‹ Versailles, ancien et moderneChapitre 86 sur 104 · V E K S A 1 1. L ES · texte numérisé non relu

V E K S A 1 1. L ES

bassih est Apollon sur son char, traîne par quatre chevaux et entouré de dauphins et de monstres marins, ta peuple l'appelle le Char embourbé , comme il nomme tatone, la Reine des (Grenouilles. Softs doute, si on considère ce groupe en raison du peu de profondeur de l’eau, dfe h» lourdeur du char, il peut paraître défectueux ; mais il faut le voir au moment où un jet d'eau de cinquante-sept pieds de haut et deux autres de quarante-sept , le couvrent de vapeurs brillantes et ne laissent entrevoir les figures que pour expliquer le sujet.

A la suite du lteau bassin, et dans la |ierspective du palais . est le grand canal qui a 192 pieds de large et 2,400 de long. Sous Louis XIV, celte majestueuse pièce d'eau était couverte de bâtiments de toutes formes, et principalement de gondoles vénitiennes qui étaient conduites par trois ou quatre cents rameurs et matelots , pour lesquels on avait Itâti un village dans le bois prochain, qui a conservé le nom de tais îles Matelots. Les fêtes finissaient toujours par quelque feu d’artifice sur ce canal, et, en 1090 et surtout en 1770, pour le mariage du dauphin, on y avait établi un soleil de feu qui éclairait tons les plans , et deux cents chaloupes couvertes de verres de couleurs.

Nous avons suivi en ligne directe l’axe des jardins de Versailles . il nous reste à examiner les deux côtés de cette même |tartie centrale.

Ilotülll-I

d'Apollon. — N“ I du plan.

Attenant au parterre do I. atone, est le bosquet d'Apollon, ou plutôt un immense rocher qu'on a taillé tle manière à y placer le célèbre groupe d’ A [toi Ion et des nymphes , ehef-d «ruvre de (iirardon , qui , depuis deux siècles , a plusieurs fois changé de demeure. Il orna d'altord la grotte de Tliétis , et fut, comme elle, chante par La

ANCIEN ET MODERNE. 4tiff

fontaine. Plus lard, on éleva pour lui un ridirnle ltaldaquin en métal doré. Enfin, il repose aujourd'hui dans une (fax qui lui convient , et à laquelle il convient. Celle belle fabrique est due au talent de Robert, qui était alors, c'est-à-dire en 1778. à la mode pour dessiner les jardins irréguliers et les petits monuments qui devaient

Intérieur de* bain* d‘A|tnllo<i

les orner. Ici il s'est véritablement surpasse, cl ce rocher , doit coulent des eaux almndantes au milieu d'arbres et de piaules de Ions les climats, esl d'un admirable effet, et qui contraste avec les autres parties des jardins. Le groupe d’Apollon, comme on sait , représente ce dieu au moment où il vient de terminer sa course. Les nymphes le reçoivent. A quelque distance sont les groupes de ses chevaux, qui sont aussi d'un beau travail.

VKIISAIt.l.KS

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Celle seconde vue présenle I inlenew tlti rnrhn . et nous avons |>laee sur le devant un illner que le l'acetieiis Robert ilonnaii .1 y société un ou déni jouis avaul que sa composition fût ouverte au publie.

Le groupe d'Apollon et des nymphe* tpii l'entourent peut donner lieu à plus d’une oliservalion sur le goût et la sculpture de ce temps, sur l'extension «pie l'un donnait à cet art et que les poules encourageaient par leurs éloges. I ne longue pièce devers «le La Fontaine est consacrée a celui-ci ; nous en citons quelques passages :

Le Mco m> reposant sous ce» toutes humides Est assis au milieu d'un rbtrur de .Néréides:

Toutes sont des Vénus tle i|ui l'air gracient Neutre point dans son muret * arrête à ses jeu*

Mais <|ui pourra dépeindre en langue du l'amasse La majesté du Dieu, son port si plein de grâce;

Cet air t|ue I on n a punit dira nous autre* inurtcl»

Et |MNir <|ui l'âge d'or intenta des autels

RnMjurt de !■ Cotonnade. — K. 4 du petit plan..

bosquet d'Apollon, on passe au quinconce «In initli , <|iii n a rien de que luaii termes, exécutés, dit-on, sur les dessins du Poussin Ou arrive alors au bosquet «les Dômes, nom «|ui provient «le deux petits batiments en marbre fort élégants, mais qui tomltenl aujourd'hui en ruines, on n\ retrouve plus «pie la suite des charmants bas-reliefs qui les décoraient , «lus au ciseau de Girardon et Guérin. Du hos«|uet des Dômes, on doit passer entre le bassin «IWpidlon et le Tapis- Vert , pour visiter le premier liosquel de la ligue opposée , et connu sous le nom de la ('.olonuade.

Au milieu «le celte salle de verdure est un superbe groupe en marbre blanc : ouvrage de Girardon ; il représente l'enlèvement «le Proserpine par Plulon. Sur le piédestal rond sont sc ulptées en l>as-reliefs les diverses scènes «le cet enlèvement . la jeune Proserpine cueillant des Heurs avec ses compagnes , et Cérès, une torche à la main, cherchant partout si Mlle chérie.

L'artiste a puise ses inspirations dans la description d'Ovide.

'lout autour de la salle règne un péristyle composé de trente-deux colonnes ré- |Nindant à autant de pilastres de très-lieau marbre

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\j?s colonnes communiquent $*nl»e elfes par tles arcades cintrées , ornées à leurs clefs de masques de nymphes, /le naïades ou de sylvains, el sur les impostes des l»as-reliefs représentent les jeux et le* amours, charmants groupes d'artistes justement célèbres , Mazière , G r a nier, Coysevox , Lehongre et Lecomte.- •

Sous les arcades sont vingt -huit grandes cuvettes de marbre blanc . de chacune s’élance un jet d’eau qui retombe en cascades ou en nappes dans le chenal inférieur. Prés de ce bosquet est celui d'Encelade, remarquable par un énorme jet d'eau.

Les jardins de Versailles donnent une telle supériorité à la sculpture sur les autres arts à l’époque du grand règne, <|ue nous avons cru faire plaisirjau lecteur en lui mettant sous les yeux les |>orlraits des quatre sculpteurs les plus célèbres , Girardoti , Coysevox , Cmuton el le Pu jet.

Nous ne ferons que traverser le quinconce du midi , qui n'a de remarquable que de très-lteaux marronniers . pour entrer dans le dernier bosquet de la partie centrale connu sous le nom «le Salle de Bal , attenant au parterre d’eau.

Ce bosquet, construit en amphithéâtre de verdure, est remarquable par une cascade en forme de gradins en rocailles et en coquillages. Lorsque les eaux jouent , les nappes d’eau qui tomlient d’un gradin sur un autre font un effet agréable.

Le milieu représente une véritable salle de danse, qui servit à cet usage dans

plusieurs grandes fêles; et on voit, dans un tableau du temps, niadainc de Main tenon > conduisant mademoiselle de Blois.

I.c inarrrh.it 'l'allai «1 ilcrlainant mir la lcrrassr ilr Versait lr»,

Ko4«piet île la tallr île l>al. — N. 0 du plan.

Eli quittan! ce bosipiet pour remonter sur la terrasse du château, on se trouve prés d un grand vase auprès duquel le maréchal Tallard Tut un jour surpris dcclanvaut avec vclicmeiicc contre la cour, attirant Us promeneurs ipii le croyaient fou . il fut «|ierçu ainsi des fenêtres même du palais.

orangerie hk vebsaili.es.

OnnjfP, aibiü' qur juliirr,

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y Mous suivrons la même marche pour les deux côtés du jardin «pii accom- T pagnent parallèlement la partie centrale que nous venons de décrire. I.a première sulKlivision qui se présente à gauche en sortant du |»alais, est la

Î superbe orangerie de Mansard, un des plus beaux ouvrages d'architecture qui existe au monde ; on ne conçoit même pas comment . à cette époque . on put revenir aussi complètement aux grands travaux des anciens.

Elle fut commencée en 1685, et terminée vers la fin de 1686. On y arrive par deux escaliers magnifiques de soixante pieds de large et de »*ent trois marches , divisés en deux |»alliers. On croit descendre .une montagne. L'orangerie est exposée au midi , et consiste dans une galerie qui a quatre-vingts toises de long sur trente-huit pieds de large , elle est éclairée par

V KIIS A ll.'LKS \ N CI K N HT MO» K II NK.

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douze fenêtres cintrées . qui sont dans renfoncement des arcades. Dans une niche, au milieu de celle paierie, esl la stalue de Louis XIV. donnée à ce prince par AI. le marirhal duc de La Feuillade. «pii l avait fait Caire à Dcsjnrdins. pour mettre sur

FjçaJc ilr l’OrnnRCrir

la pla<*e des Victoires. Cette paierie tient à deux autres en retour, de soixante toises de loup chacune. Ces paieries sont décorées au dehors de trois avant-corps : celui

V ue latcraU «le l'Oranpnrt**.

de la paierie du fond est de huit colonnes accouplées d’ordre toscan, et les deux autres ont chacun quatre colonnes de quatre pieds de diamètre. Ce pipantesque

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