‹ VersaillesChapitre 15 sur 23 · SALLE DES CROISADES · texte numérisé non relu

SALLE DES CROISADES

Pierre l’Erniile prêche la première croisade. — Dieu le veut!

Soit qu on juge les événements à l’influence Cju’ils ont exercée sur la marche de la civilisation, soit qu’on les apprécie en eux-mêmes, à la part qui revient à l’homme dans leurs causes, l’histoire ne présente rien de plus grand que les croisades. C’est le premier rapprochement de ces peuples encore barbares, étonnés d’être frères malgré la diversité de leurs mœurs , de leurs langages, de leurs climats ; 1a chrétienté se reconnaît, prend possession d’elle-même et marque sa place sur la terre. Sous l’étendard de la croix, elle pousse une victorieuse sortie dans le camp de l’islamisme désormais refoulé et réduit à se défendre. Et quel est le mobile de ces hommes, guerriers et prélats, seigneurs et serfs, rois et vassaux, se détachant à l’envi de tous les biens de la terre pour aller conquérir un tombeau dans un monde inconnu'? La foi seule les guide. Tout l’honneur de ce magnifique élan de l’humanité appartient à la France. Elle a fourni à la croisade ses prédicateurs, ses armées, ses chefs pendant plus de trois siècles, depuis Pierre l’Ermite et Godefroy de Bouillon jusqu’au pieux roi qui a trouvé la palme du martyr sur les rivages africains. Les croisades avaient nécessaireuient leur place marquée à Versailles. Parmi les salles consacrées au souvenir de ces grands événements, la principale, celle qui est représentée dans cette gravure, mérite de retenir longtemps les pas du visiteur. Les dessus déportés, plafonds, frises et pilastres sont ornés des écussons des familles qui ont été aux croisades; c’est l’armorial, le Livre d’or par excellence, de la noblesse française. Au milieu de la salle, on voit les portes de l’hêpital de Rhodes et un mortier en bronze donnés par le sultan Mahmoud au prince do Joinville.

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