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franchise de Le Nôtre, qui, en récompense de ses travaux, ne voulut jamais accepter d’autres armes qu’une pelle et un râteau. A côté de Le Nôtre, il faut encore citer l’illustre Perrault, Mausart, les sculpteurs Coyzevox, Girardou , Puget, Coustou, dont les travaux font l’ornement du parc.
Bassin de l’Automne.
Nous ne tenterons pas de donner ici une description détaillée des bosquets et des bassins. Les consciencieuses publications de Félibien et de Piganiol de La Force ne laissent rien à désirer à cet égard, et nous nous bornerons à y renvoyer le lecteur désireux de connaître et d’étudier les richesses sans nombre que couvrent les ombrages du parc. Quelques souvenirs recueillis chemin faisant défraieront tout notre récit.
Un mot d’abord sur le singulier emplacement qui fut choisi par Louis XIV pour exécuter toutes les merveilles hydrauliques que nous admirons à Versailles : il n’avait eu garde de tenir compte des obstacles que lui opposait la nature, et c’est sur le sommet d’un plateau qu’il fit jaillir du sol ces jets qui se croisent en tous sens. Que d’efforts n’a-t-il pas fallu pour projeter dans les airs ces masses d’eau venues de cinq, six et dix lieues à la ronde ! Le sol sur lequel on marche dans les jardins est une sorte de parquet posé sur des voûtes innombrables : des canaux, des aqueducs souterrains reçoivent de tous côtés les eaux, qu’ils concentrent dans d’immenses réservoirs d’où par des milliers de tuyaux elles sont distribuées dans les différents bosquets du parc. Pieu n’égale d’ailleurs l’art fpii a présidé à leur
fiménageinent. En descendant des réservoirs, elles se montrent d'abord dans les points les plus élevés, et se répandent ensuite dans les antres. Les mêmes eaux que nous avons admirées dans les bassins de l’Orangerie, reparaissent successivement dans les bains d’Apollon, l’Allée d’eau, la fontaine du Dragon. Il faut les suivre dans ce parcours jusqu’à leur dernier niveau, et attendre là que la totalité des masses amoncelées de tous les côtés vienne produire dans le bassin de Neptune le plus merveilleux, le plus imposant de ces effets successifs.
Bas-iii de Neplune.
Une vaste avenue, coupée par plusieurs bassins , s’étend devant les fenêtres de la galerie de Louis XIV, et se prolonge bien au delà des limites du parc par le grand canal ; tel est le point de vue principal ménagé par Le Nôtre, et ouvert par cet artiste, sans le consentement préalable du roi, à travers les ombrages des bosquets de Louis XIII, si cliers à son fils. A droite et à gauche de cette large tranchée furent tracés, sur des dessins toujours variés, un nombre égal de bosquets ou de salles de verdure peuplées de statues et de vases de marbre au milieu desquels se jouent partout des eaux jaillissantes.
Il ne faut pas apporter dans la visite des jardins de Versadles le goût des plaisirs sans faste accommodés aux exigences du temps où nous vivons ; il faut, pour se complaire dans tout ce grandiose appareil , se transporter par le souvenir au lendemain des guerres de la Fronde, aux plus beaux jours du règne et de
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lii société du grand siècle, au temps où Molière décrivait les plamrs de We
Bosquet de la Reine.
enchantée, ou les lestes et divertissements du rcy à Versmlles, dnisés en trois jour nées et commencés le 7 du mois de may de Van 1664.
Allée latérale au nui d de l’Oranyei ie.
Nous donnons ici la vue des bosquets qui servirent de théâtre à ces divertisse-
ments ; ils sont représentés tels qu’ils existaient à l’époque de leur création, d’après les tableaux du temps, par Cottel.
Mademoiselle de La Vallière , pour qui semble avoir été fait ce vers de La Fontaine
El la grâce, plus belle encor que la beau le,
était alors l’âme de toutes les fêtes de Versailles ; c’est à elle que s’adressaient les vœux mal dissimulés du roi et les hommages de la cour.
Qu’on s’imagine cette intéressante personne dont la pénitence a fait oublier les fautes, assistant le 8 mai I 664 à la représentation de la Princesse d'Élide. Chacun saisissait avec empressement les allusions galantes que Molière avait répandues dans sa comédie[: on reconnut sans peine mademoiselle de La Vallière dans la princesse dont la hère indépendance repousse les soupirs d’amants dévoués; Aristomène et Théoele rappelèrent les efforts impuissants de Fouquet et de tant d’autres; Dangeau figurait dans le personnage burlesque de Moron.
Que dut éprouver l’âme sensible de La Vallière, disputée entre le devoir et l’amour , lorsque toute la cour applaudit au triomphe du jeune Euryale, s’associant à l’intention qui avait dicté ces vers au poète :
Un cœur ne commence à vivre Que du jour qu’il sait aimer.
Quelque fort qu’on s’en defende.
Il y faut venir un jour ;
Il n’est rien qui ne se rende Aux doux charmes de l’amour.
Madame de Sévigné a dit en parlant d’elle, à quelques années de là :
Enlèvement de Proserpine.
Groupe de Girardon, lire du bosquet de la Colonnade
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“ Cette petite violette qui se cachait sous l’herbe, honteuse d’être maîtresse, honteuse d’être mère, d’être duchesse. » Et elle ajoute : » Jamais il n’y en aura sur ce moule. «
Parmi les bosquets qui n’existent plus aujourd’hui, le Labyrinthe est un des plus vantés dans les écrits du temps ; on voit, d’après la description que nous en a laissée Piganiol, qu’il se composait d’une infinité de petites allées tellement meslées qu’il était difficile de les suivre et de ne pas s’égarer. A chaque détour, dit le même auteur, on rencontre une fontaine ornée d’un bassin de rocaille fine, où l’on a représenté au naturel une fable d’Esope, dont le sujet est marqué par une inscription de quatre vers. Ces vers sont de feu Benserade. — C’est sur l’emplacement de l’ancien Labyrinthe que se trouve aujourd’hui le Bosquet de la Reine.
Du Labyrinthe on passait dans l’ancienne Ile d’Amour, aujourd’hui le Bosquet du Roi, qui, par l’imitation de la nature, forme contraste avec tous ceux qui l’en-
Jardin du Roi.
tourent et marque une révolution dans l’art des jardins; c’est l’école romantique (le Kent substituée à l’école de Le Nôtre. Le Bosquet du Roi fut construit pendant le rigoureux hiver de ISIb; au printemps un riant jardin, à l’imitation du
parc d’Hartwell, avait remplacé les marécages infects et les ruines qui marquaient la place de l’ancienne lie d’Amour.
Nous citerons, parmi les bosquets qui ont été conservés dans leur état primitif, celui des Bains d’Apollon, composé en 1778 par Robert. On y voit, sous une grotte artificielle taillée dans le roc, le groupe d’Apollon et des nymphes, chefd’œuvre de Girardon, qui a été chanté par La Fontaine parmi les merveilles de la Grotte de Téthys, où il avait d’abord été placé.
L’Orangerie doit occuper une place à part. C’est tout un monument de près de 1,000 mètres de développement, flanqué de deux immenses escaliers de trois cents marches. Rien n’égale l’aspect imposant de cette majestueuse construction, qui, vue de la route de Saint-Cyr, se présente comme le soubassement du palais ; elle fut exécutée par Mansart de 1680 à 1688 sur l’emplacement même de celle qui n’est plus connue C|ue par les jolis vers de La Fontaine.
Orangerie de Versailles.
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