‹ Versification et métrique de Ch. BaudelaireChapitre 35 sur 47 · VERSIFICATION KT «ET · texte numérisé non relu

VERSIFICATION KT «ET

aussi quelque peu influencé s ce poinl <!'■ eue par les 5 tites.

Quoi qu'il bo suit, c'esl bien â ta chanson qu'A l'a ni rapportée pour leur forme el leur construction des pièces comme l'Invitation an voyagé (84). Là, ayanl conçu sa pièce «ni strophes bétéroméiriques de 12 vers de 5 et " syllabes, cora- 9 chacune il*- deua sixains assez mal rattachés l'un à l'autre, le poète b introduil un refrain Formé de 2 ve\

7 pieds. Le retour périodique de ces deux v< i a a, au pmnt de vue métrique, l'avantage d'assurer l'unité île la strophe qu'il délimite, »■! en d\itre il meJ en relief, par la répétition, à la lois l'idée essentielle et le rythme principal de la pièce. Le résultai esl de réaliser cette unité, cette concentration de t'i nvi qui fui toujours le but constant < i t la grande pré patiou de Baudelaire.

Dans le Jet ti'etu< (97), pièce <ii strophes isométriques de

8 octosyllabes Faites de 2 quatrains sans liaison roétriqi séparés même par le sens, \v refrain remplil !e même office ;in poinl de rue de l'imité strophique; en outre il inel en relief ['opposition il» 1 sentiments qui est le sujel de toute la pièce, et enfin, par son retour régulier, il exprime le bruit monotone de la gerbe d'eau qui monte el retombe sempilernellement C'esl sans doute l'emploi le plus heureux que Baudelaire ail fail ■ t *- ce procédé.

Dans le même ordre d'idées, Le Vavasseur, dans ses Poésies fugitives (1846), ;*vail inséré des Kyrielles :

toU9 Ceux ijiu wrs VOUS sYi/nuiil, EU qui pous donnent, quand ils tous prient, De leur cœur la benne moitié, S$tfl!ïeûr 3 SeigjiettTf ayez \ Des fous çui chantent et qui rient El dont Us âmi rient

Aux s.'iiiils tlamliH,u.i\ iIm I ,iiiiili«'\ ■.■■tti\ Seigneur, ayez pitié.

El la pièce continuait ainsi sur 3 strophes, le mémo refrain

DE Cil. BAUDELAIRE. 103

■erenanl tous les quatre vers avec une légère variante, comme :

Seigneur, Seigneur, <Sélivrçx-nous.

peut-être Baudelaire «lut-il à cette pièce ridée de Litanies de Satan (Î4Î5), suite *le distiques en rimes plates séparés par ce vers toujours le même qui revient 15 fuis et ne rime qu'avec lui-mOme et avec le dernier vers Je la pièce -

Satan, prends pitié de tint longue miserai

La répétition, moins habilement maniée que chez Le Vavasseur, un maître es rimes et rythmes, trop peu connu, produit pourtant là un effet plus puissant, par cette tassante monotonie qui marque l'extrême insistance de l'invocation, l'idée Exe où li pensée s'abrutit.

On pourra encore rapprocher, pour la forme alternante du refrain, Àbet et Caïn (111) de l'Épilogue des Poésies fugû composé 'li i S strophes de 4 vers (3 alexandrins et un vers de 4 syllabes), le quatrième vers de chaque strophe étant alternativement : Qulilie&moi el Souvenez-vous.

Mais de (elles Formes, Litanies ou Kyrielles, rte peuvent être qu'exceptionnelles et, pour la chanson, on pouvait trouver qu'elle offrait, quant aux formes de refrain, moins de variété et de ressources que certains poèmes à forme fixe. Or précisément à l'époque où le poète se formait, en Baudelaire, un était en train de restaurer, de remettre sur pied ei à la mode plusieurs des anciens poèmes français à forme fixe inutilisés et perdus de vue depuis le xvi e siècle. C'avait été surtout l'œuvre de Th. de Banville, qui fut le Vîollct-le-Duc de f's frêles nmstrurlinns, «| ipii s'en fait gloire à maintes reprises. « A partir île ce moment, écrit-il dans le Corm totre des Odes funambulesques-*, les poèmes à forme fixe, Bon*

1. P, 212-213. Ailleurs : - J*essali aujourd'hui dé rendre â la France une

des Formes les |iJuri essentiellement françaises qui aient existé.

VECRSlKn: \TlnN ET MÉTMQLE

deaus, Triolets, Villanefles, Ballades, Virelai, Chanl royal, Panloum, vont se succéder dans ce livre. J'ai voulu, autant qu'il était en moi, ressusciter et remettre en lumière oes fi

de poèmes C'est moi qui ai ressuscité l» 1 vieux Triolet,

petit poème bondissant el souriant, qui est tantôt madrigal el tantôt épigrarnme, et mon idée a eu taal <]<• succès que le genre est redevenu populaire. »

En effet, si l'on met à pari 1*' sonnet, qui d 'avait pua c d'être cultivé, c'esl A peine si l'on trouve ap rondeau 1 et on court essai dr ballade 9 dans Sainte-Beuve, pourtant à l'affût. anciennes formes poétiques; et un autre chercheur de rythmes, Th. Gautier, ne présentait guère, avant 1840, qu'une soi-dUact « Villanelle rythmique 1 » qui n'en esl pas une, ftl un « Pantoum' ■ qui tien es! pas un davantage.

Mais, dès les CcïHotide$ ) apparaissaient le dizain, le rondeau, le rondeau redoublé, te triolet (ci tes 2\ Capri

manière de Marot t el les H petites pièces groupées soua le titre de En habit zinzolin). Puis, quand les premières Odes funambulesque* paraissaient dans lu Silhouette} c'était sous forme de Lrioleia (10 août. 17 août, 2N décembre 1848), de villac elles (Vitfanèlle de Buloz^ 36 octobre), de rondeaux [Lyre tTar§ent t 30 novembre fs'i.'i: Qua fÂurore.,. f II janvier 1846), tantôl anonymes, tantôt sous la signature Villon.

Th. Gautier de son côté avait mis en honneur taterzarima ,

cette ballade de François Villon.... * (Avant-propos des 7.

/ayeuse*,) — ■ Obstinément attaché, pendant tante nui carrière d'ouvrier et

d'artisie. a restituer Les anciennes formes poétiques,... (Prômce du Sang

eU fa Coupe.) — i J'essaie encore une Fois Je «s

la Ballade, nn de nos rieux rythmes français dont l'Iiarmonie el la symétrie

sont charmantes. » (Dédicace des Ronttets compotes à ta maniête de Charles

\. A une belle Vf- i dans la Sui/a dfi JOi&ph ttekrms.

2. Ballade du tàetu tetnp» (déni couplets seulement et £8$ d'envoi).

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