I.OLIS XIV LT I K l»U<: D’ANJOU
tamis XIV au bord d'uu abîme. Tous les courtisans attendaient avec anxiété dans la galerie et dans la chambre à coucher, lorsque les deux battants s'ouvrent, et que le roi dit à haute voix en montrant le duc d'Anjou : • Messieurs, voilà le roi d’Es- |iagne ; sa naissance l'appelait à cette couronne et le feu roi aussi par son testament ; toute la nation la souhaite et me la demande instamment : c'était l'ordre du ciel, je l’ai accordée avec plaisir. •
Cependant, le conseil étant lini. Sa Majesté se rendit à la chapelle, et en passant donna l'ordre aux gendarmes, aux chevau-légers et aux mousquetaires. C'était ce jour là Kaint Antelmr et Grenoble , usage de joindre un nom de saint à un nom de ville sans chercher la consonnance.
ANCIEN ET MO DE K NE
Pendant la messe, qui fui courte, la musique du roi exécuta un très Ihmii motet de l'abbé Robert ; François Couperin touchait Tordue.
A une heure le marquis de Livry, son bâton à la main, alla avertir le roi que les viandes du dîner étaieut sur la table.
Louis, toujours suivi du capitaine des gardes, sc rendit dans sa chambre ^ deux chefs portèrent devant lui, chacun par un bout, la table toute préparée, et le sieur Rouillant du Plessis, qui était de jour, debout ail coin de la table, remit aux mains du duc de Bcauvillers une serviette mouillée ; le Dauphin la présenta au roi. Toutes les viandes avaient été essayées d'avance. Peau et le vin le furent comme le matin au déjeuner. Un écuyer trauchaut découpait les pièces sur un signe du roi, et le gentilhomme servant changeait la serviette du roi presque après chaque mets.
Après son diner, le roi s'étant fait couvrir de sou manteau et ayant reçu du maître de la garderobe son manchon, descendit par le petit escalier et trouva au bas de la cour de Marbre sa voiture qui l'attendait. Une foule de seigneurs faisaient haie sur son passage.
Il resta assez longtemps à admirer l'adresse des ducs de Chartres, de Bourgogne et du Maiueau jeu de paume -, il les laissa continuer cet exercice favori et rentia au chûteau ; vers trois heures il sc rendit chez madame de Maintenon
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C'est, là qii'étemlu dans un fauteuil près de la cheminée, vis-à-vis de madame de Maintenon qui faisait de la tapisserie, Louis \IV passut régulièrement une ou deux
heures par jour, se reposant de sa vie entière, qui survivait à sa gloire, à sis amours, à ses chagrins, écoutant quelquefois avec distraction Racine qui venait lui lire ses vers et demandant nonchalamment à madame de Maintenon : • Qu'en pense votre solidité,- et madame de Maintenon cherchait à amuser ce malheureux prince iuamusable.
Un jour elle lui prépara une surprise agréable; quand il entra dans sa chambre, il y trouva une douzaine de jeunes élèves de Saint-Cyr réunies ]>our représenter devant lui la tragédie d’Esther de Racine 1 ; deux aus après ce fut celle d’Atlialie.
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Le roi qui avait déjà entendu avec le plus grand plaisir ces jeunes élèves, belles de leur jeunesse et de leur innocence, soupirer les malheurs de Sion, devait être plus sensible encore à l'heureux triomphe de ce jeune Joas dont l'enfume lui rappelait la sienne, où il retrouvait dans Athalie, persécutrice acharnée d'un souverain légitime, et profondément humiliée, l'image de ces parlements et de ces puissants seigneurs qui avaient abreuvé son enfance de dégoûts et qu'il avait placés à ses pieds. La pièce fut jouée avec un ensemble merveilleux. Mademoiselle d'Abaucourt exhala toute la rage d'A t Italie ; la jeune madame de Caylus* para Abner d’un trop joli
1 U répétition d'fellier eut lieu le tu» jau\i*-r lURR cille d* A t Italie deux ans apres. * Ce r6k? fui dan» la »uilc parfaitement représenté par Banni, l-ekain et Taluta.