X8 VERSAILLES
suilli's1. Nouk avons cherché à réparer cct oubli ; et ceux qui comme imus aimait au dessus de Unit les buis* nous pardonneront celle digression; ils auronl aussi éprouvé le regret de ne plus rencontrer dans nos forets, les plus belles du monde, ces animaux élégants, cerfs ou chevreuils, qui en faisaient l'ornement, de ne plus y entendre le bruit des cors, des chiens et des chevaux, qui animait si bien leur solitude.
La chasse a précédé l'agriculture; elle fut une nécessité avant d’êlre un plaisir, elle fut la vie entière des peuples avant d’éfre le privilège exclusif des rois. C’est en France surtout qu'elle parvint presque au rang de science, qu’elle eut ses usages, ses préceptes, ses lois. A l’origine de la monarchie5, on voit les princes représentés le faucon sur le poing, en voyage, à la guerre *,uiéuie il l’église*. Malheur à qui aurait osé toucher cet oiseau royal8 ou seulement legihierqui lui était destiné! Il était alors, dit Claude SeysseL plus dangereux de tuer un cerf qu’un homme1, et nos meilleurs rois furent les plus sévères à cel égard s. L’un d’eux, el pas précisément le meilleur, Louis XI, pour tout plaisir aimait la chasse9, le* oiseauret les chiens, et en faisait coucha plusitur* dans sa chambre ,u. François h» fut surnommé le père de la chasse française. L’un de ses successeurs, Charles IX, était occupé à composer sou poème sur la chasse lorsque sa mère vint le déranger pour lui faire faire la Saint -Barl helemy ; il ne s’en souciait pas, mais on arrangea pour lui une fenêtre d’ou il pouvait tirer assez commodément sur les huguenots, mauvais
1 l.ix.vs ot LfcïDfc, |K>.ir le» chusses de Ki.un.oU I" ; Vas DF.r. p«rtir celles de Louis XIV ,
or on y, |H)ur celles du Louis XV.
* Nubis placeanl aille oimiia sylva*. Vuuai.. (jeune
4 Vi\ till.i iu terri* untio qua.- in bac ai le Francis jmivmI æquiparari. Fcimi.xht, Vil. Car. On apprlait la cliassc au cerf la citasse fraiiçoisc. Les rois de la première race, ceux de la seconde, y étaient |MS'ii.nn»êiiient a«hiuntS. « Charlemagne, dit la Clirouuptc de .Saint-Denys, chnaucUoti cl chassait en turfs, teint ta coûta ne française.
* Le* Capitulaires de Charlemagne et les lois lombardes et de Bourgogne dénudaient de sc dessaisir de sun oiseau pour quelque cause «jue ce fût. Sous le régne «i’Fudcs, ceux qui défendaient le puni de Paris contre les Normand» laissent envoler leurs oiseaux plutôt que de h*s e\|K»scr A clic pris
* Les segiienrs les plaçaient sur «les pieux enfonces dans le mur, bs» prélats sur le bord même de l'autel (Iiccaxcc, Glossaire, au mol Acciptor; BUiflS, Chronique de la c traite.) Le trésorier de I église d’Auxerre axait le droit d'assister à la messe un e|*ervier sur le poing. — Histoire de l’Eglise •FAuxerre. par U IIis.i f, pag.7iw.
4 Celui qui volait uii faucon devait se soumettre A leur laisser manger six onces de sa chair ou de payer wx .\otidis. Lr.x Birc., tom. I, col. xi.
* Déjà, eu ii"3, suivant Froissart, le sire Fngurrrand de Coucy lit pendre deux jeune» gentils- 1101111111*9 qui avaient rliassc sur ses terres. Les loi» de Pliilip|ie>ie*Loiig wml toujours plus restrictive» sur le druit «le chasse, les verges, le» galères, la mort ; car, «lit maître Aug Iiloiidin, la «-liasse est puur les roi* et le» grands s«'igueurs; t'alTain* «U*s auir«.*s homme» est de travailler. V. !«•» different* ouvrages de 11. Bi.x/i:.
* Orilonnauce de Henri IV de K*nO cl ttifll.
* Pu i lippu t*r: Cdmmim.s, Vie de Louis XI. •
'* ou lit dans un manuscrit : •< l'«Hir le paicnH-nt d’uu petit lit de plumes garni de trois laie», lequel jeiHl seigneur a fait acheter pour iiM'tlrc et coucher fun <l«*s lévriers de la chambre. » M«»\t»:ii., hi»i. «les Français, p. 3T«f.
\ NCI li(S ET MODEKNE.
gibier du reste et auquel il ue pouvait appliquer aucun terme de vénerie*. Mais sans contredit le prince occupé le plus constamment et pendant la vie la plus longue à la chasse, fut Louis XV, tellement que les jours où il ne chassait pas on disait sérieusement à la cour : Le roi ne fait rien aujourd’hui. C’est sous son règne que l’art de la vénerie, mais lâchasse au cerf surtout, a été porté à la plus grande perfection. Une suite de tableaux du célèbre Oudry, conservée à Fontainebleau, nous représente ce prince dans les différentes scènes de la chasse, et leur description suflit pour donner une idée de cet exercice noble et élégant à peu près perdu aujourd’hui.
Louis XV est d’abord représenté en valet de limier, mais avec l’habit galonné, le cordon bleu; il suit les traces de son chien qu’il guide, car c’est de cette première opération que dépend le succès de la chasse, ce qu’on appelle la quête ou faire le bois*. Deux valets de chiens partent pour cela dès la pointe du jour avec leurs limiers ; ils commencent à examiner les abords du bois où on a décidé de chasser, car c’est dans les champs voisins que les cerfs 3 ont l’usage d'aller la nuit viander. Ils cherchent au dehors leurs traces, ils les suivent dans toutes les avenues en ayant soin de faire îles brisées, c’est-à-dire de casser à mesure les branches qui doivent •cur servir de reconnaissance. Sitôt qu’il tient une voie, il la suit en avant et à contre-pied, jusqu’au lieu où le cerf a dû se reinbuclier ; il connaît l’animal par les postes*, les fumées5, le pied6, les allures*, les foules", la reposée, le raixet les abattiires ,J Quand il est bien assuré de sa quête et du lieu exact où le cerf est remhuché, il se rend au lieu d’assemblée où il doit retrouver sou camarade et concerter le rapport qu’ils doivent faire au premier veneur. Pendant ce temps, le cerf fatigué de sa veille pendant la nuit, ayant Itesoin de sommet, s’arrête et se repose dans le plus épais du bois. On sait par l’expérience et par la nature «lu pays la route qu’il prendra lorsque les chiens l’attaqueront, et on dispose les relais de manière aies lancer à propos pour opposer une activité toute nouvelle à la force
* Charte’. IX était passionne pour cet exercice. « Fui & enurie le cerf, dit Brastomu, fui à beau |ir<J à le détourner, rl en |«erdoit le dormir. •• (Vie de Charles IX.)
* « Lererf.dil Un (Tou. est un de res animaux Innocent», doux et trauquilli*, qui ne semblent rire fai!» «pie |Mnir miiH'llii , aninirr la solitude des foret» et oeruper loin de non» le» retraite» paisible» de ce» Jardins de la nalui e. Sa forme élégante cl légère, »a téle parée plutôt qu'un lée d'un ItoL» vivant et qui. semblable h la cime des arbre», »e leoouvrlle Ions h-s ans. Fidèle .1 sr» liabiiude», il ne* «ni que la unit pour chercher sa nourriture; il rraint plu» !<• rliieb que l'homme; à celui-ci il ne lait Jamais de mal que par accident; il entend avec (dnisirsa voix, ses ehanU, «-te.
* Voyez la seconde partie de la vignette.
* (/endroit le plus haut du lailli» où le cerf a |»a»sé.
1 Fiente du cerf.
4 Coiiqiosé de la pince, du talon et des os.
1 Façon de marcher différente entre In cerf et les bii lie».
' Kmptniiie du pied du cerf »ur le gazon
’ I a' U«-u i ii il s'est étendu sur le ventre.
V t RS \ 1 1.1. KS
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déjà épuisée de l'animal, et cVst la seconde et importante opération’. Tout étant ainsi dispose, le roi arrive ordinairement dans une calèche de chasse* qui ne sert qu'il cet usage. Louis XIV la conduisait lui- même et y admettait les dames qu'il voulait distinguer. Arrivé au rendez-vous3, le roi descend. Le tableau d'Oudry représente ici Louis XVau moment où, appuyé d'un côté sur le comte de Toulouse \ son grand veneur, et son capitaine des gardes, il se fait passer ses hottes à chaudron et reçoit des lieutenants de chasses le rapport concernant le cerf qu’on doit attaquer, cl se pré|>arck monter sur le cheval que lui présente le premier écuyer. Alors va commencer la chasse dont nous donnerons une courte description
Vers le milieu de septembre, le seigneur Gaston, surnommé IMuehus, comte de Foy, est parti de grand malin de son ehàteau d'Orthès, accompagné <le ses gentils hommes, de ses |iages, suivi de sa meute et de son cher lévrier, pour attaquer le cerf; car c'eut bonne chasse que d* cerf, belle chose que de bien le quêter, le détourner, le laisser courir, belle chose aux abois soit en eau ou tv terre Le seigneur Gaston porte la I rompe recourbée comme Roland , il a près de lui son lidèle lévrier.
* Il y avait •»rdliiair*üM,iil trois relais sans compter les meute» d‘allaipje; le dernier, uoniiuc k** si\ rlrieu*, «il avait ordmanrtocnl un pin* çrniid nomlire.
* CY»I en i7ü ipie l.oui» \V retenu de Itnins, lit sa première « liasse en enlèrlio dans la forêt de \illerH-Cui terri.
* Ixrremlez-vno*, un aol muent raasemhk'e. liait ordinairetneni pré» du \ cisailles le pavillon du llrelaud. d«* fosse repo» de Bièvres, du |»avilloti de Veniere., eie.
* l.e ronde «le Toulouse, grand eliawtir, donna sa meule au roi, bit u sii|n-i iemc a celle i|u'd avait.