STATUE DE JEANNE D’ARC
11 faut plusieurs journées au visiteur qui veut parcourir dans tous leurs développements les immenses galeries superposées qui composent le Musée de Versailles. Plus de douze kilomètres s’étendent devant ses pas. Dix-
du roi Louis-Philippe, suffisent à peine à la reproduction de toutes les richesses qui couvrent ces murs. Même un simple catalogue passerait les bornes de cette modeste publication, où l’on ne doit chercher que des souvenirs pris çà et là dans ce vaste Temple de Mémoire.
Parmi tant de salles qu’une course rapide nous oblige à oublier, un mot cependant poulie magnifique ensemble de ces sévères galeries, où toutes les générations de notre histoire se dressent en pierre et en marbre. Les caveaux de Saint-Denis et d’Eu, le Musée des Augustins, les ruines de tous ces pieux édifices qui couvrent la France, ont envoyé à Versailles ces rois avec leurs sceptres, ces guerriers qui pleurent sur une épée brisée, ces héros à genoux, ces barons endormis à côté de celle qui fut la compagne de leurs jours.
11 est une de ces images de pierre devant laquelle la foule s’arrête silencieuse et pleine de recueillement. C’est la statue d’une jeune fille qui presse de ses deux mains une épée nue sur son cœur; c’est Jeanne d’Arc, cette humble fille des champs, qui a sauvé le nom français, qui, après avoir donné le signal de la délivrance de la patrie à Orléans, à Jargeau, à Patay, est morte à Rouen de la mort des martyrs. Elle a la pudeur, la modestie, la simplicité de son sexe, de son âge, de sa condition ; mais ses traits respirent une inspiration surnaturelle.
L’auteur de cette image simple et sublime est une autre jeune fille que le génie est venu chercher sur les marches du trône, et à qui l’on peut appliquer, non moins qu’à l’héroïne dont elle a retrouvé les traits, ce vers du poëte ;
Ostendent terris hanc tantum fata...
(Virg., Enéide, liv. vu)
huit volumes in-folio, publiés sous les auspices
ScTilplée parla, P”®® Marie d'Orléans,