IG
visage, mais «*l lr rendit parfaitement ses pensas1; mademoiselle de Glapinn, don f la voix allait droit au cœur, et sur les épaules Je laquelle Racine aurait voulu pouvoir mettre la tête Je madame Je Caylus, remplit en inspirée le beau rôle de JoaJ.
Quoique cette représentation u’eüt pas l'éclat que l'on avait Jonné à celle d’Esthcr, où les jeunes élèves avaient les costumes Je leur rôle, la pièce était si belle que l'action n’en parut pas refroidie. Elle produisit p us d'effet que plus tard sur le théâtre où elle fut déliguréc jwir une Josabeth fardée (la Duclos), par une Allialie outrée (la Démare), et par un grand -prêtre plus capable d'imiter les capucinades du petit père Honoré que la majesté d’un prophète divin ( de Beaubourg).
Le roi avoua qu'il n'avait pas éprouvé depuis longtemps de plus agréable émotion. Cependant dix heures sonnèrent et le maîtrr-d'hôtcl, son bâton à la main, alla avertir le capitaine des gardes qui était dans l'antichambre de madame de Maiiiteuon ; celui ci prévint le roi que Sa Majesté était servie.
Louis resta encore quelques instants à s'entretenir avec madame de Maiiiteuon qui s’était mise au lit, ferma scs rideaux et se rendit dans l'antichambre où il devait souper à ton grand couvert.
Déj i les différents ofliciers de quartier avaient fait le prêt c'est-à-dire essayé le pain, le sel, les assiettes, les serviettes, la cuiller, la fourchette, le couteau et le cure-dents du roi. Un gentilhomme servant avait dressé la table où le roi devait manger avec une partie de sa famille; les viandes avaient été apportées suivant le cérémonial fixé par l'ordonnance du 7 janvier 1681, c'est-à-dire précédées de deux gardes, d'uu huissier de salle, du gentilhomme servant pauetier, du contrôleur général, du contrôleur dit d’oflice, de l’écuyer de cuisiue, et suivies de deux gardes qui devaient empêcher d'approcher de la viande, et le premier service placé sur la table du rci.
Louis précédé du maître-d’hûtel et de deux huissiers portant des (lambeaux, vint s'asseoir «levant sa nef et son cadenat *, reçut du dauphin sa serviette, et lui ordonna ainsi qu’aux princes et aux princesses de prendre place aux extrémités de la table. Six gentilhommes restèrent devant le roi pour le servir et renouveler l’essai des viandes. Quand le roi voulait boire, l’échansou disait à liante voix : - A boire pour le roi, • et les chefs d’échansonneric-bouche, ayant fait la révérence, apportaient la coupe de vermeil et deux carafes, faisaient l'essai ; puis le roi sc versait lui -même à boire, et les chefs d’écliaiisonuerie, après une nouvelle révérence, reportaient les carafes sur le buffet.
* Souvenir» de madame de Caylu».
•on appelait la fief du roi un Kiand vai**eau eu or un fui» enfermait les serviette», couverte» |mi uii coussin et ikss Mfiieurs, et Codexal le porle-fourettellc, cuutenu, rurenienU, elc
VKKSA1LI.ES
Iftfi
Après chaque service, l'aumônier qui avait dit la prière avant le repas, et qui se tenait auprès du roi, découvrait la nef ; un gentilhomme levait le coussinet de senteur et un autre prenait une serviette qu*il offrait à Sa Majesté; la nef était recouverte aussitôt.
Presque toujours une délicieuse musique se faisait entendre pendant ce repas, et une foule de grands personnages, debout ou assis sur des banquettes, décoraient les pourtours de la salle, et le capitaine des gardes, toujours placé derrière le roi, ne permettait pas que qui que ce frit s'approchât pour lui parler d'affaires.
Tout le monde se leva avec le roi Des gardes et un huissier le précédèrent dans le grand salon, puis dans sa chambre, où les courtisans le suivirent. Il se tint quelques moments debout, le dos appuyé à la balustrade, causa avec quelques personnes; puis, après avoir salué les dames, il passa dans son cabinet.
Les grands alors se répandirent dans les différentes salles de jeu. Louis s'assit, entoure de sa famille; il s'amusait des espiègleries de la jeune duchesse de Bourgogne, de l'esprit du duc du Maine, et douna à son fils et à ses petits-fils quelquesuns de ces sages conseils qui nous ont été conservés dans ses mémoires.
Vers minuit le roi sortit de son cabinet pour venir se coucher. On avait apporté
dans sa chambre sa collation de nuit ou en cas de besoin. Son fauteuil était près de la cheminée, ainsi que sa robe de chambre et ses pantoufles Le barbier avait préparé la toilette et les peignes; les deux carreaux étaient placés dans l'alcôve et le bougeoir de vermeil à deux bougies sur une table près du fauteuil ; sur une antre table était étendue une toilette •le velours rouge devant recevoir les habits du jour.
Le roi en entrant trouva la cour réunie; il donna son chapeau, ses gants et sa canne ail marquis de la Salle, qui les remit à de Saint-Michel ; il détacha son ceinturon par devant pendant que de la Salle le détachait jiar-derrièrc ; Saint-Michel le porta avec l’épée sur la toilette. Le roi alla faire sa prière dans l'alcôve. L'aumônier, qui tenait alors le bougeoir, prononça une prière pour le roi, et apprit de lui que la messe serait dite le lendemain à neuf heures. Le roi vint à son fauteuil, remit à un valet de chambre sa montre et ses reliques, et le duc de Beauvillers ayant demande à qui Sa Majesté voulait faire l'honneur du bougeoir, le roi le lit donner au duc de Chartres. Louis alors dégagea son eordon que le marquis de la Salle lui retira avec sa veste, ainsi que sa cravate. Lorsqu'il se fut assis, Bontemps et Bachelier lui détachèrent ses jarretières Bontemps celle de gauche, pendant qu’un valet