‹ Versification et métrique de Ch. BaudelaireChapitre 39 sur 47 · Edgar Poe · texte numérisé non relu

Edgar Poe

Ta tlilp*fflB. 8wtatB> yens: restèrent;

Ils ne voulaient point s'en aller, ils no s'en sont jamais allés;

lv;|:iiniùi mon sentier solitaire jusque chez moi cette nuit-là....

lia ne m'ont point, comme nies BspérapOfld ijtaiuë dopoll :

Us me suivent, ils me guideal fc IravaH toi années;

Ils août mes Bar vitaux», Inon que je sois leur esclave- ;

rffleo est d'illuminer et d'enflammer; Mot) davoif, d'Être *auvé par leur hriUaute clarté 1 Bt purirl6 en leur flamme éluotr Et sanctifié on Leur flamme élyàéanflft.

Ils remplissent mon unis de la beauté „ qui est ['espérance,

bien haut dans It?s cioax, les étoiles devant lesquelles ja nVageneiiillo En les tristea si ailTOc£e i uaoa veiUep de La unit; Taadia que même ilttua lu plein éclat du midi nie les voiH encore. — doux Vénus doucnrneùÈ flctatillames Que [l'éteint pas le soleil.

V BtttÉMft.)

Les traductions de Poi cilcu* dans ces noies sont de M. L'iuvrirn

114 VEH8ÎF1CÀTI0S ET stRTRlQUE

Channanti Yeuat t vous brllleï de la > tu [ne

Qu'ûîi( les cierges brùlanl ea plein jour; [a soleil

ll'Mimt, niais û'ôtoiot 018 leur llamme Ijnlisfujur ; fffl CtUbTânX !>! Mort

en chantant té Réveil de a iflic,

Astres dont oui soleil ai rôr la flamme!

: /..■ Flamb ■■<. 44)

Le retour irrégulier il' une formule toujours la même avec de légères variantes (dans une pièce imitée non [dus cette fuis de Poe 7 mais de Longfellow 1 , te Calumet de Paix t 85, de 1860] :

Or Gitcue Manitou, le llaltre de la V» . ,

Or Gîtcha fttanftou, fa maUre 4a ta Terra,... etc.

Domtaaal tout l'espace «J b mnièw..**

Il fumait droit, superbe, et baigné tir lumiirv...,

Lfl Puissant descendit $Ut ta liyiv j

Les guerriers sa tenaient sur ta vstte ftrairi

Môme dans la rigoureuse symétrie des strophes de 5 vers où le !" vers revient à la 8* place, cette influence a introduit un élément de variété. Le poète se rend compte qu'une absolue régularité a quelque chose de trop exact pour exprimer convenablement ]<- nullement de la rêverie, el que ce coup de balancier qui vient tous les cinq vers invariablement Frapper la pensée dans un moule identique n'est pas d'un bon effet. D'où l'introduction dans le refrain de variantes destinées à en atténuer la régularité et la monotonie, variantes qui ont en outre l'avantage de mettre le sens du refrain mieux en rapport avec le sens des derniers mots de la strophe, selon les prescriptions de Banville.

Le type de ce genre de pièces est l'Irréparable (55), ou fo Monatre (Ep,), où la répétition est si îrrégulierc et si incomplète qu'il revient à la fin des strophes tantôt la totalité, tantôt une partie, qui peut se réduire à un mot seulement, du vers initial.

i. The Sortfl 0/ lîtttivatfta, IS5&, Une antre pièce au moins, un sonnet, /* Qufgntm (11), de 1555, est également imitée de Longfellow.

Il arrive d'ailleurs que les reprises irrégulières s'associent et s'entremêlent aux répétitions symétriques, comme dans Lesbos jÉp.) :

hait us Piatom se froncer VnU austt'rc;

Tu tfrw i'ni pardon de Pexcès dea bai aéra, Reine du dotu empire, aimable et noble terre, Et des raffinements toujours inepursés; Lais*'.' ilu vieux Platon sa froncer l'o&t ait&tèrt.

Tu ttvê$ ton pardon de Féternel martyrs Infligé .sans relAclie aux cœurs ambitieuse, Qu'attire loin de nous le radieux sourire Entrevu vaguement au bord des autres cieux; Vu tins ton pardon ie Cêternel martyre I

Il reste à mentionner un ou deux essais isolés el plus ou moins heureux :

Le dessein curieux de la pièce 53, fe Beau AfawiVe : une première partie composée de 3 strophes, à la suite de laquelle la I n strophe esl répétée, puis développée en 2 autre h slrnphes; ensuite la 2'" strophe de la 1 re partie est répétée à sou tour et développée aussi en % strophes. Enfin !a ft* Btrophe de la V partie est répétée en forme .le conclusion, disposition peut-être inspirée vaguement par le bizarre poème dont font mention les traités de versification et qu'on appelle la Glose (?).

Le sonnet renversé Bien foin (F ici (99), où 7 vers sur 14 se terminent par un mot qui rime ou assone avec le mot essentiel du titre, faut, lequel exprime ridée essentielle du poème-

Tous ces essais, très divers, sont inégalement heureux. Tels qu'ils sont, ils ne manquent pas d'intérêt. Ils pouvaient ouvrir une voie, des voies nouvelles, Baudelaire n'y a pas autrement persévéré* Les effets qu'il avait pressentis, d'au-

lie

VKHSÏFICATION ET MÉTRIQUE

1res les ont repris, <■! suivent avec un tour de main plus habile, sinon avec autant ËTorigioalité.

La strophe encadrée-, par exemple, se retrouve assez vent après lui, Hugo n'a paa dédaigna «le s'en servir une fois, dans une t It'tttsott des Contemplations* 9 oii les b i premiers ver» 2e 3 strophes de 6 vers si* répètenl à la S' el ;i la 6" place. On la trouve chez Le Yavasseur 1 (maie non antérieurement aux pièces analogues de Baudelaire), dans le pâmas**.' ravn de 1866, sous la signature d'Edmond Lepelletier*, surlinil chea Leconte de Liste qui eu fait un assez grand usage, très semblable à celui qu'en fait Baudelaire, ayant subi lui aussi une influence anglaise, celle de Burns. lui 1852, dan* les Poèmes antiques, on trouve déjà dans les pièces imitées de Burns*, comme Jane (pièce XXIII), des refrains. On en trouve aussi dans ïfhùgawUj qui compostent de légères variantes. Mais ilans 1rs Poèmes et Poésies (IHoS:, apparaît avec /a Chanson du Rouet Ennléede Burns) la strophe encadrée où les 2 vers du i.-ummeiicernent reviennent à la fin, le 2 -$■ changeant à chaque strophe, tandis que le TMV reste invariable, forme qui n'est pas dans Burns. El plus fard Leconte «Je Lîsle y reviendra plusieurs fois (/a Vérandûh, fa Chute des Etoiles, Poèmes isahiiakes; — Dans te ciel clair, fa Lampe dit ciel % Poèmes tragiques).

Mais, comme de juste, c'est surtout chez les disciples que l'on retrouve les effets de répétition eî les reprises, régulières ou non, de mots ou de vers.

Chez Roïlinat, mieux encore que chez Baudelaire, s'aperçoit la parenté de ces formes poétiques avec les poèmes à forme fixe. Son premier recueil, les tfévroseSj tout baudelairien,

1. Om/emjUnt tons , 11, i. La pièee esl sans date, comme totiles les pièces de ce second livre.

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