V IC II SA I I.I.ICS ANCIEN ET MODIII.M
•ür.
detaiil l'Ile de \N iirlil ; Colurny. dont Ityumi su fl il à soudoie . enlin le ronile d< Tiiulouse, le vainqueur tirs Anglais à la lialaille navale tle Malaga 1 70 S On anraii pu joindre à res (Nirlrails ceux de Coucy, «le Narlioiine , «le Jean «le Vienne . «le Louis de Cillant, de Montmorency, «le Maille, «le lliclielicu,de Philippe deClialmi. île lleaufort et de Vendôme.
SaI.LK DES CONNÉTAlîl.ES
Troi**êm<- «aile.
iJcT^r
jL'l onnétable, titre magique qui vient imneilialcincnl après la majesla-
V <f **">'•,' i royale. Dugueaclin. après avoir sauvé la France, ne se croyait pas ' Sts y’i (ligne de porter l'é|iée (le connétable, étant, disait-il , venu de trop pauvre noblesse. Cette epée, il se la lit apporter au moment de sa mort, et la
saisissant de ses vaillantes mains : « Elle ni a aidé, dit-il , à vaincre les ennemis
«le mon roi; mais die m on a donné de cruels auprès «le lui. Je vous la remets, ajouta-t-il au maréchal de Sancerre, protestant que je n'ai jamais trahi l'honneiii que le roi m'a fait en nie la confiant. •
Alberic de Montmorency en fut le premier décore, \ers 1000; après lui, et successivement, elle fut portée par Gaston de Ghaumont , llaoul comte de Clermont , \maury de Monlfort , GUIes de Trasignies, Humbert de Beau jeu et Jacques de Itourlion I”, surnommé la Fleur des Chevalier $. Enfin, Duguesclin , en 1570, et depuis le terrible comte d' Armagnac , le comte de Saint-Fol , compagnon d'armes tle Louis Xletsacrilié par lui, le célèbre et malheureux connétable de Bourlnui , \nne de Montmorency, qui le remplaça et servit fidèlement sous cinq rnis, ont été tour à tour revêtus tle celte charge. Après Anne de Montmorency, et depuis 1507, il n’y eut plus pendant longtemps de connétables. Les Guises seuls auraient pu prétendre à cette dignité, mais on craignait, en la leur conférant, d'augmenter leur pouvoir, et eux la trouvaient encore au-dessous de leur ambition. Ou a peine à croire qu elle échut plus lard à un pauvre gentilhomme, Charles d'Albert, depuis duc de Luyues ; Lesdiguières la lui céda |>our s'attirer la faveur de
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Louis Mil, et à la mort <lu duc de Luynes, le même Lesdiguiêres en Fui revêtu. Celait un ancien el digne compagnon de Henri IV, capitaine habile et considère comme le premier homme de guerre de son temps. Il méritait ce haut rang, et par ses services et par l'existence considérable qu'il avait dans le Dauphiné. Il mourut en ItiàO. Après lui s'cteignit sans retour celle dignité qui, |>endani six cents ans, avait été un utile appui et un brillant ornement de la couronne. Le connétable recevait l'épée de la main du roi et lui en Faisait hommage i genoux , après avoir prêté serment ; il était le premier dignitaire de l'Etat , le conseiller intime du roi . qui ne pouvait entreprendre une guerre sans le consulter. Quand le roi notait pas présent à la prise d'une ville, c'était la lunnière du connétable qui flottait sur les remparts; il avait sous ses ordres tous les clieFs delarmée, excepté le roi.« Aux « entrées solennelles du monarque en la ville rapilale du royaume, après le clieval « de parade du roi, le connétable paraisl sur son rang, tenant l'espéeen la main. » vestu tle prelieux habillements de velours bleu, enrichis de fleurs de lys d'or. • comme un représentant de la personne royale.» Il y a eu Irenle-neuF connétables de France, dont les portraits ou les noms ornent celle salle.
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le 1 185 à IfWO il a été créé trois cents et quelque;* maréchaux de France, l?et dans celte longue suite de noms il en est un bien petit nombre qui n’ait dû qu’à la faveur celte haute dignité. Quel est le pays qui présente ainsi , pendant sept siècles, une si grande niasse d'illustrations? C’était donc une heureuse pensée, après avoir représenté les événements dans leur ensemble, de les personnifier en quelque sorte par les traits de ceux qui en avaient été les principaux auteurs , et de consacrer à ce but quatorze salles , qui sont devenues le patrimoine de plus de cinq cents familles et la gloire de tout le pays.
I.c premier personnage «pii se présente à l’entrée est Jean le Meingre, autrement Roucicault , un de ces hommes dont la vie est une suite de hauts faits ; il est représenté eoiume son historien le peint dans son enfance, se tenant droit, la main au rôle , ce gui moull lui advenait, el regardant jouer les autres. Enfin, Beanvoir et Rochefort, tous «leux célèbres, l’un en servant le «Inc «le Bourgogne, l'autre en se battant contre lui ; La Fayette, qui commence la célébrité de Ce nom. Mais quoi? sortez «le cette enceinte où vous it'auriez jamais dû paraître, seigneur de Raiz : un écusson suffirait , non à votre renommée , mais à votre existence. Que me fait votre naissance, votre fo/lune, vos services 1114.' me ? j'entends les cris îles malheureux enfants sacrifiés à vos sortilèges, j'entends les vôtres qui parlent du bûcher ou vous avez expié vos crimes î
Voici qui vaut mieux : c’est Poton de Xaintrailles , le compagnon de Dunois el de Jeanne d’Arc, Montfort de Laval, et Pierre de Rohan, seigneur deGyé, qui semble sortir «le son château du Verger, comme sur le bas-relief qui en décorait l’entrée; Dcsquerdes , aussi bon moyen neur d'accord que brave guerrier. «Volon-
Y !•: I«S A I I.I.KS A Mil K N K T MOI» K H N I.
lier s, ifisail-il ,.je resterais deux ans en enfer pour chasser les Anglais «h* Calais. •• Il y a là un Trivnlce à cheval el un à pied, (nus deux dévoués à la France cl à l'honneur ; l.aulrce , le preneur des villes, el qui rendait bossus les champs , à force de corps d'hommes qu'on enterrai! où il se haltail ; Chahannc de l.a Palisse, pour lequel une quatrième charge de maréchal fut créée, cf que les Espagnols avaient surnomme le (jrand Maréchal tle l 'rancr, aussi prudent que brave, el qui fut lâchement assassiné à la bataille de l’avir; Lescun , mort des blessures reçues à relie meme bataille; Holierl de l.a Alarck , lilsdu Sanglier des Ardennes; le beau llrissac, et enlin Annebaul, dont nous avons l'ail connaître les traits à l’article des amiraux. •
Ce mélange de portraits à cheval, en pied , en buste , donne à celle première salle un aspect imposant. Il semble que toutes ces grandes ligures vont descendre, et raconter leurs travaux, raconter la part qu’ils ont prise aux événements célèbre et la renommée qu’ils y ont acquise.
t^u entrant «la iis relie salle, les regards se p«ni«*nl sur le personnage JS>cîà cheval au milieu; c'est Itrissar , le gouverneur de l’a ris , qui In )n entrer Henri IV dans sa iMinne ville, assez méchante pour lui à celle é|MM|ue ; près de lui esl François de Montmorency, le (ils du eoiinelalde ,1e dernier des François , le sauveur des protestants , ( iaspar«l de Saulx . Tavanues, lioiiiuies decirur à Janiaeel à (lerisolles, lu tînmes de sang A la Saint - Harlliêleiny. Il y a ici deux Contant Biron, Ions deux décapités, mais l'un par un InmiIcI de canon au siège d’Kperiiav, l'autre par la main «le la justice, tous deux couverts «le blessures et «le gloire; plus loin, le héros des duels, Créqui, qui a a« «piis un renom plus solide par vingt combats et sa m«>rt sur le champ de bataille ; eniiit le galant et spirituel Bassompierre.
J amais voulu voir à cheval, au lieu de Brissae, un des guemers'|tfints dans cette salle au moment où , après avoir traversé six rangs «les ennemis , il est renversé dans le septième par la mort de son cheval; et quand ce guerrier s’appelle Montmorency, «pi’ il esl le dernier de sa branche directe,* on plaint le pays autant que lui de sa perle.
On trouve encore ici Caumonl de la Force, que son père, assassiné à la Saint- Barthélemy, couvrait de son corps et sauva; La ('.niche de Sainl-Caraiit, d’une ancienne Camille de Bourgogne , et neveu de ce Philibert «le La C.uiche , grandmaille «le l'artillerie à la journée d’Ivry, et qui lit Taire «piatre «livliarges d'artillerie avant «pie les ennemis pussent tirer un seul coup «le canon , enfin-, le grand , l'immortel Sully, ampiel Henri IV adressa ces paroles , lors«pi’il le rencontra blesse
V KltSAII.LKS
après la bataille «Il \ ry •• llrave soldai , vaillant chevalier, «ligue ami , que |e tous < embrasse des deux bras eu présence de res princes , capitaines et grands elieva- • tiers qui sont auprès de moi ' •* Paroles «pii roui autant d'honneur au monarque qu'au sujqjb Au milieu iîi* tous res personnages distingués, et la plu|>arl d’un âge avancé, on se demande quel peut être ce très-jeune homme, ayant tout à Tait l'air et la hennir d'une jeune femme, vêtu «l une manière recherchée; un lit que c'est lialagny, lils bâtard du célèbre Doiumyllan-Monlltic, qui procura la couronne de Pologne au duc d'Anjou , ce halagny servit bien, mais il ne fut toutefois crée maréchal de France par Henri IV qu'à cause de ses alliances avec les maisons de Clermont et d' Ksi reps.
Troïkirmr salir d< % >hrrt li«u«
O elle |>elite* salle renferme un grand homme sur lt*quel se portent tous les regards. A ces traits prouonces, quoique calmes , à celte expression résolue, quoique bienveillante et modeste, on reconnaît le guerrier, qui , à l’âge de quatorze ans . .coucha sur un affût de canon, et fut renversé par un boulet,* à Salshach , après quarante -sept ans de liants faits et de vertus: l'immortel Turenne. Près de lui est l.a Meilleraie . le premier duc de son nom, grand-maître de l'artillerie en 11134 , et à qui Louis XIII donna , sur la brèche d'Hesdin. sa canne en guise de bâton île maréchal ; ensuite
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\ NCI K N Kl MOI) K H N K.
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«•'est Gucbrianl, <|iii s'éleva par son seul mérite «le soldat h mareelial ; c'esl l.a Moitié I loiitlanctMiri , qui servit la France et fFs|»agne avec un égal succès ; c'esl L'Hôpital, abbé, évêque, soldat, puis enfin maréchal et «‘ommaudant l'aile gauche du «lue d'Enghieu à la liataille «le Rocroi ; IMessis-Pralin, qui eut la gloire «le vaincre Turenne à la bataille de Retliel, et de servir la France mieux «pie lui dans ce moment ; enfin Jean Gassion, l'élève «le Gustave- Adolphe, mort comme lui, jeune, à trenle-lmit ans , et à «pii le grand Condé attribuait le gain «le la bataille de Roc'rni.
Du <-ui p» ilu (lirai Kj n II ni lu n’a» qu'une «In part»; L autre mortui resta .laiitli-» plamr* «l« Mai».
Il iliMipa partout m-» rnrmliir» <1 m (iloiir.
I «HH alnlln qu'il lui , il ll•■nlrura i ainqueiii .
Sun »*nit lui cent lirua Ir put iU' « tidnifc .
Fl Mar» ne lui laissa rien ileniu-i que le rieur.
Kfittifike >'* mririrkul tir AhhIihIi
seul tableau, «l’un effet et d’une couleur admirables, par Maux, w décore cette petite pi«Ve, l’ancien cabinet du régent , «r’est le por- *\^trait «lu célèbre Hanlzau qui, après avoir servi avec distinction en Hollande et en Suède, sc consacra au service de France, et perdit , l’un après
l'autre, presque Ions ses membres une jamlir el nu bras, à Arras, sans resse» «le combattre , el iiierila l'épitaphe «jti'oii a eerile sur sa tombe.
I iim|iim‘hi«' «la** Mar«V|»au\
i^^^-ellt' salle , alleiuiiile au cabinet «lu regcnl , elail autrefois le salon JM i«l«* |»rim*e; elle fut le théâtre «I'iiii événement singulier, l arres-
laliou «lu uiamli.il «le Villeroi, gouverneur «le Louis \\ . Depuis <|iiel«|ue temps le r«;geiil . blessé «les niar«|»ies «le liauletir el «le méfiance <|u'il «‘prouvait «lu niam'lial , cherchait une occasion «le s en débarrasser ; elle se trouva «laits le refus ipie lui lit le maréchal de consentir à ce «pie le régent eut une entrevue avec le jeune prince, qui' approchait de sa majorité, autrement «pi eu présence de soit gouverneur. Cette injure motivait la mesure qui fut prise, et «pie raconte spirituellement Saint-Simon. La première fois «pie le maréchal se présenta |>our parler au régent, il trouva un oflicier «pii lui demanda |N>liment , mais fermement , son épée; el, comme il s'eni|H>rlail . plusieurs Mddals le jetèrent dans une chaise à porteur «pfoii fit entrer dans la salle, el le Iransporlèmil par l'escalier de l'Orangerie, el le plat cmit dans mie voilure à six chevaux •pii l'attendait au bas île la grille. Celle salle contient, mire autres |>orlrails
WLII.N I I \l O HL II NI..
5ir»
intéressants, celui do l'aberl. aussi uioilcslc que grand, <*t qui refusa le collier des ordres, ne |iouvuut fournir les preuves de noblesse nécessaires, ei ne \oiilanl pas eu être décoré par une exception. Les autres |»ort rails sonl ceux de César «l’Albrel , eelêbrê par Saint- Kvremoul et Searron, d'Klampes, et Clérambault, braves guerriers. distingues dans leur temps «pioique moins eelèbres dans le nôtre.
Sixirmr «aile «|r« Marèrlimix.
Bu pourrait donner à ehacnne «le ces salles le nom du personnage principal qui la décore, au lieu d'un numéro, et celle-ci s'appellerait à bon droit la salle de Loxemliourg, du vainqueur de iNerviuden, «le Fletirus, «le Steinkerque , le Tapissier de Maire ~l)ame. Près «le lui, mais à un long intervalle, Iohijo sed proximus intervallo , est le brave llocquincotirl, qui commandait l'aile gauche A Relhel , depuis vice -roi de la Catalogne; Castelnau , A «pii fut due en grande partie la victoire des Dunes; Bon Hiers, dont on dit «pieu lui le cœur était mort eu dernier; Tourville, si brillant, si habile, «pii fut toujours victorieux contre les hommes, et «pii ne céda , connue A La Hogue , qu'A la tempête; enfin Schomberg, llumières, De Lorges, La Feuillade, d’Eslrées , C.réipii , «pii appariienuent encore au grand siècle.
Septième salle des Marfcliatix.
I r.ml que dans quelques ligues noua basions connaître les lionnnea célèbres qui se pressent dans celle salle, et un seul demanderai! un volume ; un seul, I aulian, esl l'histoire loin entière d'un nouvel arl de la guerre. Vaulian devait imaginer à la fois l'attaque et la défense trouver à s’opposer à lui-mème quand il avait inventé quelque nouveau moyen d'agression ; ainsi il n eul pas plutôt trouvé le ricochet pour balayer le rempart, qu'il lui fallut trouver les traverses pour s'en garantir. Un autre guerrier non moins célèbre, Câlinât, que Louis XIV appelait la Vertu couronnée, et les soldats, If Père la pensée, le modèle des guerriers et des hommes ; enlin le maréclial de Villars, qui semblait sortir de terre quand on tirait quelque part un coup de fusil, et qui saitva la France à Denain; Chantilly, grand, gros, brave homme dit Saint-Simon ; enlin les dues d'Harcourt et tic llenviek, le dernier vainqueur d'Alnianra.
\ aillent.
CALKKIK l)K LOUIS Mil.
ancien cliàteau de Versailles, ainsi que lions l'avons dit plus liant , était simple, et le vestibule se trouvait daas Pave des bâtiments formant une séparation entre les appartements du rez-de-chaussée. Mansard, en comblant les fossés et en élevant sur leur emplacement l'enveloppé <|ui doublait le château , laissa vide toute cette partie attenante au vestibule et au-dessous de la grande galerie, seulement il l'orna de colonnes et de trophées ; ainsi on continuait a communiquer de la cour de marbre avec le jardin. Louis XV, pour augmenter le nombre des appartements du rez-de-clumssée, fit fermer ce passage et convertir la galerie en petites distributions qui toutes ont disparu, sous Louis- Philippe, pour faire place à la galerie que représente cette vue et qui est consacrée à Louis XIII, fondateur du palais. On y voit sa statue et celle de la reine Anne d'Autriche, l.es panneaux des murs représentent plusieurs actions de sa vie. Les grands tableaux sont la Bataille de lloeroi , par Sclinelz ; l'entréedu roi à Dunkerque, de Lebrun ; l’Entrevue de Louis XIV et de Philippe IV dans Hledes Faisans, d'après Velasquez ; la Keddition de la citadelle de Cambrai, d'après Vaiider-Meulen ; les deux Béparations de l'Espagne et de la cour •le Borne à Louis XIV. En rétablissant ainsi la galerie, on a ce|iendant laissé sub-
soi»
N KIISAIM.KS
sisterl ouverture sur le vestibule, re qui «loime île l'air ei «lu mouvement à relie belle pitre, qui amitié tire au milieu des jardins
Celle entrevue eut lieu dans la grande salle qui avait servi aux conférences. I n licite lapis, sépare au milieu par une longue raie, marquait la limite des deux l^lals : du côté de l'Espagne, c'était un tapis de Perse à fond d'or et d'argenl ; du côté de la France, un lapis de velours cramoisi, bordé (Tun gros galon «l'or et d'argenl
Louis XIV était accompagne de la reine-mère, de Monsieur, duc d'Orléans, sou Irère , du prince de Conti , et du cardinal Mazarin , premier ministre . Madame de ÜN'availles, dame d'bonneur, était à la suite de la reine-mère. Parmi les grands •tflieiers de la <*ouronne cl du royaume , on remarquait le vû'omte de Ttirennc . «pii venait d'être nommé maréchal général des camps el armées du roi, le maréchal duc de (irammont, ambassadeur extraordinaire, «|ui avait fait à Madrid, au nom du roi , la demande en mariage.
Philippe IV élail suivi de don l^ouis de llaro, premier ministre d'Espagne , «le «Ion Pe«lro d'Aragon, capitaine «le la garde bourguignonne , «lu niari|iiisd'Aytonne. du manpiis de Malepique, grand-maître des cérémonies, du manrltal de licite el du comte de Monserci, tous «leux lilsdedon Louis de llaro, de don Fernando Voués tic Canto-Carrero , i ni nislre secrétaire d'Etat, de Pimente! et de Velasquez.
L'Infante arriva avertie roi d'Espagne; elle avait, rapp«»rte Mademoiselle «le Moni peusicr, axtr W gnrd- infante , une rolie de salin blanc en broderiesde geais.
\ k T m oim; u ni;.
l’.lle cl ait euifhr en clteveiix , «I portail eut bouquet d'emciaurtes eu poires avec des diamants qui étaient un présent, du mi.
Mademoiselle de Mont|>ensicr avait assisté à l'entrevue du tijuiii, mais elle ne se trotiva pas a la ceremonie du 7, oit, dit-eiie , la reine-mère se rendit toute seule: elle rapporte dans ses Mémoires que le roi d'Espagne regarda longtemps M. de I u renne , et dit à plusieurs reprises : Vtl homme m a donné de méritant*}* heures
Depuis Itiül plusieurs beaux esprits se réunissaient toutes les semaines citez Valentin < lotirai t pour s'y entretenir de littérature. Ils se lisaient leurs ouvrages et se donnaient mnliielleuieiit des conseils. Godeau , depuis évéqtie «le Grasse , Gomhanlt , Chapelain . Serisy. Desitiarclz et Bois-Holtert, étaient les principaux membres de celle petite société, destinée plus tard à une si liante illustrai ion.
Le cardinal de Ilichelieu, passionné pour les lettres, mais voulant les gouverner roi ni ne tout le reste en souverain maître, apprit par Hois-llol>crl l'existence de celle réunion de beaux esprits , et tout aussitôt il s avisa du parti qu'il |»nuvail en tirer. Il leur lit offrir de se former en une compagnie régulière et placée sous sa protection. On Itésila quelques instants si ron échangerait contre ce glorieux patronage la douce liberté d une oltscitre associaiion ; mais Gluqtelain lit comprendre que les désirs du cardinal étaient des ordres, et sa protection fut acceptée. Hiclielieu les engagea alors à agrandir leur compagnie, et à lui donner les statuts qu'ils croiraient convenables , et «le là sortit l’ Académie française.
(lolberl fut un des hommes que Mazarin employa le plus activement dans les dernières années de son ministère. Le cardinal conserva toujours, et même pendant la maladie dont il mourut, la direction des affaires, mais Colbert assistait à toutes les couféreiiees. Louis XIV sut apprécier son zèle et ses talents. Le cardinal te présenta au roi comme l'homme le plus capable «le rétablir l'ordre dins les liitanees, et, à ses derniers moments , il lui dit ces paroles : Je vous dois
tout . Sire, tuais je crois mnrquilter en vêts Votre Majesté en lui donnant Colbert, »
V K l( S A I LL KS ANCIKN Kl MODKIINK.
."»os
Héptralio* fai«r «a roi a« »<«* du |«pr Alctandrr VII, pur k rariiinal Cl.i*i, mib neveu.
Le roi reçut le (ordinal dans sa chambre à couclierel dans l'intérieur du haluslre; par exception et par honneur, il le lit asseoir; les principaux seigneurs de sa cour étaient présents; le roi répondit avec calme et fermeté. Il est, daas ce tahlrau.vétu encore du costume du temps de Louis XIII.
Lne autre réparation
plus solennelle , qu'on voit aussi dans cette même pièce, eut lieu de la part de l’Espagne au sujet de la préséance des ambassadeurs. Le comte de Fuetites présenta au roi les excuses de son maître devant toute la cour, et lorsqu'il fut retiré, Sa Majesté, adressant la parole au nonce de Sa Sainteté et à tous les ambassadeurs qui étaient présents , les invita A faire part A leurs cours de celte déclaration
Ce vestibule sépare la salle des Tableaux-I’lans de celle des Rois de France ; il est orné de fort Itelles colonnes en marbre , entre lesquelles sont les statues de Hossuet eide Fénelon, de L'ilüpilal et de d'Aguesseau, l'honneur du clergé et du barreau. On aperçoit dans le fond la statue équestre de Louis XIV, qui domine toute la contrée, et, en se retournant, l'ensemble des jardins aussi loin que la vue peut s'étendre.
\ ealibule du lO-dtH-liiuuù, de V ersailles.
SAIXE DES TABLE Al X-PLWS.
Jes différentes salles proenlent à 1 1 fois reniant.* île Tari inili laire moderne et l'enfance de la peinture. On y voit la représentation exaete el minutieuse des fortifications, des maehiiies de guerre, des costumes, ce «pii en rend réunie fort curieuse. On n'y trouve pas la pers|K*rlive, on ne la cherchait pas. C’étaient les premiers essais de la peinture historiipie dus au génie de Callot, développés bientôt par le ^éuieilc Vaiwler-Menlen. Ce sont principalement «les sièges de villes, plus fréquents alors que des batailles rangées; les sièges de Perpignan, de Dunkerque , de Valenciennes , de Namur, «le Berg-op-Zoom , l'ordre «les batailles de Senef, deCaasel. U* roi Louis- Philippe y a fait ajouter, dans le même genre, plusieurs sujets modernes, tels
LniiU XIII <•« I»* Cardinal dr Rirlirlirn
VKHSAIIJ.KS ANCIKM KT MUI)KR.>K
que les sièges de Yurk-Town, Mantoue, Dantzig, les batailles de Casliglione. Rivoli, et enfin un aspect très-eurieu\ de Constantine et du pays singulier qui l’entoure. On a beau savoir se bien reconnaître sur un plan , relie nature de vue. qui a l’avantage du dessin et du plan, satisfait davantage, et on aime à se faire ignorant avec la foule qui jouit de cet aspect qu'elle comprend.
Toutefois, les plus intéressants de ces tableaux sont ceux qui. décoraient le cli.iteau de Richelieu et qui comprennent les rampagnes de cet infatigable homme d’Jv tal, aussi grand dans les dangers «pie dJns les affaires, toujours près de l<oiiis Mit qui de son coté ne s'épargnait pas, ne reculant devant aucun sacrifice', aucun péril, aucun obstacle. Ces onze tableaux comprennent le combat du Pas-de-Suze, la prise de Cassel , les sièges de Privas , de Nîmes, «le Moulauliau , de Piguerol , de Perpignan, et surtout celui de La Rochelle, où le cardinal fit faire, avec d’immenses' dépenses , des travaux «'omparables à ceux de César , à ceux même d'Alexandre à Tyr. Sa digue fermant le port empêcha tous secours des Molles anglaises et espagnoles, et obligea les malheureux habitants à se rendre après avoir souffert toutes les horreurs de la famine. La vengeance de Richelieu se borna à leur ôter leur privilège, mais l’exemple qu'il donna par celle fermeté lui valut la soumission du reste du pays. Les hommes à pied armés de hallebardes, qu’on voit dans presque tous ces tableaux , sont les gardes particuliers du cardinal.
Louis Mil
Voyage «II* Marlv
(lliilrau dt- Sainl-Grnnain.
SALLES |)ES IUvSIDENCES ROYALES.
n'est aucun pays, aucune couronne qui puisse rivaliser avec la France par le nombre et la magnificence des résiliences royales , toutes situées dans un rayon de quinze à seize lieues de la capitale. Fondées la pliq»art avant les Valois , elles s'eml>cUirent du goût de ces princes pour les arts et de cette passion de Iritir qui leur avait fait orner les bords de la Loire de tant île charmants cil i lices. Obligés d'aluindniuier les élégants palais de Chamlmrd, de Blois, de Cbc lionceaux , ils pensèrent à s'en dédommager dans le nouveau cercle de leur puissance. Fontainebleau, sorte d'agglomération de plusieurs châteaux , n'en forme plus qu’un en conservant |H»urtant les vestiges, le sprrimen des constructions de tous les temps. L’Italie vint y produire ses merveilles , et le croissant de Diane y répandre partout sa brillante clarté. On y trouve la galerie «te François 1er, la salle où na- Mil, et le «'abinet où Mapoléon signa son Chacun des autres palais contient également des faits historiques counus ; un grand nom bre de ces édifices a été détruit. Ce fut une excellente idée de réunir dans plusieurs salles les tableaux du
ii milieu de celle |>oiii|ie historique des lioilinics et des événements, il éluit impossible c|ii*il n'y ont pas une salle consacrée aux soixante-douze souverains qui ont régné sur la France, et pris tant de part à ses destinées. On a cherché à reproduire leurs traits aussi fidèlement qu'on a pu par toutes les notions qui nous sont parvenues , médailles , sceaux , bustes ou portraits. D'abord , voici les rois francs ou mérovingiens, avec leur longue et blonde chevelure; bientôt après on trouve une nouvelle dynastie . élevée comme la première sur le pavois par l'affection ou la reconnaissance des peuples. Que pouvait-on offrir de moins qu'une couronne à celui qui availsauvéà Poitiers la France et la chrétienté? Enfin une troisième dynastie s'est élevée: cette dynastie, toute française, n'a plus rien ni du langage ni des habitudes d'au delà du
vKiisuu.iis i.t mhiikhm:.
Itliin : r'csl d'abord ii ii comte île Paris, apportant il l' État ses vastes domaines, placés au centre du pays, et autour desquels s'adjoindront successivement toutes les provinces qui composeront un jour la plus puissante, la plus homogène nationalité. Ses descendants, sans interruption, vont léguer sept cents ans et consolider, par les conquêtes et les alliances, le trône de leurs ancêtres. I,a snperlie monarchie française, assise sur deux mers, devient le centre de l'Europe sous le 'apport de la civilisation, et brille dans l'histoire de la guerre, di-s lettres et des arts. Il serait superflu de passer ici en l'evue cette longue suite de princes, dont un si grand nombre a occupé le trône avec distinction : leurs actions, les événements de leur règne sont dispersés dans tout le palais, ce sont ici seulement leurs traits : partout ailleurs leurs souvenirs.
Cette pièce formait autrefois une dépendance de l'appartement du rez-de-chaussée dans l'ancien palais, occupé, en 1714, parla duchesse de Berry, fille du régent, et depuis on y pratiqua une salle de bains et un cabinet pour la reine Marie-Antoinelle , qui s'y rendait par le petit escalier de Damiens, qui servait de dégagement à la (Hirtie centrale du juilais.
Il nilM'Mir »all«' Mji i-< li.<n\
A mesuie que nous avançons, loin «lavoir à étendre noire récit, nous devons le resserrer. Il est rare que les lionuiies s’élèvent <|iiand les événements se rapetissent. Le grand règne a Uni, et à sa suite commence une épo< pie vague , incertaine. <|ui |H»rte encore les traces de temps glorieux parce qu'il reste quelques vétérans «le ces temps célèbres , mais bientôt ils disparaissent à leur tour, et le bâton «le maréclial de France ne va plus passer «pi'aux mains de la vieillesse ou aux favoris de la cour; cependant on peut encore se glorifier des guerriers «|ue renferme celle salle : Puységur, Asfeldl, sont des noms «pii honorent toujours une épotpie ; nous citerons aussi un neveu du célèbre Fouqiiel, qui portait le nom de son oncle, et «pii força, par son mérite et son courage, Louis XIV à reconnaître et à réconi- |H*nscr ses services, en «lépit de la liaine qu’il |>orlait à ce nom qui lui rap|>elailde fâcheux souvenirs, Coigny, «pii, vainqueur à Guastalla, a laissé eu Italie le souvenir de la dernière bataille où la victoire, qui avait si longtemps suivi nos drapeaux, soit restée lidèle à nos armes; Maillelnns , avantageusement connu par les campagnes qu'il a faites , et «pii ont illustré la vie de ce guerrier non moins «pie les écrits qu'il a publiés ; Lowendal , que le siège liardi de Berg-op-Zoom a immortalisé ; mais surtout le célèbre Maurice de Saxe, l'illustre vainqueur de Fontcnoy, «le Hocoux, de Lavvfeld : honneur au prince régent, «pii devina le grand général dans les traits «l'un jeune guerrier étranger, et «pii sut rattacher au service «le la France . dont il (levait être un jour la gloire et le salut
V KH S A II. u: s
Neuvième salle «le* Marcrtuux.
On voil toujours, et il en devait sans doute être ainsi, les époques glorieuses suivies de temps câlines et tranquilles ; les nations ne peuvent sans cesse s’agiter dans le mouvement d'une vie guerrière , et après le bruit des batailles , il leur faut le repos de la paix et la mollesse de l'oisiveté. C'est ce qui arriva après cette longue lutte de géants que la France avait soutenue contre l'Europe sous le règne du grand roi, et qui, après s'èlre ouverte par des victoires, s’était fermée par des désastres. On vit, sous le long et pacifique ministère du cardinal de Fleury, grâce à la faiblesse et à r indifférence de Louis XV, la gloire, qui avait si longtemps en* touré de son éclat le trône de France, abandonner les fleurs de lis pour s'attacher à d’autres Itannières : elle alla couronner le grand Frédéric , fonder son nouveau royaume; Catherine planta ce poteau sur lequel était écrit : Chemin de Constantinople; Marie-Thérèse défendit ses Etats par l'affection de ses sujets. Que faisait alors la France? elle se passionnait pour des choses frivoles, et se consolait de Rosbach par une plaisanterie de Voltaire ou une représentation de Lekain.
Cette salle mérite toutefois encore qu'on s’y arrête ; voici Richelieu , cet homme célèbre par ses galanteries , emportant d'assaut Mahon , et décidant la victoire de Fontenoy ; Broglie, troisième maréchal de France de son nom en cinquante ans, vainqueur de Berghem; il brilla sous trois règnes et dut à ses victoires d'écliapper en 05 à l'échafaud ; voici encore Philippe de Ségur, avec son bras de moins , qu’on a eu tort de déguiser par une manche trop ronde dans son portrait ; Du Muy, l'ami, le conseil de Louis XVI, et Caslries qui, vainqueur du duc de Brunswick à Clostereamp , alla demander à ce prince un asile {tendant la révolution. et trouva près de lui une noble hospitalité.
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Diticme «aile de* Maréchaux.
Celte salle ne renferme que quatre portraits , on y remarque celui de Bochambeau . l'élève du maréclial de Saxe, le compagnon et l’émule de Washington. Hochambeau, qui servit avec honneur dans les deux mondes la France et la liberté, allait monter dans la fatale charrette pour marcher au supplice , lorsque le bourreau , la trouvant assez remplie, le repoussa en lui disant r « Va-t’en . vieux maréchal, ton tour viendra plus lard ! . On y voit aussi le |>orlrail de Berlhier. l'ami , le compagnon de Napoléon . de Berlhier. dont le nom se rencontre à toutes les pages de son histoire.
Onzième *a1lr île» Mirrrlunix.
C’est iei que commence une nouvelle ère pour la France, et nous aurons quel» que peine à nommer seulement la foule d’hommes célébrés qu avaient produits depuis cinquante ans nos terribles annales. Dix armées sont sorties du sol français comme les soldats de C.adnuis. et chacune de ces armées, deux ou trois fois renou*