‹ Versification et métrique de Ch. BaudelaireChapitre 36 sur 47 · Dans les Po&iei · texte numérisé non relu

Dans les Po&iei

l. Lrs Papillons [ibîd .

&. ■ Cesl - Th. Gnulier et t Mme Àm cible Tastu que revient l'honneur de nous avoir dotés de ce rythme, qu'ils ont pris, nous Vivons dit, à l'Italie- • (W. Téninl, ÏV& . p, ISi.)

1)15 CU. U.VLDKLÀIRE.

el un autre grand ami de Baudelaire, Àsaélinean, avait restaure ou plutôt instauré lo pantoum 1 .

Baudelaire n'était pas, et ne fut jamais, un poète érudit comme Sainte-Beuve ou Th. de Banville, un retrouveur de vieux rythmes; il frequentail peu ou point les anciens poêles, dont il ne parle à peu près jamais, mais c'était un acharné chercheur de nouveauté, et ces petits puûmes d + autrefois qu'on exhumait eL qui alors paraissaient tout neufs lui donnaient à penser, d'autant plus que leur brièveté concordait avec son goût pour les pièces courtes et concentrées,

En outre ces poèmes avaient l'avantage d'être presque tous à refrain et par suite de comporter des effets Je répétition, mais des effets plus variés qu'on n'en pouvait trouver dans la chanson, où le poète se contente le plus souvent d'un refrain toujours le même, el qu'il se dispense généralement d'adapter aux vers qui précèdent, se reposant sur le musicien pour établir entre les notes le rapport qui manque entre les mois.

Au contraire, dans la plupart des poèmes â forme fixe (rondel, rondeau, triolet, ballade, chant royal, villanelle), si la refrain est toujours le même, il y a un élément de variété dans la façon dont il est rattaché à l'ensemble avec lequel il doit faire corps : * Le grand art. dit Th. de Banville, est que le refrain, .» soit ramené sans efibrt, sans contoumemenl, non comme une vaille apposition, mais dans une phrase dont il fasse aisément, et rigoureusement partie. J'insiste lei pour la dernière fois sur la nécessité de bien attachée te vers refrain, nécessité qui est la même pour tous les poèmes dan s lequel il joue son charmant rôle de rappel de couleur et d'harmonieux écho- p.

i- Le pantoum des Odes funambulesques^ Mùnsclet ctautomne (1858), est; dil Banville [Commentaires de* Odes fltnantèvl* qu> s, p, 22 ■ -nd qui

ait .h' écrit en En toujours d'après Banville, te panloura aura.II été

révélé on France par les Lr&ductions de poèmes malais que V. Hugo a publiées clans les Notes des Orientale*. D'après ùtm poèmes, ÀsseliaeStU aurait ensuite écrit lu premier pantoum. (Cf. La-dôasus Mes So . j ', el le Petit

Traité de poi rise.)

9, Th. de Banville, Petit Traité, p. 186.

VERSIFICATION El

l m autre type est représenté par le pan to ara ou U refrain varie sans constitué par La reprise des deux vers

de chaque strophe dans la strophe suivante.

En revanche ces poèmes avaient pour Baudelaire un grave

ient, relui d'exiger, -i cause |" ni de la fixité

de leur forme, une souplesse de- main dont il était dépourvu*

Pour l invention et l'agencemonl des rimes, notamment, il

fallait une dextérité que notre poète, d'après tout ce que nous

avons vi i n'était | I it de déployer* L'étade île

sis sonnets, bd particulier, nous a montré que la rigueur do

■ trop absolues û était pas faite pour lui convenir, Pour-

i] si-miile qu'il ait fait divorses tentatives poui

en ce qui concerne !<■> poèmes en question; ce fui généralemenl and succès.

Unai il s'esi ss£ rire une pièce en lerza rima, celle

nui serl d'épi ecueiJ dea i il n'a pu aller au-

delà de 15 vers, cl encore s'esl-il arrêté en négligeant de

donner a sa pièce la conclusi 'égulière et en laissant une

rime in

I>h même, exemple plus caractéristique e ncore", ffaa

jS) est un essai maladroit (non pas malheureux, car la pièce, telle quelle, est très belle) <l«* pantoum. On y trouve le misme essentiel <lu pantoum, la reprise du - et du V vois de chaque strophe à la t" el à la 3 plaée de la strophe suivante. Mais la i écrite toui entière sut primes, ce qui

n'eal pas indiqué, accrotl sansQiffkul ûtgjet fait

que Baudelaire n'.i pu aller au delà de la j strophe. On n'y distingue pas non plus lest] en m sens qui devraient su poursuivre parallèlement au cours du poème. Les rimes son! embrassées au lieu d'être croisées et î< premîervers du poème ne revient pus clore la strophe finale.

C r e rattacher remploi par Baude-

laire de sirop] drées par un vers refrain, strophes à la

lin desquelles revienueul les éléments initiaux; telles sont

il»

les strophes de '» vers du type suivant, où le l" vers rime avec le 3 a et se trouve répété à la 5 e plaee :

Les soirs illuminés pur l'ardent 1 du charbon }

Et les soirs au batcoû voilés de vapeurs roses,

Que ton sein nvâlail doux! que loti cceur m'était h>>n !

Nous avons dit souvent d'impérissables choses,

Les toirs illuminés pop Fardeur du charbon! M?

D'où vient cette forme, dont Baudelaire, avec de légères variantes, a fait un usage assez fréquent, forme tjttî esl chez lui caractéristique, et qui a joui ensuite d'une certaine faveur diez divers poètes de marque!

Selon nous, elle doit être rattachée aux poèmes à forme fixe, ai considérée comme un dérivé du triolet. Il est probable, que, là encore. Th. de Banville joua un rôle important. Prenons par exemple an des triolete des Cariatides \ IB42) :

Si fêtait te zéphyr <tii>\

J*irain mourh ■ boucho.

Ces voiles, j'en aurais la - lé,

Sa jYtatg le zéphyr ailé.

li ks fites seins pour qui je brûlai,

le me glisserai dans la couche.

Si fëtcfo te téphyr i

4*1} fie.

Supprimez dans ce huitain la répétition du milieu, ne répétez à la Un que le premier vers au lieu des. deux premiers, et vous aurez la strophe de S vers tjue Th. de Banville inaugura dans !" Silhouette du 2-ï novemire 1845

Si t

Il boirait les pleurs de l'Aurore,

Et | ■ - ■ i j. ■ In- sur le aein de i i i

Il renaîtrai! h •

s. .h faux col sérail sa corolle,

El d'un lys aurait la couleur;

.1 en ferais des bouquets a Kolle,

Si Limayrda devenait

MËTMLU'E

Ce Fut cette strophe de 8 vera que Baudelaire réduisit à o,

tique essentielle La i êpétiUou

du vers initial à la *£n Son premier essai en fui Lesboî (Ép.),

tarât en 1880 dans tes Poèiesda VÂtnour, reçue

■ns, publié par Julien Lerner' ; il y revinl dans

Mu'xta <*f Errabum ' ; dans VJrrq 1888;

rsibiiité (45) 18S5; dans te Balcon (37), 1857; dans

UMm&trt (Ép.)i 1866

Mais, dans cet! relie de l'effet par la répétition,

Baudi subi que l'influence des poèmes à

forme Gxe restaurés par Th. de Banville uu de leurs dérivés.; el il faul ici, comme S propos de l'allitération, mentionner une influence étrangère qu i à atténuer un pou la

rigidil si la trop parfaite symétrie du Parnasse.

La répétition est un des principaux lés poétiques

d'Edgar Poe; c'est peut-être Le plus caractér > tout

ii.ll an I de tous, relui que remarque de prime

ir le moins averti II < i sl Impossible de parcourir,

même rapidement, l'œuvre du poète américain, et spéciale-

1 1 > ■ s 1 1 ■ ■ . in verrais volontieM iinns I ^ gonm I de Josêphln

Souiw ■ li . in

dériva du r

un: '

Vriume

i a ii u ■■ ■■■ i \ m

i bHsi on 'lu notai sa sesor, t'sJ

Co para

DE CH, BALillELAinE

ment ses dernières poésies, sans en être frappé; <* c'est le repetend, c'est-à-dire la répétition en des vers successifs de la

même construction ou des mêmes mois avec des changements plus ou in DÎns variés ; c'est, si Ton veut, la variante systématiquement transformée en procédé prosodique, ou parfois môme le leû tuohv appliqué â la poésie 1 ». Su rtout à partir de 1843, et p articulièrement en j 84o, c' est chez Edgar Poe un procédé si .liabituet-et si co nalani amaLJu L arrive~~d e re prendre des poésies anUkioarus pour y introd uira de tels effets de répétition et de refrain.

A priori, il serait bien étonnant, quand on sait l'intimité du commerce intellectuel qui unit pendant vingt ans (4846-61) Poe et Baudelaire, leur commune recherche de l'originalité à tout prix -5 , qu'un procédé si familier à l'auteur américain et d'autre part correspondant si bien au tempérament poétique du poète français, n'ait exercé sur celui-ci aucune influence. Dans une pièce antérieure à sa connaissance de Poe (!• puisqu'elle est elle-même antérieure à 1 8 1 3 l , les Yeux de Bertke (90), Bau delaire nvail déjà essayé d'une tonne de ilieji où Lûo pourrait, ai Ton n'était averti par les dates, voir une iiniiulion d&itae :

fi"f(.r yeux de mon anfa-nt, p&r ob BJtre et s'enfuit Je ne sais quoi Je bon, de doux comme La Nuit! Beaux ytux, versez sui moi toi charmantes tén&breal Gi.-iHth ffftix t.fr mon enfant, arcanes adorés,,... fllwi tnfant a des yeux obscurs, profonds el castes, Comme toi, Nuit immense, éclairés comme tûiî.i*

t. E. Lairvriere, Eti$ûr Poê, sa vie et itou œuvre , i '.m 1 >. p, iiw. Co livre el i«-s Indications verbales qu'a bien voulu me donner M. Lauvriere sur lu te lu,, m <mL beaucoup aidé â écrire ceci. <Ju'il nie permette de lui exprimer ici toute ma reconnaissance.

Mon premier bul ùtail toujours l'originalité. On ne saurai! Croire Combkn elle a êi« négligée par les poêles. En admettant que le simple rythme n'offre pas beaucoup de variété» cependant les changements de la strophe el dn mètre sont absolument infinis; mais malgré cela, pendant des si personne n'a songé à écrire une u'iivrc originale en vers. ■ losophiede la C . trad. Gabriel Mourey, p. xl.)

:). D'après Prerond. Cf. Baudelaire, (Buvrés posthumes , Oépet, p. w\-.

si multipliée qu'elle soit, irrégulière Poe s en est du reste expliqué lui-mèm refrain), dit-il, ne se déduit que d'tuo- II Jtî répétition. Je résolus de varier, i l'cllci eo conservant la monotonie du so pensée; c'est-à-dire de déterminer, Je constamment nouveaux par une variait!

refrain, le refrain Ini-môtne demeura invariable 1 »>.

Celait là, pour Baudelaire, an même ti une occasion d'échapper de temps en !*• procédés neufs, .m moins en France, à û du refrain français dont le maniemenl des effets un peu artistiques] beaueoui dextérité 4 . Par celte voie, Baudelaire po dnire dans son style poétique ces rép et qui d'ailleurs convenaient à la nature en les nuançant à l'infini, librement, il imaginable.

Jamais d'ailleurs la répétition ne pr

l. A moins que Baudelaire, qui savait l'auglai; n'eût subi dej& quelque aulre influence anglaise, qui lui inspirait un grand enthousiasme, ainsi que !

l'imp ortance abusive qu'elle a che z. Poe. Baudelaire en use fréquem ment, mais en général avec discrétion. C'est pourquoi Il est souvent difficile et délicat de la distinguer je simples effets oratoires comme on en trouve partout.

Ainsi, dans les exemples qui suivent, il est permis de ne voir que des figures banales de la rhétorique usuelle :

.i/i?i- tjvuc t mes larges yet& aux clartés étemelles.,.. is

mais je ne pleure, etjamateje ne ris..,. is

Descendez, descendes, Eamentablea rfctîmeaf, lez le chemin de l'enfer éternel:. .

(Femmes damnées, Épaves.)

Mais déjà dans les exemples que voici, bien que la démarcation soit peu .sensible, il y a autre chose qu'un simple effet oratoire :

Teut cela ne vaut pas le poison qui découle

us:, de tes yeux verts..,.

Tout ceta ne vaut pas le terrible prodige De ta salive qui mord '

Je vais voue emporter d travers Vêpaisseur^

Compagnons de ma triste joie, A travers Fêpaisêeur de la terre et du roc, .1 travers les amas confus de votre ceudl e *,

Lu- rous, riche et sonore instrument où ae vibre

Que la radieuse gaîté; Dr. voitx, claire et joyeuse ainsi (ju^une fanfare

Dans Le matin ôtiacelant...*

ss

L Edgar l'oe :

i -ca poïm le Dosttn i| ii . i ■■ i iiiiii' <U Juillet, N'6tflit"«ti poïùl lo Dwtîn, donl le nom «st aussi Douleur, Qui me Bt m'attardai devant la yonc de do jju

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