‹ VersaillesChapitre 2 sur 46 · de Houasse. Les murs ten · texte numérisé non relu

de Houasse. Les murs ten

dus de tapisseries recevaient les tableaux du Cabi-

: > oi : : : S net du Roi, qui ont fait le premier fonds de la

collection du Louvre. La sculpture est la partie décorative la plus intéressante de ces appartements de réception; quelques-unes des figur

s de stuc qui encadrent

les peintures, comptent parmi les meilleurs morceaux

du Versailles antérieur

Mansart. Les vantaux de porte, au chiffre et aux emblèmes du « Roi Soleil », sont, en partie au moins, de Cafféri,

et les cuivres, de Cucci (pl. 60-62,69); les motifs de l'ornementation se rapportent à la désignation mythologique de chaque salle et au sujet du plafond. La porte, qui fait face à la fenêtre dans le petit salon de l’Abondance et

ouvrait sur l’ancien

binet des médailles du Roi,

1 été faite sous Louis-Philippe, avec quelques morceaux anciens.

Plusieurs portes de ces appartements sont peintes

en trompe-l'œil, ainsi que les deux perspectives du Salon de Vénus. 11 y a quelque chose de déconcertant

à trouver ces défauts dans un ensemble aus

si soigné.

1 faut voir du côté des intérieurs, deux des anciennes sortes de l'Escalier des Ambassadeurs sculptées seulement au revers, et qui s'ouvrent à droite dans le Salon deux

de Diane, à gauche, dans le Salon de Vénus. C

ièces ont gardé toute leur décoration de marbre. Dans a niche de la seconde, se dresse la statue de Louis XIV en empereur romain, par Warin: elle s'y trouvait

autrefois. Au Salon de Diane, le buste du Roi, p

F >ernin, couronné par des amours et le socle accosté de

trophées de bronze doré, occupe alement son ancienne

ace: ce buste date de 1665 et lé petit monument, fait

en 1685, est des sculpteurs Mazeline et Noël Jouvenet

(pl. 63).

Le xvin° siècle a joint aux Grands Appartements

un salon admirable qui les complète dignement. Bien

que construit sous Louis XV, le salon d’'Hercule, conçu par Robert de Cotte, reste dans l'esprit des grandes créations de Louis XIV (pl. 53-56). Vassé a travaillé de 1729 à 1734 à la décoration de bronze, comprenant l'ensemble de la cheminée, les pilastres t autrelois

et le grand cadre sculpté que remplissa

« Le Repas chez Simon », de Paul Véronèse. «1 théose d'Hercule » a été peinte au plafond, sur toile

marouflée, par Lemoine, qui acheva en 1736 cet

énorme travail, bien restauré au XX siècle. Dans la pensée des architectes de Louis XV qui démolirent alier analogue

l'Escalier des Ambassadeurs, un € iti plus loin, de manière à aboutir à

devait être rel ce grand salon, qui eût été l'entrée d'honneur chez le Roi, et qui n’est demeuré en réalité, le plan n'étant point réalisé, qu'un salon de passage pour

se rendre la chapelle.

Une surprise heureuse nous attend encore ici, car après avoir parcouru des décorations où dominent la couleur des marbres et l'abondance des stucs dorés, la

re blanche du vestibule de la chapelle n’est

simple pie pas sans majesté (pl: 49-52). [outes les sculptures y sont de pierre, y compris les statues de « La Gloire > par

Vassé et de « La Magnanimité » pat Bousseau; elles ne

font que mieux ressortir les boiseries dorées, largement

grandes portes. Tout ici date des dernières one de Louis XIV, la chapelle et le salon nt été terminés seulement en 1710.

dessinées, de

années du t

qui la précèdent a L’entr principale de la chapelle est par le vestibule du rez-de-chaussée, que décore le marbre de Coustou représentant le « Passage du Rhin» (pl. 31-53).

La Chapelle de Versailles est un monument reli-

eux justement célèbre On peut prendre, de la tribune

üe

royale, une idée générale de l'architecture intérieure

et de la voûte peinte par Jouvenet, Antoine Coypel et

Lafoss mais, dans cet ensemble d’une rare unité,

chaque détail serait étudié utilement (pl. 34-47): Des bas-reliefs de pierre et des « trophées d'église >, comme on disait alors, décorent presque toutes les surfaces et, malgr

de du Roi à la fin du règne de Louis XIV. L'arcade

é leur parfaite harmonie, représentent l’œuvre

a plupart des sculpteurs employés par les Bâtiments

centrale porte une « Gloire céleste adorée par les Anges > de Van Clève, à qui l’on doit les sculptures du maïitre-

autel, y compris le bas-relief du retable. Les autels des

chapelles latérales ont des bas-reliefs de bronze posés sous Louis XV par les sculpteurs les plus renommés du milieu du siècle. On peut donc trouver en ce précieux édifice, surtout si l’on réunit par la pensée les œuvres d’art qui le décorent extérieurement (pl. 10-16), une sorte de musée de la sculpture française au dix-huitième siècle.

Une autre grande construction spéciale se attache,

comme la chapelle, aux premiers plans d'ensemble du château définitif. Mais elle n'a été exécutée que beaucoup plus tard, et avec autant de lenteur que Robert de Cotte avait mis de promptitude à élever l'édifice sacré. C'est la grande salle de théâtre qui manqua longtemps à Versailles pour les représentations d'opéra. On aperçoit, au bout de la galerie de sculpture, la porte dorée

mais l'accès de la salle

qui conduisait à loge roya

se t par un escalier moderne d'un fort beau dessin,

nt le nom de son architecte,

qui porte dans l’us coure

3 et inaugurée

Questel. Commencée par Gabriel en 1 ù l'Opé temps, pour la plus somptueuse den

seulement en 1770, la le de à a passé, de son

urope; mais les

transformations qu’elle a subies sous Louis-Philippe,

puis comme salle de séances de l’Assemblée Nationale

On n’a rien touché

de 1871, en ont altéré le ca ctère:

toutefois aux sculptures de Pajou et de Guibert, et le

vec ses hauts-reliefs de Pajou. Des

foyer est resté intact diverses salles de théâtre qu'a possédées le Château, ce fut la plus importante et cest la seule qui n'ait pas été détruite.

Nous devons revenir du côté du midi pour parcouri les Appartements de la Reine. La Grande Galerie était

séparée du

lon de la Paix par une porte volante qui I !

s'enlevait aisément lors des cérémonies ou des grandes

fêtes de cour. En temps ordinaire, ce salon était la F première pièce de la Reine et servait de « salon de jeux >.

[1 avait été achevé en 1683 et orné d’un plafond peint

et de bas-reliefs analogues à ceux du Salon de la Guerre,

mais se rapportant tous à de S6-

symboles pacifiques (pl. 71,

7). Le tableau de Lemoine fut placé seulement en 1729 et représente le jeune Louis XV donnant la paix à la France.

Un très b

de la première époque est lourni p

au spécimen du grand style Louis XV r la Chambre de la

Reine, qui a été faite pour Marie Leezinska en 1

pl. 88-94). On n’a malheureusement conservé qu’une seule des trois grandes glaces qui s’y trouvaient, Louis-

Philippe ayant voulu y placer trois tableaux de dimen-

ons énormes, que nous avons dû enlev

pour les

remplacer par des tapisseries contemporaines de la pièce.

Natoire et De Troy ont peint les deux dessus de por et Boucher, les quatre camaïeux du plafond qui représentent 1

s vertus des reines. Quelques sculptures du plafond, et notamment les beaux ouvrages d'angle où se voient les aigles couronnés, ont été refaites en 1770. pour la dauphine Marie-Antoinette. Les anciens travaux

de sculpture, panneaux, portes, embrasures, glace,

sont de Verberckt, les autres, d'Antoine Rousseau. On a tendu récemment de Gobelins de «l'Histoire du Roi» la pièce suivante, dite « Salon des Nobles », qui a conservé son plafond peint par Michel Corneille sous Louis XIV

05). Elle est une de celles qui ont

la déco-

subi les remaniements les plus remarquable

ration des lambris a été renouvelée en 1785, comme et les

‘indiquent encore la glace et les chambranles

sculptures du plafond ont aussi été retouchées et redoré à cette époque. La « Grande Antichambre », où la Reine mangeait au Marie-Thér Les voussures, peintes par Vignon et Paillet, remontent au centre du plafond a été placée, au dix-neuvième siècle, une copie ancienne «€ a « Famille de Darius », par Le Brun; et c’est au début du vingtième qu'on a installé la tenture des Gobelins qui

grand couvert, fut d'abord, au temps de

e, la salle des gardes de son appartement.

à l’origine de cette pièce

couvre les parois (pl. 96-98). Quant à la Salle des Gardes

de la Reine, elle a conservé intacts ses grands revêtements

marbre et son plafond tout entier de Noël Coypel,

ans lequel des personnages de cour regardent par-dessus

une balustrade (pl. 99-roo). C'est une des pièces les

lus complètes du Château et qui se relie, par son archi-

tecture comme par la date de sa construction, à l’Escalier

de marbre que nous rejoignons ici.

Les petites pièc Reine », et à tort aujourd’hui « Petits Appartements », doublent l'appartement sur deux étroites cours inté-

appelées jadis « Cabinets de la

rieures et s’y relient par plusieurs portes dont quelques-

unes sont condamnées. Ils comprennent deux cabinets à niches de glaces, l’un dit la « Méridienne », l’autre, e « Grand Cabinet intérieur de la Reine »: deux bibliothèques, deux cabinets plus petits et une salle de

bains. Ils existaient avant Marie-Antoinette, mais ils ont été remaniés pour elle et à diverses reprises, de 1772 à 1783 (pl. 119-127). La pièce la plus récente, et aussi a plus importante par sa décoration, est le Grand [e ‘antique et annonce déjà une transformation de style

abinet, dont maint détail révèle le triomphe de

(pl. 119-123). C'est l'œuvre des frères Rousseau, fils d'Antoine, qui ont dû f.

Appartement » de Marie-Antoinette placé au rez-de

eries du « Petit

ire aussi les bo

chaussée, et qui a été par malheur entièrement détruit

On ne saurait

à l’époque de l'installation du Musé

mieux se pénétrer des grâces particulières de l’art

Louis XVI, qu’en étudiant de près ces cabinets où bronzes des fenêtres, des portes et des cheminées égalent ; dont ils reprodui-

en perfection la sculpture de bois dor sent parfois le dessin.

L’Aïle du midi contenait, au rez-de-chaussée et au

premier étage, des appartements qui devaient posséder

des merveilles, car elle était destinée à loger les princes du sang. Il n'y reste plus rien aujourd'hui de l’ancienne décoration, sauf en quelques pièces dépendant l’on visite le Chàteau au point de vue de l’art décoratif, on peut se

de la Chambre des Députés, et,

calier des Princes. I1 donnait

dispenser de dépasser l’E

accès à cette partie si noblement habitée de Louis XIV

de-

Louis XVI et qui renferme aujourd’hui au rez

chaussée les galeries de l'Empire, au premi Galerie des Batailles (pl. 157). Le plafond de l’escalier a > et refait, mais il y a sept beaux bas-reliefs

été abais d'enfants, de quatre types différents, sculptés au moment de la construction de l’aile par Mansart de 1678 à 1681.

Le corps du Château ménage, au rez-de-chaussée, quelques beaux sujets d'étude dans ce qui reste des

appartements de Mesdames et du Dauphin. On y descend par l’Escalier de marbre, d’où l’on! gagne le vestibule du château primitif de Louis XIII, placé sous

ées d’an-

a chambre de Louis XIV et où sont r ciennes colonnes de marbre de Rance. L'appartement occupé en dernier lieu par Mesdames, filles de

Louis XV, et qui s'étend à l'angle de la terra, et e long du parterre du Nord, avait été à l’origine « l'Appartement des Baïns », célèbre sous Louis XIV

par sa richesse et dont il ne reste plus que quatre

volets, conservés par un singulier hasard dans la pièce qui contint jadis la euve de marbre des bains. Une partie de cet appartement fut comprise dans celui où s'installa en 1752 la marquise de Pompadour, et qui du vestibule de la chapelle; presque rien n’y reste de l'époque de la favorite. Du

avait sa sortie pr

côté de Mesdames, il n’y a qu’une pièce qui ait gardé une partie importante de sa magnifique décoration ;

c'est la pièce d'angle, qui était le grand cabinet de

Madame Victoire et qui fut construite en 1761. Partout ailleur Louis-Philippe a produit les destructions les plus mal-

l'installation des portraits de maréchaux sous

heureuses.

De l’autre côté de la « Galerie Basse »,

ppartement

du Dauphin, qui ouvre ses dernières fenêtres sur la

terrasse de l'Orangerie, est un peu mieux conserv

La décoration en remonte à 1747, époque où il fut s de Louis XV. La première pi a gardé que sa frise et ses anciens chambranles ; la

aménagé pour le f

chambre à coucher a encore d'importantes parties de

sculpture dorée, dues à Verberckt, et une chemin

ont les bronzes, « Flore et Zéphire », sont de Jacques

Le Caffiéri. Au salon d'angle, appelé le grand cabinet du Dauphin et situé sous le Salon de la c

a été refaite d’après celle qu’a gardée le cabinet €

la corniche

Madame Victoire, qui est symétrique de l’autre côté

de la façade, sous le Salon de la Guerre. À côté, bibliothèque du Dauphin, faite seulement en 1755, à conservé ses glaces, ses armoires, le délicieux décor en

bois sculpté de la fenêtre, et n’a perdu que la peinture

en vernis qui la recouvrait toute entière. Dans le c

net voisin, sont quelques anciens lambr dignes d’être

débarras:

ss des couches de peinture qui les défigurent. Il faisait partie d'un autre appartement, celui de la Dauphine, qui est entièrement modernisé et dont

lentrée était au pied de l’Escalier de marbre. On juge

a par le recueil, beaucoup mieux que par

ce rapide exposé, quel merveilleux ensemble d'art décoratif il est permis de retrouver à l'intérieur du Château. Malgré tant de transformations et tant de mutilations subies à travers les temps, il n'y a pas de palais, à l'exception de celui du Vatican, qui renferme encore tant de chefs-d’œuvre de la grande décoration et tant de modèles des arts mineurs. La fusion et la pénétration réciproque des diverses formes artistiques, dans l'unité d’un style, ne peuvent être nulle part étudiées avec plus de fruit, et quelques journées méthodiquement consacrées à cette étude en apprendront plus au visiteur que bien des livres, sur l’activité de la France pendant les siècles où son goût a régné sans

conteste sur l'Europe.

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