‹ Versailles, ancien et moderneChapitre 7 sur 104 · I.» mémoire ni rmHin»i«**nlt I M tmu *«nl ingrat* el liloat · texte numérisé non relu

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Ainsi s'expriment les Parisiens, quand ils ont franchi h* dimanche une barrière queleonque el qu’ils se eroieut à la campagne en entrant dans un Faubourg plus sale el moins aéré que la ville. J'avoue cependant que je suis un peu parisien à cet égard;etjen’ai pas plus tôt aperçu un champ de blé ou le tuyau d’une usine , que mes idées se portent a l’instant sur l'agriculture et l'industrie, ces deux grandes sources de richesse et de prospérité. Je m'afflige alors en pensant que mon pays est inférieur sous ces deux rap- (îorls il des peuples qui sont loin de l’égaler en lumières. L'agriculture en France est encore dans l'enfance ; elle n'a pas de licstiaux ; elle est livrée à de vieilles routines, à une rotation vicieuse. L'industrie ne s'est développée que depuis la révolution. Elle est encore ton! à fait nulle dans les deux productions les plus importantes : la fabrication du fer et l'exploitation de la houille. Enlin , le ressort principal de toute industrie , de toute agriculture, les communications sont dans l'état le plus imparfait, l’eu de routes et de canaux; à peine un ou deux chemins de fer. De ces réflexions, par une transition naturelle, j’aime à me rappeler les hommes de génie qui ont éclairé et enrichi leur pays, qui l'ont sorti des liens de l’enfance nu de la barbarie; enfin les grands hommes de l'utilité 1 : car comme la gloire, elle a eu aussi les siens depuis Triptolème jusqu'à M. Parmentier, depuis Thésée cl Pyrithoüs jusqu'à M. le duc de Liancourt. L’imagination cherche alors à se former un modèle de ces bienfaiteurs des hommes , de ces hérps pacifiques ; et voici à peu près comme elle le compose.

Il faudrait que l’homme qu’on voudrait prendre pour ce type naquit dans la condition la plus humble et qu’il dut ses moyens d'existence à un travail manuel , pénible . difficile , improbtu labor. Parvenu par lui seul à l'aisance , il sentirait alors son génie se développer et s’élancer dans des découvertes scientifiques qui rendraient son nom immortel. A tant de supériorité , il joindrait l'esprit , la bonté , les vertus qui exciteraient pour lui une telle estime , une telle considération parmi ses concitoyens , qu'ils le chargeraient des missions les plus importantes , el en quelque sorte des destinées de leur pays. Eh bien ! ce type idéal , et* modèle imaginaire de

• Ulililat mai/tws hominnque deotque rffirit (Otidi;i. Hiétnv «r jetait sur 1rs méchants sans qu’ils

lui eussent fait du mal , ma» uniquement parre quïb étaient méchants Pur., 1. 1. p. 57). l-e* ancien** chevalier» parcouraient la terre, non orbem conritphcrndo nerf rendirnndo (Sut., de tien., 1. 1, c. 15 .

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In iM-rfectimi sociale, il est pus nuire que ce |H‘lil vieillard représenté sur cette gravure . et <|ui monte lentement In hutte des Bons-Hommes.

C’est le simple, le grand, l’immortel Franklin. Il se rend à sn i ts tt maison de Passy, située dam la rue Basse, où 3 a passe & te les l’his belles années de sn vie et complété ses savantes

’Ù Xr^1 -r découvertes. Les gens âgés se rappellent avoir vu dans ses mains la corde du cerf-volant qui venait chercher la foudre nu milieu des orages. Un illustre écrivain, prononçant l’oraison funèbre de Washington dans l'église des Invalides , disait , en parlant de Franklin: « Ce snge négociateur ne fut-il pus environné de nos hommages quand il vint montrer à Paris et jusque dans Versailles In noble

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simplicité des imeurs républicaines. Il habita sur les rives du Meuve voisin , en (are des lieux où nous sommes réunis. Plusieurs d'entre vous ont vu, comme moi, la physionomie vénérable de ee vieillard, qui ressemblait à l'uncien législateur desScythes voyageant dans Athènes.» Nous l'avons représenté s'appuyant sur ce bâton de pommier sauvage qu'il légua à Washington ;

Washington , comme lui immortel , comme lui Itéras de la civilisation et de la liberté. iN'est-ee pas d un Ikiii amure pour cet ouvrage, qui doil i-enlermer tant de portraits, que de commencer par celui-ci . qui offre les -traits de sagesse, de bonté , de génie , d'un homme que deux mondes se glorifièrent d'avoir possédé, et dont ils perlèrent le deuil '? Au-dessus de sa léle s’élève le drapeau de I Union, qui couvre aujourd'hui Inities les mers, qui pénètre dans les déserts pour y porter la lumière et la vie, qui s'adjoint tous les jours des provinces, des royaumes, et domineru bientôt tout ee vaste continent. l-'ranklin est vêtu de l'hnhil modeste avec lequel il parut dans les salons de Versailles; il vient de recevoir les odieux de Voltaire. Il va quitter celle habitation de l’assy qu'il aimait tant et ou il laisse encore des regrets . pour entreprendre . maigre beaucoup d'inlinnités , un long voyage: mais

\a' trWtrp ai t lipv ri|in- »|r Pan* , M. tU* tfc-auninnt . ilistil «lt- Fr.mMin qu'il n<* lui iii.mi|iuit tjur tl tlw rafliuliqw. • M:m jaiiiu- à rmirr\ Ajoutaitil. qui* P loti ttr rrpoUMtfTn |M*rr>tlp |*cllr .inw\ Hlrhnnmvrail lro|i l'rtifor.»

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par les tendres soins de In reine1 île Franco, son voyage son* moins ppnililc, et son départ do sa pairie adoptive moins douloureux .

Passons d'un liomino utile à une famille utile, cl jetons un regard sur la moitié environ dn coteau de l’assy , qui appartient à MM. Delessert *. !/■ premier édifice qu’on mioniitreest une raffinerie de sucre,

I une des plus anciennes cl dis plus considcralilos du royaume’.

fui une «lr» première* oit

• l..i rrinr fil faire une r»|*-er rtc liticiT IriMomnollr dont r||r lit radeau il Fi iitkliii. Elle lui servit à se rendre au Havre

ntt il *'<'liilKiri|ll.i.

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1 l.r m«Hiw'meiit des capitaux qn’elli' emploie dupasse annuellement douze millions .-et i-ej tendant le» bénéfices vml Itvs-faibin; mais les propriétaires font entrer dan» leur actif le bien-être de eent familles qu'il» occupent. et la satisfaction •le vivre an milieu «le ff»*ns qui les bénissent et le» aiment, l'on fil en Franrc du sucre de liettrraves. Napoléon la visita

Celle fabrique

VNCIKN KT MO OKU NE.

l-es bâtiments de lu fabrique sont réunis pur un ponl eu lil de fer. le premier qui ait été exécuté en France , et qui , sortant île massifs d'arbres des deux exilés, semble être suspendu dans les airs. On y jouit de la vue lu plus étendue : sur le premier plan , le cours de lu Seine ; l’nris s'enfonçai) t dans l'horizon, et lançant dans les airs les dômes des Invalides, du Yul-de- Grùce et du Panthéon.

Attenant à la raffinerie est un massif de grands arbres, un quinconce de marronniers, qui couvrent de leur ombre les sources jadis si célébrés des Faix de Passt.

las propriétés de roseaux n'ont pas chuugc ; on a même découvert de nouvelles sources1, mais la iik h le les a abandonnées au moment 011 la nature s'attachait à les embellir, et si la capricieuse deesse ne leur revient pas. elles conserveront en vain leur vertu, on leur demandera toujours leurs plaisirs.

A lu suite de celte promeuade est lin jardin botanique . moins remarquable pur la quoutité des plantes que par lu rareté de celles qu'on y cultive.

Le goût pour la ! intunique semble héréditaire citez MM. Delessert. Ce fut pour une jeune personne de cotte famille que Itousseau conqtosa sou herbier; ce fut à sa mère qu'il adressa ses Lellrex.

L’allié des quatre frères, M. Benjamin Delessert, |iossede la plus riche collection en ce genre et il en a fait jouir le public. Cét établissement est ù Paris , dans l'hôtel même de M. Delessert. On peut y travailler toute la matinée. L'n jeune savant, qui en a la direction , s’empresse de fournir tous les objets , tous les renseignements nécessaires à l'étude de cette science, qui a fait, depuis quarante uns. de si grands et de si utiles

eu 1812. et témoigna «a satisfaction a N. benjamin Deleaiert en le créant baron et lui donnant la cruu •le la l.égiou-d'Ilonneur qu'il portait à m boutonnière.

' Lablié Le Ragots , ancien confesseur de madame de Ma in tenon rl précepteur du duc du Maine , et après lui, en 1751. M. Bellaïuk, avaient rendu ce lieu fort agréable ; ib y avaient ouvert des «aluns où 1rs malades trouvaient une bibliotliéqiir , une table bien servir , de» bals . des concerts fréquentés par la bonne compagnie. J. -J. Rousseau , dans ses Confessions (livre xvj, parle du temps qu'il y a passé im «on médecin Mimird, «pi il appelle un philosophe pratique. Ct* fut là qu'il composa en partie le Vérin du village . Voyez Chronique de Passt/, par M. yt ii.lkt. ouvrage fort intéressant. 2 vol. in-8 ; les Amusements de Passy. par l.utlLt , in-12; l'abbé Lratu r. Histoire de Paris, tome III. l/analv^de rn eau» se trouve dan* V Histoire de t‘ Academie des Sciences, tonie I, p. JO.

progrès. I.es serres de Hussy en sont le eomplemeul : le j:irdin est entouré d'un vaste paix; irrégulier planté avec goût , mais sans apprêt. On n’y esl pas géné par ces soins minutieux, cette propreté rigoureuse de plusieurs habitations de ce genre . où on craint de laisser dans les allées ou sur le gazon la trace de ses pas. Une seule fabrique en esl

l' ornement ; e est un chalet suisse . de proportions exactes, et renfermant dans l'intérieur Ions les meubles du pays, et de plus un relief de la Suisse sur une grande échelle.

Cette faln'iipic semble être un hommage V- main par lis propriétaires au pays qui le»

I UI-1 Awm fc>pai« Jtr H ItrWwfl uainian * b Vnn*.

Avez-vous connu ee pays si grand par lu nature, si vénérable par les vertus de ses habitants . si cher a la li-

• (in «‘lebrc orateur. d'origine française . wr Samuel Horailly, mnemail l.ouis XIV de l'avoir fait naître Anglais : MM. l>ole*M*rt , au contraire . ont voulu redevenir Français . |«rce qu'ils n'avaieni jamais rew dr l'rtre. «n» toutefois *e montrer ingrat* envers leur seconde pairie.

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fierté? avez-vous parcouru ces vallées mystérieuses, ees lacs oiubrugés de montagnes, ces montagnes couvertes de neiges éternelles et de glaciers mouvants? élcs-vous entré duns les charmantes habitations qui peuplent ces solitudes? eh bien! vous en retrouverez ici le souvenir. àluis avant de pénétrer dans celte jolie fabrique , jetez un regard sur les peintures qui en décorent lu façade ; elles représentent les unnoiries des différents cantons . et deux sujets de leur mémorable histoire.

Ah! qu'un pays déjà favorisé par la nature acquiert encore de charmes lorsqu'il renferme un passé illustre . lorsqu’il fait naître à chaque pas des sentiments généreux ! Oui , si même ils n'offraient point les plus beaux sites qu'on puisse imaginer, ces environs de Schvvitz et d’Uri, ce lac des quatre cantons, on n’y pénétrerait encore qu'avec respect et émotion; le voyageur irait y chcrclier la place oi't Guillaume Tell aborda et où il repoussa du pied la barque qui le portait; et, de là, traversant le lac, il aborderait près de la plaine de Grulli ; mais alors il attendrait que la nuit vint couvrir de ses ombres ce sanctuaire de la liberté. En montant à la fontaine du Sélisl>erg , il écouterait s'il n'entend pas les pus de ces hommes généreux qui scellèrent ici le pacte d'union contre la domination étrangère; il puiserait de l'eau dans la fontaine, et, la tête decouverte. à l'exemple des habitants du pays, il boirait à la mémoire des trois

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héros de lu liberté. L'action de Guillaume Tell représentée sur cette vignette u été contestée; on n voulu douter de cette force inouïe de lime dans le trouble des sens; de ce triomphe du coup d'œil à travers les angoisscs du coeur ; elle a été contestée comme les mots de Cnmbrouue et de d'Assas: mais qu'importent les preuves quand le tempe u cousucré une action glorieuse? On u prétendu que cet événement appartenait à l’histoire du Danemarck-, mais que fuit le lieu de la scène? il appartient au monde, il subit pour la dignité de l'homme qu'il ait existé : ôtez- le à lu Suisse ; ôlez-le à Guillaume Tell , il reste à l'Immunité!

Au moins l'action représentée ici est-elle incontestable. Oui. il u bien existé un homme qui s'écria à Sempacli : « Confédérés, prenez soin de ma femme et de mes enfants ! » et qui, réunissant un faisceau de lances ennemies dans son corps . ouvrit ainsi la route , la brèche pur où se lit jour lu liberté de son pays.

Arnold Strutlhuu de Willkelried , je te salue! et les générations qui se suivront te salueront également, tant qu’il existera parmi elles les noms de patrie et de lilterté.

Mais revenons au coteau de l’ussy. Apres celle suite d'habitations appartenant aux differentes personnes de la famille llelesserl, vient le domaine de la bienfaisance . qui leur est commun à toutes ; mais celui-là s'aperçoit sans se découvrir, ou plutôt parce qu'il ne veut pas se montrer.

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