‹ VersiculetsChapitre 5 sur 24 · A ALFRED VALLETTE · texte numérisé non relu

A ALFRED VALLETTE

AU VILLAGE

Pauvre bêle, pauvre Mignonne, Nous te devons bien un adieu, Toi, si courageuse et si bonne !

Tes pareilles vivent trop peu.

C'est un deuil dans notre demeure.

Nous ne t'aimions pas à moitié !

Ton pauvre maître qui te pleure, Si tu le voyais, fait pitié.

Quoiqu'il n'eût pas grande richesse, L'an dernier, il avait eu soin.

Pour le repos de ta vieillesse, De t'acheter un petit coin.

Tu l'avais compris, pauvre bête, Et, s'il passait sur le chemin, Tu présentais ta bonne tête, Et lui le flattait de la main.

De la haie écartant la branche, Oh ! qu'il aura le cœur serré De ne plus voir sa jument blanche Venir à lui du fond du pré !

Mignonne, adieu. Ta lâche est faite !

Tu dors dans le royaume noir.

Repose en paix !... Chacun répète :

Mignonne a bien fait son devoir.

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