THÉÂTRE
Sous Louis XIV il n'y avait point de théâtre à Versailles : à chaque fête nouvelle, une salle en verdure et en boiserie s’improvisait suivant la saison, dans la Cour de Marbre, dans les jardins, dans les bosquets, sur la pièce d’eau. Ce ne fut qu’en 1753 qu’une salle d’opéra fut construite dans l’aile du nord, sur les plans de Gabriel ; elle fut achevée en 1770, et inaugurée la même année pour le mariage du Dauphin, depuis Louis XVI, avec Marie-Antoinette. Dix-neuf ans plus tard, cette même salle devait s’ouvrir une dernière fois, le L*’ octobre 1789, pour le repas donné par les gardes du corps aux officiers du régiment de Flandre. Arrêtons-nous à la date de cette triste nuit, célèbre par les serments , les protestations, les chants enthousiastes des derniers serviteurs de la royauté. Vaines clameurs, qui ne défendirent pas cette royale demeure de ces hôtes barbares des 5 et 6 octobre. Depuis la fête des gardes du corps, la salle du théâtre était restée silencieuse, abandonnée , fermée au jour. A ses murailles étaient encore suspendus des lambeaux de décoration, des devises, des guirlandes de fleurs, lorsque le roi Louis-Philippe vint pour la première fois visiter ces lieux. Tous ces tristes vestiges disparurent; ces loges, dont chacune avait fourni des victimes au bourreau, se garnirent de nouveaux spectateurs ; Corneille, Racine et Molière reprirent possession de la scène.
La salle est ornée, dans son pourtour, de trente- trois ^colonnes ioniques, dont les intervalles, remplis par une élégante balustrade, divisent la partie réservée aux spectateurs en douze vastes loges,
Plafond de la salle de l’Abondanee.