Versailles
N a publié, à maintes reprises, des recueils de planches composés de motifs décoratifs du Châ- , et la curiosité
teau de Versaille
nces des ar-
du public, les exig tistes et des constructeurs ne se lassent point d’en désirer d’autres encore. Élevé par le goût français dans la période la plus
somptueuse de son histoire, mo-
difié et embelli par l’âge suivant, ce grand édifice cons-
itue un répertoire presque inépuisable pour qui veut connaitre nos trois styles modernes, Louis XIV, Louis XV ations. Il fau-
et Louis XVI, et s'inspirer de leurs cré drait des milliers de planches pour utiliser d’une façon complète cette extraordinaire richesse accumulée par deux siècles d’art; et l’on est toujours partagé, quand on s'occupe d’y faire un choix, entre l'agrément qu'on
éprouve à révéler au public des morceaux inconnus ou peu remarqués, et le regret de n’en pas faire connaitre
davantage
I1 faut laiss à nos succes
eurs le plaisir de
quelques découvertes. Ce qui doit surtout solliciter
notre diligence, c’est d’écarter les morceaux suspects et
restaurés et de présenter avec des dates, autant que
possible précisées, des documents atifs. Sur ce point, un goût nouveau s’est éveillé, qu’il est tout à
fait légitime de satisfaire. [1 n’y a pas longtemps encore,
ces œuvres d'époque fort différente restaient confondues
qui les reproduisaient. On ne s’inquiétait guère de connaître les noms des artistes modestes qui avaient collaboré aux grands ouvrages des architectes, apporté, par exemple, aux plafonds de Charles Le Brun ou de François Lemoine leur encadrement harmonieux de bronze et de stuc, et revêtu les chambres royales de leur parure de bois sculpté. Les désignations appliquées
par la tradition aux pièces intimes des appartements restaient fort incertaines, déconcertaient les curieux attentifs, et ne permettaient pas toujours aux amateurs its des
d’anecdotes historiques de suivre sur place les ré mémoires relatifs à l’ancienne Cour. De même, une érudition trop hätivement informée, en datant arbitrairement l'exécution d’un décor, quelquefois à vingt ou trente ans de son époque véritable, donnait à l’histoire de l’art des indications propres à égarer les architectes dans leurs reconstitutions et les historiens dans leurs recherches. Notre temps est avide d'informations exactes
et prend intérêt à l'étude des traditions des ateliers
décoratifs comme à celles des lentes transformations des
styl tout le monde a besoin sur ces divers points de
précisions véridiques.
Nous avons tenté cette enquête pour la construction et les œuvres d’art de Versailles, et nous avons commencé d'établir l’histoire de chaque série de travaux sur des
bases chronologiques rigoureuses. Les sources de ce tra-
vail ont été les correspondances et mémoires du service
des Batiments du Roi conservés aux Archives nationales, et ses admirables registres de comptabilité, dont la partie relative au règne de Louis XIV a été publiée d’une façon incomparable par M. Jules Guitfrey, tandis que la partie relative à Louis XV et à Louis XVI reste encore inédite et mériterait d’être au moins analysée méthodiquement pour toutes les maisons royales. Cette invesde Versailles, sur celles du moins qui sont demeurées à peu intact ains aux
tigation, qui a porté sur les parties essentielles
prè a permis de substituer des renseignements
suppositions vagues ou inexactes dont on était obligé de se contenter jusqu'alors. Nous en avons fait connaitre, depuis vingt ans, les résultats en divers
ouvrages; ils ont fini pas
imposer même aux travaux
de vulgarisation et fourni la première base solide aux
études sur l’art de Versailles, dont l'intérêt ne semble
pas près de s’épuiser.
Il semble inutile de placer en tête de ce recueil,
dont la destination est bien délimitée, le résumé détaillé
de l'histoire de ces lieux illustres, telle qu’elle est sortie
des recherches récentes. Nous allons publier, cette année même, le premier volume de l'Histoire du Château de Ve et où l’on trouvera, exposées et commentées dans leur
illes, où seront coordonnés nos travaux antérieurs
suite chronologique, les diverses transformations de l'édifice et des jardins qui le complètent. Dès à présent,
des ouv
ges de proportions moindres, rédigés à des
points de vue fort différents, mettent à la disposition
des lecteurs les résultats principaux acquis par l’érudition. Les livres de MM. André Pératé, Gaston Brière,
Édouard Cazes suffisent à satisfaire la curiosité du public le plus divers. Ces études sont écrites avec un sérieux souci d’exactitude et un sens véritable des besoins de notre temps. Il n’est done plus permis de visiter sans un guide autorisé et sûr, que chacun peut
choisir à son gré, la maison royale qui demeure parmi
nous comme l’image de la monarchie absolue et le andeur.
témoignage de sa
Du logis de chasse élevé par Louis XIII, sous
la direction de son « architecte général > Salomon de Brosse, et que le duc de Saint-Simon appelle fort
exactement « un petit château de cartes », il ne reste
presque rien, contrairement à ce qu’on croyait au xix° siècle. Quelques murs en pierre et brique, encastrés dans les parties intérieures du Château, les
façades de la Cour de marbre, qui ont d'ailleurs été
rebâties et décorées à nouveau par Mansart, voilà tout ce qui permet d'évoquer la construction primitive. De l'œuvre de Le Vau, premier des architectes ison
transformer la me
employés par Louis XIV ancienne et à créer le brillant séjour de fêtes de
sa jeunesse, beaucoup de parties sont conservée
Elles assurent à ce grand artiste une place considérable dans les souvenirs de Versailles. On retrouve son ouvrage à peu près intact dans les quatre pavil-
tion des secré-
lons de l’avant-cour, réservés à l'habi
taires d'État et que Mansart a réunis par un bâtiment de même architecture. L' «enveloppe » dont Le Vau avait entouré le «petit château » a déterminé l’ordon-
nance générale de toutes les grandes façades du côté des jardins. tions de Mansart ont surtout
onsisté dans l'agrandissement en hauteur des fenêtres
Les modifi
du premier étage, qui sont devenues cintrées, et en l'installation d'une galerie à la place d’une terrasse centrale. Mais la gloire de Mansart est assez éclatante
dans Vers
ailles pour laisser paraître, sans être amoindri lle de son prédécesseur. I1 a complété le Château
par l’adjonction des deux grandes ailes, doublées par
’autres sur les rues et reliées par des pavillons aux
ailes des jardins. Du côté de l'Orangerie, ouvrage du même maître, l’ensemble des bâtiments se présente
dans une harmonie majestueuse. La dernière construcpoque de Louis XIV fut la chapelle, dont le comble vient rompre assez brusquement la ligne
tion de |
générale; il est permis de penser qu’elle se fût mieux accordée avec un arrangement définitif des
toits du Château, qu'on avait rêvé un moment de
recouvrir de combles immenses.
Mansart avait également projeté (et l'on a 1 plans de ce projet) de transformer entièrement les facades du côté des cours, afin de les mettre d'accord,
par les proportions et le style, avec l’ensemble du
nouveau château et aussi avec les vastes bâtiments d écuries qui font face, sur la Place d'armes, à l'habitation is
royale. Ces plans furent poursuivis, à travers tout le
xvrn° siècle, par les architectes du Roi. Ils ne reçurent
ne
un commencement d'exécution qu'à la fin du ri de Louis XV. Gabriel, qui venait de construire, à
l'extrémité de l'aile du nord, la grande salle de
étruisit dans
l'Opéra,
déjà décidée sous Louis XIV,
la «cour royale > l'aile droite de Le Vau. Il la remplaca par le grand pavillon de pierre à fronton et La
détresse financière, qui sévit à la fin de l’ancien
colonnade qui masque aujourd'hui la chapel
régime, puis les événements de la Révolution mirent
obstacle à l'achèvement de ces travaux. Sous Napo-
léon I”, l'architecte Dufour construisit le pavillon de gauche qui fait équilibre à celui de Gabriel; et, le travail s'étant arrêté, Versailles y gagna de conserver
intactes les principales parties de son décor central,
qui sont parmi les plus heureuses.
lelles sont les principales indications qu'il est nécessaire de donner tout d'abord au visiteur de Verale, à la
sailles, et qui l'initient, d’une façon géné
sion des travaux antérieurs à la fin de l’ancien
succ:
régime. À partir de cette époque, Versailles a cessé d'être un centre de production artistique, et l’on n’a
plus noter que pour mémoire les quelques rema-
niements du temps de Napoléon et les appropriations modernes faites pour l'installation du grand Musée
historique de Louis-Philippe. La Galerie des Batailles, seule, œuvre de Nepveu, est une création originale,
des-
à laquelle on peut ajouter, si l’on veut, la sall tinée à la Chambre des députés, construite au milieu
d'une cour laté
réunions de
l’Assemblée nationale
le, qui sert de nos jours aux
ou Congrès. Les
planches réunies dans cet ouvrage, comme dans la plupart des recueils similaires, n'accordent aucune place aux œuvres décoratives du xix° siècle, et nous n'avons fait nos emprunts qu'aux parties plus anciennes, en les choisissant, autant que possible, dans celles qui fournissent les inspirations utiles et les
renseignements les mieux datés.
Si l'on parcourt le Château de Versailles suivant
un itinéraire logique et avec une suffisante connais-
sance de l’histoire des lieux. l'étude des motifs déco-
ratifs qui s'y rencontrent gagne un inté
t plus grand.
Nous devons conseiller de n’y point pénétrer par le vestibule de la Chapelle, qui fait aujourd’hui l’entrée la plus fréquentée du Musée. Pour prendre une idée juste de la topographie inté
ieure des apparte-
ments royaux et de l'ancienne disposition, il faut
iscalier de
entrer par l'Escalier de marbre, dit aussi l”
la Reine, qu'on trouve à uche de la Cour royale.
Le Grand Esca
lier proprement dit, qu'on appelait faisait face à
encore Escalier des Ambassadeurs,
droite et a disparu en ce n'était, au reste,
émonie et l’on ne s'en servait
qu'une entrée de cé
pas habituellement. En haut de l’Escalier de marbre, au contraire, on trouvait d'un côté la salle des Gardes duRoi,-…de l'autre, “celle des Gardes de Ja Reine,
accès naturel aux deux appartements.
C'est en 1681 qu'a été construit l’Escalier de marbre (pl. 101); le groupe doré d'enfants soutenant le chiffre du Roi, qui occupe la niche du palier, est
l’œuvre de Massou; les bas-reliefs de métal, au-dessus
des portes, sont de Massou et Legros et datent ég
lement de 1681 (pl. 102). La peinture latérale est fort postérieure et a été faite comme pendant à l'ouver-
ture à balustres, qui n'appartient pas au dessin primitif de l'escalier et fait partie des remaniements
ordonnés
du Roi.
à Mansart en 1701 dans les appartements
Cinq portes s'ouvrent sur l’ensemble du palier. Des deux portes de face, l’une donne accès dans la
ande salle des Gardes du Château, qu'on nommait le « magasin >» et qui, entièrement modernisée, est consacrée aux souvenirs napoléoniens; l’autre monte, par un escalier moderne revêtu de stuc, aux salles de l’attique Chimay et de l’attique du Midi, où le Mus
a fait ses installations les plus récentes et où
notre recueil n’a rien eu à emprunter. La porte de droite conduit dans la salle des Gardes de la Reine,
première pièce de son appartement. Sur la gracieuse
loggia revêtue de marbre ouvrent, à droite, le petit appartement entièrement défiguré, qui fut celui de M*° de Maintenon, et, à gauche, l'appartement du Roi, tel qu'il a été constitué par Louis XIV à partir de l'installation de la Cour en l’année 168
La première pièce est la salle des Gardes, qui
n'a conse d’ancien que sa cheminée, sa corniche
et les chambranles autrefois dorés des portes et des
fenêtres. Il en est de même dans la première anti-
chambre, appelée aussi, sous Louis XIV, la « chambre
où le Roi mange » et où avait lieu le « grand cou- Roi »;
arrocel, qui s’y
vert du toutefois, les tableaux
de Joseph trouvent encore, ont été posés en 1687. La porte à droite de la cheminée a été ouverte,
la
quand on a fait, des deux pièce
qui sui
pièce unique de l'Œil-de-bœuf. La salle des G et la première antichambre s'éclairent d’un côté sur a Cour de marbre, de l’autre sur les petites cours de médiocre apparence, où donnent aussi les fenêtres des cabinets intérieurs de la Reine.
Ce n'est qu'en 1701 que la partie importante du Château, dans laquelle nous entrons à présent, a pris
a disposition que nous lui voyons. L'antichambre de
l'Œil-de-bœuf, ou seconde antichambre, a été formée
de deux pièces : à gauche, le « salon des Bassans »,
orné d'œuvres du peintre vénitien; à droite, l’ancienne chambre à coucher du Roi. L'Œil-de-bœuf a conservé sa décoration complète (pl. 103-107); les tableaux seuls y ont été changés. Sur la grande che-
minée apparaît un buste de Louis XIV, la plus noble
-vox. Les ciselure
peut-être de ses images, par Co) s sont de Julien Lochon;
la corniche de stuc, à I
doré
les sculptures sur bois
sont dues à Taupin, Bellan, Legoupil et Dugoulon;
sspingola. Mais une œuvre
est ici hors de pair : c’est la magnifique frise de
stuc doré représentant des jeux d'enfants et qui fut
l'inté-
exécutée, en 1701, dans un atelier installé rieur de l'Orangerie, par Van Clève, Hardy, Hurtrelle,
pl. 105-106).
Flamen, Poirier et Poultier
Lespingo
tte composition, d’un mouvement si tout est facile à étudier du côté le mieux
élégant et d’un art si libre, qui annonce dé
e XVII‘ siè éclairé, où elle est justement la plus parfaite, vers le mur de la Galerie des Glaces. On y sent, comme en d’autres parties de ce Versailles rempli de motifs
empruntés à l'enfance, la réalisation d'un ordre de ouis XIV à Mansart: « Qu'il y ait de l'enfance partout ». C'est à juste titre que ce salon tient une grande
place dans les souvenirs de l'histoire monarchique,
comme elle en tenait dansla vie habituelle du Ché
teau. L'Œil-de-bœuf servait de passage pour rejoindr a Grande Galerie, artère centrale du Château, con-
duisant à la fois chez la Reine et aux « grands
appartements » du Roi du côté de la Chapelle. Mais
i le salon d'attente pour être admis devant
c'était aus.
e Roi, soit dans la chambre à coucher où avaient rémonies quotidiennes du lever et du cou-
ieu les c
cher et les audiences publiques, soit dans le cabinet du Roi, tré
sentations de dames, aux prestations de serments, aux
ervé aux audiences particulières, aux pré-
contrats de mariage honorés de la signature de Leurs
Majestés, et à quelques autres réunions d’étiquette. La chambre où mourut Louis XIV, le 1* sep-
vée comme chambre de parade
tembre 1715, fut cons
par ses successeurs. Elle avait été faite en 17071 sur l'emplacement du salon central du Château, décoré à neuf à l’occasion de l'installation de 1683, et que
des sur la
Mansart avait ouvert alors par trois ar Galerie. Le balustre doré a été retrouvé au Gardemeuble et replacé au milieu de la pièce; quant au
ai—
lit, une petite toile exposée dans la salle du + grand
couvert » en fait connaître la forme exacte à qui ne veut pas se contenter de la restitution du temps de Louis-Philippe, restitution plus qu'arbitraire et qu'il
faudra sans doute sacrifier un jour. Des tableaux
anciens qui concourent à décoration de la pi
quatre seulement s'y trouvaient sous Louis XIV,
« Évangélistes » de Valentin; aucune peinture n°
it au plafond, préparé cependant pour en recevoir.
La sculpture dorée sur fond blanc offre un exemple bien complet de la richesse encore un peu lourde de l'art de la première époque. Tout le fond appartient
au remaniement; les deux Renommées assises tenant
et la France veil-
une trompette sont de Lespingo
lant au-dessus du lit du Roi, de Nicolas Coustou
pl. 112). Au reste, c'est bien la décoration de la chambre habitée par Louis XIV pendant les quatorze dernières années de sa vie; les cheminées seules ont
été refaites sous Louis XV, avec un certain effort
pour ne pas rompre l'harmonie du décor ancien.
Le Cabinet du Roi, appelé aussi Cabinet du Conseil, est d'un art complètement différent, ce qui ne saurait
étonner, puisqu'il est postérieur de plus de cinquante
ans à la Chambre à coucher. Revêtu de boiseries
et de glaces, avec ses deux larges panneaux sculptés
accostant la cheminée à bronzes
dorés et portant au centre des petits bas-reliefs symboliques, il offre Louis XV à Versailles. Il occupe l'emplacement de deux pièces con-
le modèle par excellence de l’art
temporaines de la Chambre, le Cabinet de Louis XIV et son «Cabinet des perruques », qui s'éclairaient sur
la petite cour intérieure. On le cro)
it de la Régence
ou d'une époque assez voisine; on sait aujourd'hui
qu'il n'a été exécuté qu'en 1755, et le sculpteur
Antoine Rousseau y a laissé peut-être son chefd'œuvre.
IË
rie la petite, dans les cabinets intérieurs du Roi,
grande porte de glace donne accès dans la Gale qui ont été complètement transformés par Louis XV.
Ils s'étendaient derrière les « Grands Appartements » autour de la cour dite « Cour des Cerfs > et de deux
des meilleurs
cours plus petites. Une grande part
morceaux que nous puissions réunir de cette époque
se trouve dans ces pièces délicieuses, au milieu des-
quelles l'époque Louis XVI a apporté d'heureux enrichissements. Les trois premières chambres ont été décorées par Jacques Verberckt, qui a partagé avec
Rousseau les plus importants ouvrages de boiseries
confiés, au cours du règne de Louis XV, aux ateliers
des sculpteurs du Roi. La chambre à coucher date
e 1738, l’année où Louis XV cessa de passer la nuit
ans l’ancienne chambre de son aïeul devenue trop
ncommode et désormais conservée seulement pour le
srémonial. Elle est telle que Louis XVI l’a laissée, sauf
que les dessus de portes y ont été changés et que
e balustre en a disparu. La boiserie à été mise en
»lace par Verberckt, trois ans après celle de la chambre
i coucher de Marie Leczinska (pl. 128-132). La frise et l'encadrement de l'alcôve ont été remaniés au milieu du règne de Louis XV. Sous une des tapisseries récemment posées dans l’alcôve, s'ouvre la suret dont la dorure s’achevait à peine lors
renante garde-robe exécutée pour Louis XVI en 1 et
des journées d'octobre,
qui chassèrent de Versailles
la royauté (pl. 133-137} On ne saurait trop goûter
es inventions ingénieuses et les raffinements d'exécution qui s'accumulent en cette toute petite pièce, une des plus instructives du Chateau.
a pris sa forme actuelle
6o, en même temps que le cabinet
Le Cabinet de la Pendule seulement en 1:
d'angle qui le suit. Les panneaux décorés de sujets en
ba
reliefs sont cependant plus anciens et Verberckt
les a posés en même temps que ceux de la chambre
à coucher de Louis XV. On vient de rétablir des dessus de porte qui s'accordent par leur encadrement
comme par la peinture avec le style de la pièce (pl. 138-
144). Quelques précieuses consoles y figurent, ainsi que la pendule astronomique inventée par Passemant et
exécutée par Dauthiau en 1749, et dont la boite de
bronze fut ciselée par J. Caffiéri. On signale ce meuble
par exception, car il avait été placé dès 1754 dans ce salon, alors ovale, et qui doit à la pendule fameuse le nom sous lequel on l’a désigné jusqu’à nous. Le cabinet d'angle ou Cabinet intérieur du Roi (cabinet de travail), n’est pas moins parfait que celui de la pendule; les jeux d'enfants sculptés dans les cartouches y sont même d’une exécution plus parfaite. Deux dessus de porte de bois sculpté paraissent un ouvrage de Rousseau, inséré au moment des remaniements dans l’œuv
d'ensemble de Verberckt (pl. 152-156).
loutes ces parties si précieuses de la décoration intime de Versailles ont subi, en effet, des modifica de l’habitation, et quelques pièces ont même été
nombreuses dues aux né sité
tions asse
refaites
plusieurs fois au cours du règne de Louis XV, ce qui oblige à distinguer avec soin les morceaux d’époques diverses qui s'y trouvent utilisés généralement avec un art exquis. Nous avons étudié aussi complètement que possible ces transformations continuelles dans un ivre spécial, fait tout entier sur des plans manuscrits et des documents d'archives, qui est intitulé : Le Château de Versailles au temps de Louis XV. On y verra se cons-
tituer, à côté de l’arrière-cabinet du Roi, voisin du
petit réduit de la chaise, l'appartement destiné à Madame Adélaïde, sur l'emplacement de la « Petite Galerie » décorée par Mignard et du palier de l’Escalier des Ambe de l'appartement de la princesse le somptueux cabinet,
sadeurs qu'on démolit avec elle. Il reste
dit cabinet de musique, dont le décor est de deux
époques fort distinctes de la carrière de Verberckt,
‘ensemble remontant à 1753 et les grands panneaux à trophé (pl: 145-148). Le Salon dit des Porcelaines a été l'objet de nombreux
datant seulement de 1
remaniements, qui ne sont pas terminés de nos jours.
intre les deux salons, la bibliothèque de Louis XVI
à Ëé lee la place de la chambre à coucher de
Madame Adélaïde.
deslouSs ExXVIMANVE
a première du style qui en porte le nom, et le
t la première création du règne
sailles (pl. 149-150); ce n'est pas
de bains tout voisin, avec sa capricieuse sculpture et
sa dorure à plusieurs ors
TÉSE
lame déjà plus de
’art Louis XV. Il date de 1769, moment où le Roi a annexé à son appartement tout ce qui avait été donné sur cet étage à Madame Adélaïde.
L'appartement privé du Roi était desservi par un
escalier encore muni de sa magnifique rampe de fer
le Cabinet de la Pendule
forgé, et qui débouchait vers par une antichambre carrée dite « antichambre des chiens », où ont été utilis
certains motifs du temps de Mansart, tels que les cadres ronds soutenus par des
remaniements ont altéré aussi la charmante
aigles. D pièce voisine, la « Salle à manger des Cabinets du Roi » (pl. 160), réservée aux repas de famille, alors que les soupers des retours de chasse se donnaient dans la partie du Château appelée « Petits Cabinets », où l’on montait précisément par l'escalier à rampe de fer. Les « Petits Cabinets > ou « Petits Appartements >» du Roi,
créés à l'usage de Louis XV, contiennent encore des
spécimens curieux d’un art plus intime que celui du premier étage. [ls ont subi aussi des appropriations
diverses, à l'occasion desquelles leur décor a été souvent changé; ils présentent aujourd’hui assez exactement ’aspect qui leur fut donné, lorsque Mme Du Barry
y vint habiter, et c'est le souvenir de la favorite qui
eur fait attribuer le nom sous lequel on en parle d'ordinaire.
Le contraste est saisissant au sortir de ces étroites et basses pièces, où semble se marquer l’amoindrissement de la monarchie, avec les splendeurs de la oyauté de Louis XIV, telles que les étale la Grande
Galerie. Elle a été décorée et peinte de 1680 à 1682, et les deux salons qui la complètent ont été achevés, les années suivantes, sous la direction du Premier Peintre Charles Le Brun.
Le plafond célèbre présente, en trente tableaux de dimensions diverses et disposés au milieu d’ornements et
de figures d’une extrême richesse, l’histoire de Louis XIV, de 1661 à 1678, racontée de la façon allégorique familière aux artistes comme au publie de son siècle. C’est une page d'histoire fort instructive, en même temps que le plus grand ensemble de décoration peinte qui existe en France.
La sculpture y tient une place presque égale. On sait les noms des sculpteurs qui ont travaillé, dans la Galerie et les salons de la Guerre et de la Paix, soit aux sculptures de stuc qui rè
gnent le long de la relief de plomb doré placés au-dessous, soit aux célèbres «chutes d'armes »
corniche, soit aux trophées en ba
de bronze doré appliquées sur les marbres. Les Comptes des Bâtiments mentionnent : Buirette, Caffiéri, Clérion, Coyzevox, Lecomte, Legeret, Legros, Lespagnandel, Massou, Proust, Tubi, etc.: mais on ne délimite guère la part de chacun de ces artistes, qui collaborèrent souvent en association et qui tous, d’ailleurs,
suivaient les dessins imposés par Le Brun. Les notices
de nos planches relèvent autant que possible les noms
que les Comptes permettent d’attribuer aux diverse parties de la décoration (pl. 75-85). L’orfèvre Ladoi-
reau a fondu la plupart des bronzes; le ciseleur qui a encadré les glaces de Venise et fait tous les menus ouvr:
Cucci. Enfin, les chapiteaux des pilastres, modelés
ges de cuivre de la Galerie est Dominique
par Philippe Caïfiéri, appartiennent à un ordre éphémère d’architecture, qu'on appela l’ « ordre français » (pl. 75), et dont l'invention avait paru nécessaire à Le Brun pour compléter la nouveauté d'un ensemble qu'on voulait rendre unique au monde. La Galerie
fut toujours somptueusement ornée de statues, vases, tables de porphyre et meubles sculptés; mais le fameux mobilier d’argent fait aux Gobelins pour la garnir,
n’y demeura pas longtemps, puisqu'il fût envoyé à la
Monnaie en 1690, pour subvenir aux f
vis de la guerre
contre la Ligue d’Augsbourg. Les vases de bronze de
a g Ballin dans les jardins, les grands cartons de tapisseries exposés dans le Musée et où sont peints beaucoup de ces objets d'argent, permettent seuls aujourd’hui de se faire une idée de cet ensemble, dont 1!
perte reste à jamais regrettable.
Le Salon de la Guerre, dont la décoration tout
entière est composée d’attributs belliqueux ‘et dont les
peintures sont de Le Brun (pl. 71-74), est orné d’un
ouis XIV à cheval, énorme bas-relief de plâtre par Coyzevox ; le marbre qui devait le remplacer ne fut pas achevé, et les esclaves et les Renommées qui l’accompagnent ne furent pas fondus en bronze. C'est le seul oint du décor de Versailles où se soit conservé un état rovisoire et où la matière noble n'ait pas apparu.
1ivent sont demeurés
Les Grands Appartements qui fameux par les récits qui nous content les bals et les ivertissements de la Cour de Louis XIV. Ils ont été de tout temps visités par les étrangers, et le mobilier ne à celui de la Galerie. On admirera moins que ne le faisaient les guides imprimés
e cédait pas en richess
du xvur siècle, les peintures décoratives des plafonds
Îles sont par endroits un peu défigurées par les restaura-
ions et, d’ailleurs, trop inférieures aux modèles italiens u’elles rappellent. Le plafond d’Apollon (ancienne celui
chambre du Trône) (pl. 69-70) est de Lafos de Mercure (ancienne chambre du Lit) (pl. 67-68
36 à =D : à i est de J.-B. de Champagne: celui de Mars pl. 64-66
est d’Audran, Houasse et Jean Jouvenet: celui de
Diane (ancienne salle du Billard) (pl. 61-63) est de Blanchard, Audran et Lafosse; ceux de Vénus et de l'Abondance (pl.