‹ Versailles, ancien et moderneChapitre 67 sur 104 · If S.-llilairt · texte numérisé non relu

If S.-llilairt

, \.-C.-l„ «Ir l-ivillf . «

Salle de 1830.

'histoire dira «|u'il a existé un homme qui, né près du trône, a toujours vécu comme un simple citoyen . qui , supérieur à la fois aux préjugés des cours ei aux orages politiques, a su marcher au milieu d'eux d'un pas Terme, réglé, habile, el est p il venu ainsi à l'estime générale, qu’on n'acquiert que par le mérite, et qu'on

l*r '*i»« d’Orléan* CIO miré de sa famille, à Nruilly. (1830,1

U tsmfi.ur 4u >1

créé et sous l'ombrage des arbres qu'il avait plantés. Le dimanche 20 juillet , il s’y truuvail entouré de sa nombreuse famille ; ses enfants lui apportaient des (leurs , et , dans ce même lieu , à cette même place, quatre jours après, les députes d'un grand |ieuple lui présentaient une couronne. Tel est le sujet , et en quelque sorte le programme , des événements qui sont retracés dans cette salle. Ab 1 pourquoi les bornes de cet ouvrage ne nous permeUenl-elles pas de chercher à peindre dignement celte révolution , devenue la gloire et la prospérité de la France , et désormais le lien nouveau des rois cl des peuples? Essayons au moins d'en indiquer le caractère.

Des ordonnances destructives des droits acquis , des libertés jurées , avaient frappé de stupeur tous les esprits : bientôt l'inijignaiion succède à l'étonnement, on s'alairtle , on s enieul ; la presse, plus menacée, se prononce la première ; les députés présents è Paris se joignent au mouvement; le peuple enfin relève sa tète énergique, arme ses bras et descend tout entier dans la rue. — A cinq heures, le mardi 27 juillet, sur la place du Palais-Royal, un enfant bat la charge; le mercredi, le canon gronde, la fusillade commence, toutes les rues sont bientôt barricadées, la mort court dans tous les quartiers ; le ? ' \ jeudi malin, le palais des rois est désert et le trône vacant ; mais non : à

travers la longue 'suite des appartements dorés des Tuileries, s'avance le successeur de tant de rois; des hommes armés soutiennent sa marebe chancelante et le placent sur le trône! Ilègne donc, élu du peuple , apaise ces clameurs, montre-loi, règne enfin! Mais tptoi! il ne respire plus , sa tète inanimée reste immobile ; ses cheveux ensanglantés s'emliarrassent dans les Ileurs de lis dorées de la

A N Clli N KT NOItEHMK

nomme celui qui doit le remplacer.. . Tu (tardes le silence.. Eli! n'cnlcnds-lu pas déjà au ileliors les cris qui demandent la république? Le peuple attend, il s impatiente.... Alors on crut voir celte tête sc relever et ces paroles sortir de sa bouche : • Celui qui peut me remplacer doit être d'une grande naissance , rar il va prendre rang parmi les souverains , et cependant il faut qu’il ait vécu avec le peuple , comme le peuple : qu’il ait combattu avec lui et |iour lui. Enfin , pour qu’il inspire de la confiance , il faut qu'il soit l'enfant de la révolution , car c’est pour la révolution rpic je meurs, et c’est pour la révolution qifi! doit vivre, qu’il doit régner; il faut que sa famille lui ressemble, il faut (pie son gouvernement soit une république sans orage et une monarchie sans abus, il faut qu’il ail l'expérience de râge et cependant la vigueur de la jeunesse. Si quelqu'un réunit toutes ces qualités, qu’il se présente, qu'il occupe cette place, que je lui cède sans regret. » A ces mots, la tête du mourant s’affaisse sur sa poitrine, son corps glisse au pied du Irène.

Noble et courageuse victime , tu seras satisfaite! Oui, celui que tu viens d’appélcr à le succéder existe, il connaît scs obligations, il va jurer de les remplir !

Telle est, en effet , l'histoire des trois journées contenue dans cette salle. Après trots jours de combat dans les rues de Paris, les défenseurs de la Charte furent victorieux sur tous les points. Mais le gouvernement (pii s'était laissé entraîner à de telles mesures ne pouvait plus durer ; la crainte de l’anarchie préoccupait tous les esprits , et tous les vœux appelaient le duc d’Orléans à préserver la France de ce lléau. Le prince, informé de cette manifestation du vomi public, part à pied de Neuilly accompagné de M. Rcrlhois, son aide de camp, du colonel Heymès et de M. Oiulart, et arrive au Palais-lloyat à dix heures du soir.

Le 51 juillet , à neuf heures du matin , 1rs commissaires de la réunion des

V Kit SA 1 1.1. K S

députes vinrent le trouver et l'inviter à exercer les fonctions de lieutenant général du royaume, jusqu'à ce qu'il eAt été statue ultérieurement.

Le duc d'Orléans répondit par une proclamation énergique , qui Tut reçue dans Paris avec applaudissements. Cependant il pensa qu'il ne suffisait pas d'avoir Tait ce grand acte, mais qu’il fallait encore le confirmer par une promulgation , et il résolut d'aller la faire en personne à l'Hôtel-de- Ville. Au moment où le prince allait partir, la réunion des députés arriva en masse au Palais-Royal pour féliciter le lieutenant général ; et aussitôt qu elle eut connaissance du parti qu'il prenait , elle voulut s’y associer, et les députés s'écrièrent d’une voix unanime : « Nous vous « suivrons tous à l'Hôtel- de- Ville. » Eu effet , ils partirent tous à pied , à la suite du prince qui était seul à cheval , avec le général Gérard et un eu deux aides de camp. A peine le prince fut-il aperçu par la multitude innombrable qui entourait le Palais-Royal et qui couvrait la place encore toute pleine des traces du comlial , qu elle s'élança dans la cour avec un enthousiasme impossible à décrire. Celle foule, qui semblait si bien sentir le bonheur d’échapper aux maux dont le dévouement du duc d'Orléans allait préserver la France , grossissait à chaque pas, et lui frayait un passage à travers les barricades, en l’entourant de leurs liénédictions. Ce fut au milieu de ce cortège que le duc d’Orléans arriva sur la place de l’Hôtel-de-Ville, sur celle place t principal théâtre de la glorieuse lutte soutenue pour la défense des lois.

Ce tableau représente la scène que nous venons de décrire, et contient Ips poitrails de presque tous les députés qui se trouvaient présents à Paris. Nous en avons

extrait le groupe qui se trouve sur le devant du tableau où sont représentes le> membres du gouvernement provisoire et le préfet de la Seine, qui étaient sur le fierron pour recevoir le lieutenant généinl du royaume et l'accompagner.

!.. KarrlH

Le général Lafayelle en lialtil île la garde nationale dont il avait été nommé , par le peuple cl par le gouvernement provisoire, généralissime. Près de lui on voit l'auteur de cet ouvrage ', nommé également par le peuple, le 2» juillet, préfet de la Seine, le comte Lobau 3, M. de Schonen et M. Odilon llarrol , membres du gouvernement provisoire.

Page 1