I. OEIL DE BOT.rP N* S 4u |.U
I. - rrliiir. It Udbrirl prr«-ni. à I.oun XV J* pUtt du ibritrr de Ver»«ille«.
Il faut apercevoir les deux ouvertures ovules pratiquées au plafond de cette salle pour reconnaître dans sa solitude actuelle le fameux OEil-de-Bamf autrefois rempli d'une foule de courtisans, l'OEil-dc-Bœuf célébré dans le monde entier; il a conservé cependant sa même décoration, sa frise dorée, avec tous les amours; mais on y a placé d'autres tableaux; c’est Louis XIV couronné par la Victoire, Anne d'Autriche, le duc de Bourgogne, In grande Mademoiselle,
' line partie «le relie va*ie pièce fui h chambre de Louis XIII; ce fui relie de l ouis XIV depuis ItfTi jusqu’à 1700. Mors seulement Louis choisit pour sa rtmmtire le grand salon voisin ou il s’habillail aux jours de cérémonie ; dès lors la cloison qui existait au milieu lut abattue, et la salle, qui ne recevait le jour que par la croisée ovale pratiquée au plafond, devint plus grande et plus claire; ou reproduisit au-dessus delà chemincc, pour la symétrie, une ouverture semblable à celle du midi, et la salle prit de là le nom d’GKil-de-lVruf. On la nommait sous Louis XIV la salle des Hassan*, à cause de quatre tableaux de Jacques Rassort, placé* au-dessus des portes. Sous Louis xv ce fut pendant quelque temps la chambre du sceau, ensuite celle des nobles, et plus généralement l'CEiVde-Bamf.
et, nu milieu, une singulière composition quon prendrait pour une réunion des dieux de l’Olympe, si les énormes perruques dont sont affublés les deux personnages principaux ne faisaient reconnaître, sous ces différents emblèmes de la fable, Louis Xl\ et toute sa famille.
Louis XIV et toute sa famille en dieux de l’Olympe.
Louis XIV est assis à droite, et, dominant tout le tableau, il représente Apollon; près de lui, un peu au-dessous, est Marie-Thérèse, comme Vénus et mère des Amours : ees Amours sont le grand dauphin et ses frères et soeurs dont plusieurs étaient morts. Derrière Louis XIV est mademoiselle de Montpensier en Diane, et, dans le fond, Marguerite d'Orléans, mariée au duc de Lorraine; Élisabeth, depuis duchesse de Guise, et Françoise d'Orléans, duchesse de Savoie ; au-dessous est Anne d'Autriche en Cybèlc ou llranie; à côté d'elle madame Henriette, pre-
mièiT femme de Monsieur en nymphe; Monsieur frère du roi en Nep- *une> dieu du commerce, son trident est entre les mains de sa belle-mère, Henriette, femme de CharfaApfà les 1", roi d'Angleterre.
Ce tableau, sans être très bon, avait beaucoup de ~ :: — réputation sous Louis XIV; il est de l'école de Mignard. Ce qui occupe cependant davantage dans toute cette pièce, c'est moins ^ ce qu'on y voit que ce qu'on y suppose, ce sont h-s f ÇjT » ; souvenirs qu'elle vous retrace, les intrigues, lesaven-
j rafe turcs dont elle fut le théâtre. C'est ici que Lauzun,
1,ur son iudiserétion, perdit le haut rang où ses ' — !-■ brillantes qualités allaient l’élever. La fenêtre rap-
pelle un brave marin, peu fait aux usages des cours, Jean-Bart, qui s'y mit à fumer en attendant l’audience du roi. Mais voilà X ntrÙs surtout celte porte autour de laquelle se pressait la r,,llle des courtisans, attendant avec anxiété le moment I tYwmu souper avec le roi, faveur qu'ils avaient souvent
sollicitée pendant plusieui-s années*. Voilà bien la place qu’occupait ce suisse carré et colossal que le caustique Mercier
comparait à un gros oiseau dans une cage: « Il boit, il mange, il dort dans cette antichambre et n'en sort point, le reste du château lui est étranger; un simple paravent sépare son lit et sa table des puissances de ce monde, douze mots sonores remplissent sa mémoire
• « Vous voyez hfeii celle salle rte rCEil-de-B<tuf, «lisait le vient maréchal de Mailly à son petit-fil* qu’il venait rte présenter au roi; eh bien ! c*e# t là. monsieur, où vous devez passer votre vie. ainsi qu’au régiment, et point ailleurs. » Or, re petit -fils, «pii avait alors quinze ans, était déjà gouverneur rte Vincennes et rte la Touraine, a ver HO.ooo fr. de traitement. C’était M. le marquis rt'Argenson, dernièrement Député.
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et composent son service. — Passez, messieurs. — Le roi! — Retirezvous. — On n’entre pas, monseigneur. — Et monseigneur file sans mot dire. Tout le monde le salue, persoune ne le contredit; sa voix chasse des nuées de comtes, de marquis et de ducs, qui fuient devant sa parole. H renvoie les princes et princesses; il ne leur parle que par monosyllabes. Aucune dignité subalterne ne lui en impose; il ouvre pour le maître la portière de glaces et la referme; le reste de la terre est égal à scs yeux. Quand sa voix retentit, les pelotons épars de courtisans s'amoncellent et se dispersent; tous fixent leur regard sur cette large main qui tourne le bouton. Immobile ou en action, elle a un effet surprenant sur ceux qui la regardent '. •
* Tablant de Varie, 1chii. iv.
i«wat'iil du Mtia» de l'fKil-Je-fcruf.
ancien et moderne.
-« HAMi r.K A COUCHER l»E I Ol'IS XIV. f N* 4 <1.. ( U Il r»çoil U doc du Maine «littiliir d« Saml-I.oui*
'est ici la chambre où vécut et mourut un des plus grands rois de la France. Elle a été rétablie telle à peu près qu'on ^ la voit dans un tableau dont nous avons parlétpoj. 151), . et nous avons conservé le sujet que Van der Meulen y avait retracé. On a heureusement retrouvé presque tous les meubles qui l'ornaient; le lit, brodé par les élèves de Saint-Cyr, présente le mélange de scènes religieuses et profanes, le Sacrifice d'Ahrnhnm près des jardins d'Armide; le prie-Dieu ; la balustrade dorée et infranchissable près de laquelle se tenait le capitaine des gardes; les quatre Évangélistes en dessus de porte, et enfin le husle
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de la bonne reine Marie-Thérèse, dont la mort fut le premier chagrin qu'elle causa nu roi.
C'est dans cette chambre que, sur la lin de ses jours, Louis XIV passait la plus grande partie de son temps, se voyant survivre à tout ce qu’il avait de plus cher et seutunt scs forces l'abandonner. Il nous a paru intéressant de rechercher dans les écrits du temps comment se composait une des journées de ce monarque si puissant au dehors, si faible souvent dans son intérieur, de le suivre pas à pas depuis son lever jusqu'il son coucher, car connaître une des journées d'un roi, c’est les connaître toutes. L'étiquette, fixe et invariable, l’étiquette est un tyran auquel il faut qu’ils sachent les premiers obéir.
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