SECONDE JOURNÉE DES PLAISIRS DE L’ILE ENCHANTÉE
« Lorsque la nuit du second jour fut venue, Leurs Majestés se rendirent dans un autre rond, environné de palissades comme le premier et sur la même ligne, s’avançant toujours vers le lac où l’on feignait que le palais d’Alcine était bâti.
« Le dessein de cette seconde fête était que Roger et les chevaliers de sa quadrille, après avoir fait des merveilles aux courses que, par l’ordre de la belle magicienne, ils avaient faites en faveur de la Reine, continuaient en ce même dessein pour le divertissement suivant, et que l’Ile flottante n’ayant point éloigné
Jean-Baptiste Lulli.
le rivage de la France, ils donnaient à Sa Majesté le plaisir d’une comédie dont la scène était à Élide.
« Le Roi fit donc couvrir de toiles, en si peu de temps qu’on avait lieu de s’en étonner, tout ce rond d’une espèce de dôme pour défendre contre le vent le grand nombre de flambeaux et de bougies qui devaient éclairer le théâtre, dont la décoration était fort agréable. Aussitôt qu’on eut tiré la toile, un grand concert de plusieurs instruments se fit entendre, et l’Aurore, représentée par Mademoiselle Hilaire, ouvrit la scène et chanta ce récit... »
Ici commençait le premier intermède de la Princesse d' Élide, qui était la troi-
sième pièce que Molière eût expressément composée pour les fêtes royales. Ajoutons que ce fut Benserade qui écrivit les quatrains dont nous avons cité quelques-uns plus haut, et que le prologue à la louange des deux reines et les vers des Saisons furent l’œuvre du président de Périgny. Plus tard, Louis XIV le donna comme précepteur au Dauphin (en 1668), et lui confia la tâche de la révision
Vue du château de Versailles (époque de Levau), côté du parc.
et de la mise au point de ses mémoires, fonctions qui, à sa mort, furent continuées par Pélisson; mais arrivons à la