‹ Versailles, ancien et moderneChapitre 2 sur 104 · ROUTE · texte numérisé non relu

ROUTE

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prit n i 1 1 1 de place Louis XV, n été successivement entourée de grands édifices, avant qu’on ait songé à l’omcr, à l'embellir; et peut-être eût-il mieux valu différer encore que d’adopter le système d'cmlicllissements qu’on a cru devoir suivre en changeant les premières dispositions qui avaient été arrêtées1 . Toutefois, telle qu’elle est, et surtout par les édifices qui l’entourent, cette place présente le plus admirable aspect : la colonnade du Garde-Meuble n ce goût d'architecture ornementale du règne de Louis XV, qui ne manque pas de beautés; la Madeleine, qu’on aperçoit dans le fond , est un des plus lieaux édifices élevés dans les temps modernes : c'est à la fois un temple grec an-dehors , et une superbe Ikisilique nu-dedans. L’arc-do-triomphe de l’Étoile, qui domine la ville et tous les environs , est une de ces conceptions gigantesques d’une époque incommensurable : enfin , nu jKiint de «‘litre, s’élève un monolithe géant, l'obélisque de Luxor, le plus ancien , le plus élégant ouvrage sorti de la main des hommes , qui rappelle à In fois le nom de Sésostris , In gloire de nos armes en Égy pte et l'habileté de nos savants pour l’avoir ainsi transporté. Actuellement qu’on est habitué à sa vue, on ne trouve plus qu’il coupe désagréablement les édifices qui l'entourent ; on admire au contraire la légèreté de celte aiguille qui s’élance dans les airs , qui brille par sa couleur sur l’azur du ciel , mais e'esl surtout lorsque 1a pensée se reporte sur les événements dont cette place a été le théâtre , qu’on se félicite d’y voir un monument qui ne retrace ni l'erreur, ni la récrimination. qui fait taire le souvenir des passions des hommes devant la majesté des siècles, et qui est en lui-mème un ouvrage parfait , par lu forme, la matière et la beauté du travail.

De la place Louis XV partent deux routes parallèles . l’une qui lairde les quais , l’autre qui s'enfonce dans une allée de grands arbres plantés par Marie de Médicis, en lf>28, et nommée le Cours-Ja-Roine : celte allée . qui se joint aux Chnnips-Élysées , formera un jour le commencement d'un nouveau Paris qui s'étendra dans tout le cercle que forme la Seine et réu-

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■lira les grands villages de Pnssv, d'Auteiiil , de Neuilly, de tons côtés Imrdés par la rivière. Elle serait grande la surprise de Marie de Médicis , cette princesse pleine de goiit , qui avait élevé le Luxembourg et honorait Rubens de son amitié , si elle revenait au monde aujourd’hui , et qu’en partant du Louvre elle traversât la place du Carrousel terminée, les jardins de Le Nôtre dans les Tuileries , la place Louis XV telle que nous l’avons décrite , et enfin , In magnifique promenade qu’elle avait plantée'. Eh bien ! de toutes ees merveilles , celle qui l’étonnerait peut-être le plus, «vile qu'elle ne pourrait pas comprendre, ce serait de se trouver en face d’une petite maison de peu d’apparence , mais dont elle reconnaîtrait tous les ornements , toutes les distributions : ici la vaste cheminée prés de laquelle elle s’asseyait , la galerie ornée de fleurs qui lui rappellerait le beau temps de sa jeunesse. Seulement , elle n’entendrait plus le son du cor, le bruit des chiens ; elle n’y verrait plus arriver à cheval cet essaim de jeunes beautés qui faisait que la cour n’était plus une année sans printemps et un printemps sans roses; elle demanderait qu’on lui expliquât ce mystère, qu'on lui dit si elle n’est pas transportée à Moret dans la forêt de Fontainebleau , ou plutôt si des fées , des génies n'ont pas transporté à Paris le joli rendez-vous de chasse où elle a été si souvent. On lui répondrait que ce ne sont ni les génies ni les fées , mais un Français ami des arts, M. le général llrnque , qui , voyant qu’on allait détruire un des plus jolis édifices de Pierre Lescot et de Jean Goujon , en fit l'acquisition et le transporta en entier sur cette place, où il sera un jour l’objet de la curiosité et de l'admiration des voyageurs’. Mais revenons à la véritable route de Paris à Sèvres , celle que parcourait jadis la foule des courtisans qui allaient cliercher à Versailles les honneurs, pour revenir bien vite à Paris retrouver le plaisir. — Cette route continue l’admirable système de quais qui distingue Paris de toutes les autres capitales, et la Seine de tonies les rivières. —A peine a-t-on fait quelques pas , qu’on découvre à gauche le grand édifice des Invalides et le dôme doré dont Louis XIV voulut

' Crtte allée fut replantée par M. U'Antin . en 1737 . avec îles arbre» awez fort» : le» ouvriers les tenaient conclu» . et , à an roulement île tambour. Ils furent tnu* placé» dan» le» trous qui leur étaient destinés.

* Voyez la vianet te en tête de cet article

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