CHAMBRE A COUCHER DE LOUIS XIY
Ce fut vers 1700 que Louis XIV prit pour sa chambre à coucher le salon où il s’habillait aux jours de cérémonie. Cette pièce a été rétablie telle qu’on la voit dans les tableaux du temps. On a heureusement retrouvé presque tous les meubles qui l’ornaient, le lit brodé par les élèves de Saint-Cyr, la balustrade dorée et infranchissable près de laquelle se tenait le capitaine des gardes, les quatre Évangélistes en dessus de porte et le buste de Marie-Thérèse. Le plafond, d’abord uni, a été remplacé, en 1815, par la Chute des Titans, de Paul Véronèse; la voussure, enrichie de trophées, de caissons, de rosaces dorées, date du règne de Louis-Philippe.
Les souvenirs se pressent dans cette enceinte célèbre. Le dernier éclat du dixseptième siècle est là tout entier avec le grand roi, sa cour, ses ministres, ses généraux, son confesseur, ses poètes et ses écrivains , le Dauphin et le duc du Maine, Monsieur et le duc de Chartres, le fils de Colbert et Louvois , Luxembouro- et Villars, successeurs de Condé et de Turenne, le duc de Beauvilliers et le duc de Vendôme, le maréchal de Villeroy et le père Letellier, Molière et Racine, Boileau et Mansart; puis enfin la sévère Maintenon, et cette aimable duchesse de Bourgogne, tout le charme, toute la vie de cette cour vieillie.
A cette même place où le roi Louis XIV a vécu entouré de tant d’hommages, il est mort le 1^^ octobre 1715 à huit heures un quart du matin. Des revers, des pertes cruelles avaient assombri ses derniers jours. 11 avait survécu à son fils, à son petit-fils, à son arrière-petit-fils; de toute cette royale postérité, il ne restait qu’un enfant de cinq ans. Soulagez vos peuples le plus que vous pourrez, lui » disait-il à l’heure où les grands rois eux-mêmes sont humbles, et faites ce que “ j’ai eu le malheur de ne pouvoir faire moi-même. -
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