‹ VersaillesChapitre 5 sur 23 · LM3S · texte numérisé non relu

LM3S

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C’est à la suite de la fête que le malheureux Fouquet donna à Louis XIV dans sa magnifique terre de Vaux, que le jeune monarque résolut d’élever à la royauté une demeure qui fût sans rivale. De préférence à Meudon et même à Saint- Germain, dont la vue et les souvenirs l’attristaient, il choisit l’emplacement du petit château où son père entretenait ses équipages de chasse. Le site lui plaisait; il lui convenait d’ailleurs de tout créer dans son palais. Les premiers travaux remontent à l’an 1 660. Des fêtes magnifiques signalèrent, dès cette époque, les fréquents séjours de Louis XIV à Versailles ; mais il ne s’y fixa définitivement avec toute sa cour qu’en 1682. Les immenses constructions du palais de Versailles ont occupé tout son règne, et sont venues successivement, sans plan préconçu, se grouper autour du manoir de Louis XIII, qui forme encore aujourd’hui la façade de la Cour de Marbre.

Le tableau de Martin, qui est daté de 1722, présente dans leur achèvement tous les grands travaux ordonnés par Louis XIV : la construction nouvelle, qui enveloppe le petit château de Louis XIII ; les deux ailes du nord et du midi ; la Chapelle ; les deux pavillons avancés de la Cour d’Honneur. La chambre à coucher du roi et ses autres chambres forment le centre même de tout cet édifice. La reine et le Dauphin habitaient la partie centrale du château, qui a vue sur l’Orangerie et la Pièce d’eau des Suisses; les enfants légitimés , les princes de Coudé, de Conti, le gouverneur des enfants de France, occupaient le côté opposé; l’aile du midi servait de logement aux enfants de France et à la famille d’Orléans. Les ministres et plus de deux mille familles attachées à la maison du roi se partageaient les Communs et toutes les autres parties du palais.

Lolli^ XiV visitant les iravaux de Versailles.

IULES HÂRDOUIN-MÂKSAR T

La construction du palais de Versailles ne fut l’œuvre ni d’un jour, ni d'un homme. Nous avons déjà nommé l’architecte Lemercier, qui éleva, à l’imitation du château de Richelieu, le manoir rectangulaire de Louis XIII. Après lui. Le veau attacha son nom aux premiers embellissements de Versailles. C’est lui qui en 1661 donna les plans de la grotte de Téthys, bâtiment latéral qui n’est plus connu aujourd’hui que par les vers que Lafontaine lui a consacrés. [Amours de Psyché, t. I.) L’œuvre de Mansart ne commence qu’en 1674. Ne pouvant obtenir de Louis XIV la permission de faire disparaître les restes de la demeure de son père, il l’enveloppa de cette magnifique construction qui prend jour sur les jardins. Sur ses plans s’élevèrent successivement les petites et les grandes écuries, l’aile du midi et celle du nord; on lui doit enfin la Chapelle de Versailles. Jules Hardouin-Mansart fut l’architecte de ce siècle, si favorable aux architectes. Il a été le principal ministre des prodigalités du grand roi dont les palais ont épuisé la France. Le cordon de Saint-Michel , l’office de premier architecte, surintendant des bâtiments, arts et manufactures, une immense fortune furent la récompense du constructeur du palais de Versailles et des Invalides. Après Mansart, et avant d’arriver au règne du roi Louis-Philippe et à son architecte le respectable P. N. Fontaine, il reste à nommer Gabriel, architecte du théâtre et de Trianon ; c’est lui qui avait été chargé par Louis XV de lui soumettre un plan destiné à convertir en boudoirs les grands appartements; la mort du roi sauva Versailles d’une semblable restauration.

Dans le tableau de Philippe de Champagne, que la gravure a reproduit, Mansart se trouve associé à Claude Perrault, à qui nous devons la colonnade du Louvre. Peut-être doit-on regretter que l’auteur de ce chef-d’œuvre n’ait eu qu’une part secondaire dans les travaux et l’ornementation du palais de Versailles.

L’ŒlL-DE-BŒUF

Nous entrerons dans le palais de Louis XiV par la salle de l’Œil-de-Bœuf, qui précède la chambre à coucher du roi. Cette pièce était primitivement divisée par une cloison ; d’un côté la chambre à coucher de Louis XIII, de l’autre un salon obscur, ne recevant le jour que par l’ouverture qui a finalement donné son nom à cette antichambre du monarque. Sous Louis XIV, on la nommait salle des Bassans, à cause de quatre tableaux placés au-dessus des portes. C’est là que la noblesse française accourue dès le matin attendait patiemment des journées, des années, des vies entières, le caprice du maître. Que d’angoisses, que de rivalités devant cette porte qu’une naissance royale , un brevet ou une faveur longtemps sollicitée permettaient seuls de franchir !

La salle de l’Œil -de-Bœuf a conservé son ancienne décoration . On y remarque encore les amours qui régnent sur la frise dorée, et en particulier le tableau qui est reproduit sur cette feuille. Ce sont les emblèmes et les attributs des dieux de l’Olympe ; mais les vastes perruques dont ils sont affublés font reconnaître sous cette transparente allégorie Louis XIV en Apollon , un peu au-dessous Marie-Thérèse en mère des amours, entourée des enfants de France, et derrière le roi la grande Mademoiselle en Diane.

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