REZ-DE-CHAUSSÉE
Première galerie de THistoire de Franee.
Deux galeries adossées s'ouvrent sur le vestibule de la chapelle, dans lequel nous venons d'entrer (F. page 30); l'une est une galerie de sculptures ; l'autre, divisée en plusieurs salles et éclairée par des fenêtres donnant sur le parterre, est une galerie de peintures, dite : de V Histoire de France :
1" salle (2, plan II}. — (Les six premières salles formaient, sous Louis XIV, l'appartement du duc du Maine). Elle contient 22 tableaux, parmi lesquels nous citerons : N'' 10. Cliarlemagne présentant ses Gapitulaires, par Ary Scheffer (1827); plusieurs tableaux relatifs à saint Louis, par Rouget.
'i" salle (3, -plan II). — 26. Mort de du Guesclm, ^diV Brenet (salon de 1777).
3*^ salle (4, plan II). — 49. Prise de Brescia, par Larivière.
4" salle (5, plan II). — 52. Mort de Gaston de Foix à Ravenne,par Ary Scheffer, tableau exposé en 1 824, et qui compte dans l'histoire de l'invasion de l'école romantique.
5« salle (6, plan II). — Tableaux : par Brenet, 62; par Rouget, 66 et 68; par Odier, 71.
6« salle (7, plan IIj.— 98. 101. Deux tableaux de Van der Meulen.
7« salle (8, plan II). — Ici était autrefois l'escalier de l'aile du nord.
8* salle (9, plan Iï:.~ 155. 162. Tableaux de Van der Meulen. 164. Louis XIV reçoit Dangeau grand maître de l'ordre de Saint-Lazare, par Pezey; ce tableau curieux est la fidèle représentation de l'ancienne chapelle, remplacée depuis par le salon d'Hercule (K. p. 52). 166. Prise de Lérida, par Couder; ce tableau a noirci.
g'' salle (10, plan II). — 172. Lit de justice de Louis XV. 173. Départ du roi après le lit de justice. 177. Réception de l'ambassadeur turc, par Charles Parrosel. 178. Cavalcade du roi après le sacre. 180-181. Tableaux de Couder.
10« et 11'' salles (11 et 12, plan II). —Peintures de Vanloo\ Parrocel, L'enfant. 223, Loui^ XVI distribuant des secours, par Hersent (1817).
On arrive ici au pied de Tescalier reconstruit en 1851 (13, plan II) ; à droite, on entre dans la galerie de sculptures, adossée aux salles précédentes. Avant de s'y engager, on peut visiter la salle de TOpéra ; il faut pour cela s'adresser au gardien qui st^^tionne à l'extrémité de la galerie, près d'un corridor où se trouve l'entrée.
Salle de rOpéra.
(Plan IL)
Louis XIV, malgré son goût pour les représentations dramatiques, n'avait pas élevé de théâtre
dans son palais. La princesse d'Èlide^ de Molière, et Ylphigénie^ de Racine, par exemple, furent représentées sur des théâtres improvisés, dans les bosquets du parc (F. ci-dessous). Plus tard, ce fut dans les appartements, souvent même sans décors et sans costumes, que furent représentés les chefsd'œuvre de notre scène. Athalie, dit Louis Racine, fut exécutée deux fois, devant Louis XIV et Mme de Maintenon, dans une chambre sans théâtre, par les demoiselles de Saint-Cyr, vêtues de leurs modestes uniformes.
L'architecte Gabriel commença, en 1753, la construction de cette salle, par ordre de Louis XV, pour complaire à Mme de Pompadour, qui aimait beaucoup le spectacle; mais la favorite était morte et remplacée par Mme du Barry , quand la salle fut terminée, en 1770. Elle fut inaugurée, le 16 mai de la même année, pour le mariage du Dauphin avec Marie-Antoinette. Cette salle devait, dix-neuf ans plus tard, être témoin d'une fête dont les conséquences furent désastreuses pour la monarchie elle-même et pour le château de Versailles.
Le 2 octobre 1789, pendant que la Révolution grondait aux portes du château et que l'Assemblée nationale siégeait â quelques pas de là, les gardes du corps se réunissent dans un banquet aux officiers du régiment de Flandre; le repas est servi dans la salle de l'Opéra. « Les loges sont remplies de spectateurs de la cour. Les officiers de la garde nationale sont au nombre des convives; une gaieté
très-vive règne pendant le festin , et bientôt les vins la changent en exaltation. On introduit alors les soldats des régiments. Les convives, Tépée nue, portent la santé de la famille royale; celle de la nation est refusée ou du moins omise; les trom-
Salle de l'Opéra.
pettes sonnent la charge ; an escalade les loges en poussant des cris ; on entonne ce chant si expressif et^si connu : 0 Richard! o mon roi! r univers f abandonne! On se promet de mourir! pour le roi.... » {Thiers^ Révolution française. )Vour comble d'imprudence, le roi, qui rentrait de la chasse, et
la reine, portant dans ses bras le Dauphin, paraissent au milieu du festin , et leur présence vient augmenter encore ce délire, que l'infortunée princesse devait si cruellement expier. La cocarde nationale est arrachée, foulée aux pieds, remplacée par la cocarde blanche , que les gardes du corps continuaient de porter, ou par la cocarde noire, couleur de la maison d'Autriche, en l'honneur de Marie-Antoinette. Les gardes nationaux se retirent stupéfaits. Le bruit de cette fête se répand. Trois jours après, le peuple de Paris se met en marche pour Versailles ; quelques gardes du corps sont massacrés; le roi et la reine sont contraints de quitter ce palais, qu'ils ne devaient plus revoir.
Louis-Philippe fit réparer cette salle, et l'inauguration du théâtre eut lieu le 17 mai 1837.
Première galerie de sculptures.
(Plan II.) — (16. Notice du Musée.)
En sortant de la salle de spectacle , on revient dans la galerie de sculptures : cette galerie renferme les tombeaux et les statues des rois de France et des personnages célèbres , depuis Clovis II jusqu'à Louis XIV, moulés par la plupart sur les tombeaux de Saint-Denis. Au milieu de cette galerie est : 311 le Mausolée de Ferdinand V et d'Isabelle de Caslille, moulé en plâtre d'après l'original placé dans la chapelle Roya'e de l'église de l'Ange-Gardien, à Grenade. — Près de là se trouve
• l'entrée des salles renfermant les tableaux consacrés à rtiistoire des croisades. Elles occupent, avec la partie de la galerie de sculpture qui leur sert de vestibule, le rez-de-chaussée de l'ancien pavillon de Noailles et formaient autrefois l'appartement des personnes de la suite du roi, de la reine et des princes. Les plafonds et les frises sont décorés des armoiries des rois, princes, seigneurs et chevaliers qui prirent part aux différentes croisades, ainsi que des grands maîtres et des principaux chevaliers des ordres religieux militaires. L'ordre dans lequel on visite ces belles salles est absolument contraire à l'ordre chronologique des faits représentés par les tableaux qu'elles renferment, mais l'ordre chronologique lui même n'y. est point partout rigoureusement observé dans le classement des toiles.
Salles des Croisades.
(14-18, plan IL) — (17-21. Notice du Musée.)
!•■* salle (14, plan II). — 392. Baudouin couronné empereur de Gonstantinople, par Gallait (1847). 380. Bataille d'Ascalon, par Larivière.
2« salle (15, plan II). — 402. Guillaume de Clermont défend Ptolémaïs, par Papety (salon de 1845). 399. Gaucher de Châtillon défend seul, contre les Sarrasins, l'entrée d'une rue de Miniéh, par Karl Girardet.
Se salle (16, plan II). — Elle occupe toute la lar-
geur du pavillon de Noailles, du côté de la rue. des Réservoirs. On y remarque : des portes en cèdre sculpté et un mortier en bronze, provenant de l'hôpital des chevaliers de Saint- Jean, à Rhodes; deux statues couchées, en plâtre, de Pierre d'Aubusson (la tête est l'œuvre de Simart) et de Parisot de la Valette, et la statue agenouillée, en albâtre, de Yilliers de l'Isle-Adam, provenant de l'ancienne église du Temple à Paris. — (Sans n°). Bataille de las Navas de Tolosa, par Horace Vernet (salon de 1817). 428. Procession des croisés autour de Jérusalem, par Schnetz. 453. Prise de Constantinople par les croisés, 12 avril 1204, par Eugène Delacroix (salon de 1841); ce tableau du célèbre peintre coloriste a figuré à l'Exposition universelle de 1855. Il y a dans le cabinet de M. Ad. Moreau, à Paris, un tableau du même artiste, où ce sujet est traité d'une manière différente. Cette première composition a dû être modifiée et restreinte pour la place qui lui est assignée ici. 472. Levée du siège de Malte, par Larivière. 465. Levée du siège de Rhodes, par Odier.
4« salh (17, plan II). — 365. Bataille d'Ascalonj par Schnetz, 374. Prédication de la deuxième croisade, par Signol. 366. Godefroi de Bouillon, etc.... 376. Chapitre de l'ordre du Temple, par Granet.
S** salle (18, plan II). - 351 et 360. Passage du Bosphore en 1097, et Prise de Jérusalem en 1099; ces deux tableaux, par M. Signol, ont paru à l'Exposition universelle de 1855.