LES MESURES DES ESPAGNOLS ROMPUES PAR LA PRISE DE GAND M DC LXXVIII
Dans ce tableau, qui forme la seconde partie de celui que nous allons décrire, on voit, symbolisés, les effets que produisit la prise de Gand annoncée par les
En suivant l’ordre indiqué, nous trouvons :
deux trompettes de la Renommée. La figure de femme qui est vêtue d'un manteau de pourpre, ayant à ses pieds un léopard et le livre de Machiavel, représente la politique des Espagnols et l’abaissement de leur monarchie. Un palais foudroyé marque le mauvais état des places fortes de l’Espagne; plus loin, les' colonnes d’Hercule, que Charles-Quint prit pour devise avec cette inscription : Nec plus ultra, qui, dans le tableau de Le Brun, est traduite par : Plus outre. Près de l’Espagne on voit un homme ébloui qui, de la main, couvre ses yeux, une femme tenant un compas et une règle brisée, et qui représentent la Ruse et le Conseil d’Espagne déconcertés. L’aigle de l’Empire, du haut des colonnes d’Hercule, fixe des yeux la foudre dont les carreaux sillonnent le ciel.
PRISE DE LA VILLE ET DE LA CITADELLE DE GAND EN SIX JOURS M DC L XXVIII
Ce tableau a pour complément celui que nous venons de décrire. Louis XIV, sous les traits de Jupiter, porté par un nuage, tient la foudre d’une main et l’égide de l’autre. La Flandre, représentée par une femme couverte d’un voile noir, est prise d’effroi à sa vue; auprès d'elle on voit la ville de Gand en pleurs, symbolisée par une jeune fille assise sur une fascine; sur ses genoux un lion appuie sa tête et ses pattes ; Minerve lui arrache les clefs de la ville qu’elle représente, ainsi que l’étendard qu’elle portait. Au bas du tableau, on voit un char triomphal auquel sont attachées des femmes qui portent des boucliers sur lesquels sont inscrits les noms des villes qu’elles symbolisent. On aperçoit dans le lointain le dieu Mars chassant la Discorde, l’Envie et la Fureur.