JARDINS
DE
ÏRIANON
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(ARDINS de TRIANON
Vue de Ti'iaiiuii.
Triaiion n’était qu’un payiilon situé à l’extrémité du parc de Versailles, connu sous le nom de palais de Flore, lorsque Louis XIV chargea Mansart de lui construire dans cet endroit retiré un palais à ritalienne.
BUOZiLOiAjiC
frianoii, côté du jardin (ouest),
Saiiit-tSiniun a attaclié un
mteret ]iisfcori(|ue à l’une des fenêtres de ce jialais.
Visitant, pendant le cours de l’année 1671, les travaux de construction du grand Trianon, Louis XIV aperçut d’un coup d’œil qu’une des fenêtres était plus petite que les autres. Louvois soutint le contraire, et il fallut que Le Nôtre prouvât, le compas à la main, que le ministre avait tort. C’est à la suite de cette dispute que Louvois , résolu à faire quitter la truelle à Louis XIV, provoqua la guerre et l’incendie du Palatinat.
Les jardins, qui devaient, comme par le passé, contenir les plantes les plus rares, furent confiés aux soins de La Quintinie, le même qui a créé le magnifique potager de Versailles.
On retrouve au grand Trianon un peu de ce grandiose du parc de Versailles : de grandes allées et de grandes pièces d’eau. Mais rien dans l’aspect du palais ne donne l’idée d’une demeure permanente ; il se compose d’un rez-de-chaussée très étendu, sans étage au-dessus, sans toit apparent, et sans caves sous les appartements. Aussi ne fut-il jamais habité par aucun souverain depuis Louis XIV.
Ce n’est que depuis l’habile restauration du roi Louis-Philippe et les dépenses considérables qu’il a faites pour sauver le château de Trianon de ses ruines, que l’élégante villa construite par Mansart est devenue véritablement, une résidenci! royale.
Pont du liameai).
Louis XIV avait bâti le grand Trianon pour échapper à Versailles; Louis XV éleva le petit Trianon pour échapper au grand.
Le château du petit Triaiiou, bâti par Gabriel, n’est qu’un pavillon carré d<' 23 mètres environ sur chaque face. Louis XV destinait les terres voisines à l’établissement d’un jardin botanique, et la direction en fut confiée au savant Bernard de Jussieu. Antoine Richard rapporta d’Angleterre, en 1764, les arbres alors très rares qui forment les bosquets voisins du Pavillon
Un jardin anglais remplaça bientôt le jardin botanique ; on y voit des eaux qui serpentent sans suivre, comme à Versailles, des lignes régulières; des ponts de bois jetés entre deux rochers, ou des ponts en pierre d’une construction pittoresque, des rochers d’où sortent par milliers des plantes aquatiques, des sources qui alimentent les rivières; partout l imitation, on dirait presque l’affectation, de la nature.
Mais un seul souvenir remplit tout ce séjour; c’est celui de riufortunée ùlaric- Antoinette.
Sal-'D de musique.
Le nom de Trianon , dit M. le comte de Laborde, est inséparable de celui de Marie- Antoinette. Tout, dans ce lieu, rappelle sa grâce, sa bonté, ses malheurs. Ces arbres qu’on faisait planter sous ses yeux lèvent aujourd’hui leur tête dans les deux, et cependant on croit la voir encore errer sous leurs ombrages. Voilà bien la salle de musique où elle étu liait ses rôles, le théâtre où elle jouait, le hameau
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quelle avait fait construire; enfin la grotte où elle était assise quand on vint, le
Tonr de Marlboi'ongh, côté de la pièce d’eaii.
Le grand rocher et la grotte où se tenait la reine an 5 octuore.
ô octobre, lui annoncer l’arrivée du peuple à Versailles, et qu'elle put prévoir qu’elle ne reverrait plus cette demeure chérie !
Le plaisir de la comédie se mêlait aux champêtres occupations de Trianon» La reine aimait à paraître elle-même sur la scène, avec les duchesses de Polignac et
Pont du Meunier.
de Guiche; la troupe ne comptait qu’un homme, le comte d’Artois, et on n’ad-
Mciison du tueiinior..
mettait pour spectateurs que le roi, Monsieur, et les princesses qui ne jouaient pas. Pour animer un peu la salle, on faisait occuper les premières loges par les lectrices, les femmes de la reine, leurs sœurs et leurs filles.
Le rôle de Collette, dans le Devin du village, fut un des mieux joués par la reine.
On représenta aussi le Roi et le Fermier, Rose et Colas, le Sorcier, ï Anglais à Bordeaux, le Barbier de Séville .-Ag.
Lorsque Paul P*' vint en France en 1782, la reine lui donna un souper à Trianon et en fit illuminer les jardins. Des terrines, cachées par de grandes planches peintes en vert, éclairaient les massifs. Quelques centaines de fagots, allumés dans le fossé derrière le Temple de l’Amour, jetaient une grande clarté qui rendait ce point le plus brillant du jardin.
En 1785, Marie- Antoinette fit bâtir à Trianon un hameau tout entier. On y trouve la ferme, le presbytère, la laiterie, le moulin du meunier, l’habitation du
Le Presbytère.
seigneur. La reine y venait souvent, bergère pour quelques heures, oublier dans ces jeux champêtres les calomnies et les soucis qui la poursuivaient.
Marie- Antoinette, M’"^ Élisabetli, et ses deux amies, madame de Polignac
et rinfortiince Lamballc, toutes ces douces et nobles images régnent encore dans les jardins de Trianon.
Ni le temps, ni les révolutions qui se précipitent, n’effaceront tant de souvenirs pleins de charme et de tristesse ; partout ils suivent et souvent guident les pas du visiteur sous ces ombrages qui invitent au recueillement.
.Vai^on du Seigneur.