ; c'était même , supposait-on , un fardeau |>our elle , et , lorsqu'il s'agit de le comprendre dans ses attributions , quelques voix seulement de majorité le lui conservèrent1. Que serait-il devenu s’il était resté il l'Èlal? Lafayette en voulait faire un hôpital militaire , d autres un collège royal; mais le plus grand nombre par économie et par haine voulait le détruire et en vendre les terrains. C’est à un seul homme et à une seule pensée qu'il dut sa conservation . disons môme son apothéose2.
La révolution de juillet, cette action des classes éclairées jointes nu peuple contre une poiguée d'hommes aveugles ; cette révolte de l’intelligence contre la déraison, de l’ulililé contre l'orgueil frivole, devait placer à sa lèle le prince qui avait le mieux compris son but, parce qu'il avait toute si vie embrassé sa cause. Par un singulier et rare assemblage , ce prince unissait à des qualités solides, à la connaissance approfondie des hommes et des choses, un goût éclairé pour les arts , qualité très-rare et devenue
4 II a tenu à peu de choses que le n>i Louis-Philippe fût prive de la possession des palais royaux, et alors aucun tirs admirables travaux qu'il a fait exécuter n'aurait eu lieu, aucune des immenses acquisitions qu'il a faite* de ses deniers n'aurait appartenu A la couronne; l'État, qui s'en serait trouvé chargé , les aurait négligés comme il le fait aujourd'hui de Hamhouilk’t. U est lion de rappeler ce qui se passa à la chambre des député* en IKI : M. salverte avait proposé en amendement, que le Louvre et les musées fussent la propriété de l'Etat. I.'aiiteur de cet ouvrage s'y opposa en prouvant que le* seuls grands travaux terminés dan* Paris, tels que la colonne de la place Vendôme, l'arc du Carroosel ne l'avaient été que parce qu'ils étaient pris sur les fonds de la liste civile. L'amendement fut rejeté; mais bientôt après, Versailles ne fut alloué à la couronne qu'à la majorité de cinq voix, et, enlin, ILim houillct lui fut enlevé.
Il avait été proposé en 1K50 de consacrer Versailles à renfermer tous les objets de curiosité de tous genres qui ri auraient pas pu être placés daus les musées royaux, l-e roi Loui*-Philip|»c eut irai l'idée d'y créer un panthéon national, et l'habileté de le Lien rv-ruter.
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nécessaire dans un |tavs qui possède les plus beaux palais, et dans ces palais même une sorte de nationalité. Pour preuve de ce août , le roi l.ouis- Philippe pouvait montrer les immenses travaux qu'il avait exécutés pendant dix ans dans ses propres domaines1; mais ici l'épreuve était plus difficile; il fallait conserver comme palais un édiliee immense qu'on ne voulait pas habiter et lui trouver cependant une autre destination qui n'en changeât pas lu forme. Le mot heureux de celte énigme, lu pensée de génie qui résolut ce problème naquit-elle spontanément, ou vint-elle successivement à l’esprit de celui qui la conçut? Peu importe, il est certain que ce fut une inspiration sublime qu'eut le roi Louis-Philippe de convertir le palais de Versailles en musée natioual . de verser dans cet abîme de trésors de nouveaux trésors: mais ccux-ci avec sagesse, avec goût. Une fois cette heureuse résolution prise , quelle satisfaction journalière ne «lut pas éprouver son auteur en voyant se développer sous ses regards celle idée féconde ; en voyant l’histoire de sa race, jointe à celle de son pats, se présenter avec un éclat et sous une forme qui n’avait pas d'exemple, et lui grand quartier-maître de cette armée de héros, de citoyens illustres dans tous les genres , assigner à chacun sa place en raison de son importance, et grâce au talent de MM. Fontaine et Nepveu, accompagner toutes ces nobles images, d’attributs, d’ornements qui leur étaient propres ; mais si on fait compte de celle satisfaction , il faut aussi faire la part des difficultés, des obstacles qu'on rencontrait pour y parvenir.
Versailles , dans l'ancien régime et même depuis, était habité par un nombre considérable de familles , qui avaient divisé en deux ou trois étages la plupart des grandes salles ; c’était une espèce de ruche avec un millier d'abeilles. Celle de 1830 contenait vingt-sept chambres : nous avons cherché à faire comprendre celte situation en donnant la coupe
* C«- prince avait prouvé par 1rs admirables travaux qu il avait faits ail Palais-lloy.il. à la ville d’Ku , ■i Ncuilly. son goût éclairé dans les arts et sa munificence dans ces sortes de dépendes. U le prouva encore mieux depuis, lorsqu'il fut mailre des jMlai* de la counmne.Toiisoiit été par se» soin» restaurés, embellis Aujourd'hui, les Tuileries, par le nouvel escalier , sont devenues la plus belle résidence de l'Kurope et surtout la plus vaste, la seule ea|tal>l<- de servir à des fêtes île quatre k cinq mille convives. — Fontainebleau a été remanié dans son ensemble . dans **•» moindres détails les IK'inliirrs effacées, détruites, «les grand* maître*, fondateur* de l'Kmle franeaisc, «ml reparu aux rep.it ds étonnés; il en a «-té «le même «h* Omiphgur, «le St-t:l«»inl. «!«** «b-ux Tiiaiumv
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(l un |>a\ illoii qui a cüj détruit, cl lel qu'il sc présenta lorsqu'on en lil la démolition.
coupe du pavillon démoli pre» «Ir I ail** <lu midi.
Cette coupe indique les multitudes de soupentes , de planchers qu’il n fallu abattre pour retrouver les salles spacieuses qui existaient dans l’origine ; mais alors aussi le palais présenta le vide d’environ cent à cent vingt salles entourées de corridors , qui recevaient les immondices de Ions les ménages et qui ressemblaient à la rue’. En peu d’années, ces salles ont été décorées avec magnificence ; elles renferment une suite de lablcaux classés dans un ordre chronologique et rationel : les corridors ont été changés en magnifiques galeries remplies de statues semblables aux loges du Vatican et aux longues salles du palais Pitti. Les dépenses énormes que coûtèrent ces changements ’ ne peuvent s’évaluer que lors-
• oo ae ferait difficilement l'idée de la saleté, du désordre qui régnait i Venailles, dan* I ancienne cour, tous le# corridors, tou* le* abord* étaient couvert* «le boutique*, cl de» Rens de toute» espèce» lurroiiraicnt le* «aile*.
J Le* dépense» qu'on ne voit pa», qui sembleraient u'avoir jamais été faite* parce qu'on n’a pa*
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qu'on a vu leur développement progn-ssif 1 cl qu’on sail la peine c*l le temps qu'il a fallu pour y parvenir. Sons doute il existait dans les magasins et dans les palais royaux un grand nombre de tableaux, de statues, et il était convenable de classer d'abord ces authentiques et précieux matériaux; mais il fallait les compléter, les unir par des compartiments, par des entourages ayant rapport aux différents événements qu’ils retraçaient , et voilà ce qui a été fait avec autant de gortt que il intelligence.
Sitôt que les premiers travaux eurent été exécutés , que ce projet d'un panthéon national eut été connu, de tous côtés vinrent s'y joindre des tableaux , des bustes , des statues historiques conservés dans les différents dépôts et jusque-là négligés. Les anciennes familles de France , même les plus op|Hisées a l’ordre de choses actuel , envoyèrent les portraits des personnages célèbres qu 'elles comptaient parmi leurs ancêtres. L’orgueil, la haine, l'esprit de parti se turent devant ce désir inné dans l’homme d’une juste renommée, taudis immensa cvpido. Ce fut bientôt une faveur d'y être admis; quatre mille tableaux et cinq cents statues peuplèrent cette vaste enceinte ; chacune des salles fut un chapitre de l'histoire nationale , un épisode d'un grand poëme épique; mais cette admirable collection de faits anciens placés dans un ancien monument ne parut pas suflisnutc à l'illustre auteur de cette conception. Là n'était rien qui marquât l'état des arts sous son règne et qui fût su création personnelle; il imagina donc de placer au milieu de cet immense palais une salle unique, de proportion au delà de tout ce qui existe*, comme, par exemple, de trois cent cinquante pieds de long sur quarante de large, et d'v renfermer
connu ce qui existait avant, sont ordinairement les plu» considérables et celles dont on fait le moins de cas. Or. & Versailles, elle» dominaient; il suffit de citer le» deux grands escaliers dont un est tout nouveau . et l'autre transporte au bout de l'édifice.
* Nous en citerons un exemple : la cour de marbre, qui parait avoir été toujours telle qu'elle est aujourd'hui. »e trouvait de cinq pieds plu* haut que le sol du rez-de-chaussée et de la terrasse du jardin : elle a été rabaissée de toute cette hauteur, et par suite la même opération a dft avoir lieu dans toute I immense étendue des cour* cx'érieure». alin que, de l'entrée de la grille sur la place d'armes, on pAt monter par une |icnte douce jusqu'au vestibule du milieu et à la terrasse du jardin.
1 Cette admirable galerie est la plus grande dan» œuvre qu'on connaisse : elle a trois cent cinquante pied» de long sur quarante de large. Le roi fut longtemps à xo déterminer à celle grande dépensc, mai» il jugea avec raison qu'au milieu du palais et d’une application heureuse des grande* idée* . il fallait aussi, par une construction qui appartint & son temps, h son régne . laisser le souvenir de l'édat des arts i cette époque.
A N CI K N KT MODKHNi: III
(o sommaire , l'extrait de l'histoire entière de I» France , les trente-trois faits d'armes les plus célèbres de nos nniiab's , les Imstes des guerriers morts sur les champs de hntnille. et douze bibles de bronze renfermant le nom de tous les généraux morts en combattant pour la France. Cette nomenclature illustre permettait de rendre honneur aux hommes qui, ayant succombé dans des batailles malheureuses , li en avaient pas moins payé leur dette à la patrie. Leur gloire n'était point alors voilée par le deuil de leur défaite; Azineourt présentait avec orgueil scs huit princes du sang, ses quatre ou cinq mille gentilshommes expirant dans leur armure, dans leur cercueil de fer. Cetle couronne jetée sur ces nobles tombes, celte salle magilique coûta deux millions , et on v il alors les avantages pour un pays éclairé d’avoir il sa tète un souverain qui, en s'identiliant à ses destinées, confond sa gloire poi’sonnelle et celle de son peuple.
Telle est donc en aperçu l’histoire du palais de Versailles el des accroissements successifs qu'il a reçus; on a vu ce qu’il a été, ce qu’il est; il reste h dire un mot de ce qu'il pourra devenir. Tout importante , toute considérable qu'est celte collection, elle est encore incomplète; on n’y voit briller encore en grande partie que la gloire militaire , lis batailles , les guerriers célèbres; il n’y a rien là pour le courage civil, pour les vertus modestes , pour tout ce qui a brillé dans la magistrature . les sciences, les lettres, les arts, la bienfaisance surtout ; on y cherche en vain Lhopital, Mathieu Mole, Mnlherbes. d'Aguesseau dans les circonstances importantes de leur vie; Vincent de Paul ramassant des enfnnts abandonnés: Belzunce luttant contre la peste de Marseille. On voudrait aussi que le temps actuel y montrât ses succès; que de grandes salles vides, sentinelles de l'avenir, fussent prêtes à recevoir les actions d’éclat, qui formeront le supplément de notre histoire ‘ . Ce vœu a été prévenu ; les bâtiments de la surintendance, du grand commun , les ailes des ministres sont destinés a ce second musée de tout ce qui pourra naître d'illustre el de grand ; à ce nouveau récit de l’apothéose nationale. Un tombeau à Westminster!
* l.cs Mhinenls destinés i ce complément tir Vmaille» existent dan» le» deux aile» en avant de U co tir de marbre, dan» le* deux corps de lo^is de l.i surintendance et de» réservoirs; mai» une dépense plu* considérable doit avoir lieu un jour ; c‘«» une fat;ade monumentale du coté de la ville , ipii enferme la cour de marbre et offre un as|>ect architectural . ainsi «Jtt'on l’avait projeté h différente* époque*.
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sccriiiil Nelson pendant le comlml de l ral;ilu.'tr : un poitrail , an btistt à Versailles! ilironi les i>cikT;dions i|ni \ oui se succéder : cl ce ciillc de In gloire passée sera le plus puissiinl élément d une gloire nouvelle.
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