‹ Versions latines commentées pour les classes de troisième, seconde et première. Livre du maître. Cinquième éditionChapitre 13 sur 133 · Voir Gr. § 270, ex · texte numérisé non relu

Voir Gr. § 270, ex

Commentaire grammatical. — 1. On doit dire ici cum tenerent , parce que le premier événement (la conduite des tyranB) est la cause de l’autre (la révolte de Thrasybule), Gr. § 319. — 2. Plurimi et plures sont le superlatif et le comparatif de multi , nombreux (Gr. § 31). — 3. Initio est à l’ablatif de temps comme principio qui a le même sens (Gr. § 199, note). — 4. Philen est l’accusatif de forme grecque de Pluie , es, /. (Gr. § 26, 3°). C’est l’accusatif du nom de ville à la question quo (Gr. § 193, 2 # ). — 6. Dans Philen , quod est castellum , l’accord du relatif est fait avec l’attribut et non avec l’antécédent (Gr. § 108, note 2°). — 6. Neque non est l’équivalent de necnon , expression où les deux négations se détruisent complètement (Gr. § 94, 2°) et qu’on traduit par « et » : neque vero non , et certes. — 7. Esse perniciei ou saluti alicui est la tournure appelée double datif (Gr. § 174) : être (à malheur) une occasion de malheur ou desalut (à salut) pour qqn. — 8. Quo magie est pour et eo ma-

âs

VERSIONS LATiNËà

gis (relatif de liaison, Gr. § 144) : et à cause de cela dayan* tage, c’est-à-dire : raison de plus pour que cette règle doive, etc. — 9. L’infinitif sine causa dici (passif impersonnel), tout comme oportere nihil • contemni , est introduit par les mots praeceptum iîîud. L’idée de de « dire » amène l’infinitif (Gr. § 281) : cette règle (à savoir celle qui affirme) qu’il ne faut, etc., et qu’on dit non sans raison. — 10. Comme comparatif de l’adverbe, on prend le neutre singulier en ius du comparatif de l’adjectif : fortins. — 11. Piraeus , t, m. le Pirée, n’est

S as considéré comme un nom de ville, mais comme un nom e lieu ordinaire; c’est, il est vrai, une bourgade, mais c’est surtout le çort d’Athènes. — 11. Neque quisquam est pour et nemo qui ne se dit pas. (Gr. § 150). — 13. Prior est employé ( nisi qui prior , etc.), parce que l’on considère deux ad versaires aux prises : l’un des deux attaque le premier. — 13. Quelques verbes comme memini et obliviscor (Gr. § 165), interest (§ 166), assusare (§ 168), des impersonnels comme me paenitet (§ 159) se construisent avec le génitif ; quant à indigere , il se trouve avec le génitif et l’ablatif (Gr. § 178, note).

Commentaire littéraire. — 1. Cornélius Népos est un historien médiocre. Chacun de ses héros est tour à tour le plus avisé ou le plus vertueux qui ait existé. Aussi ces personnages ne sont pas vivants. Ils ne sont que des symboles édifiants dont les actions sont présentées sèchement, comme exemples d’une vertu particulière. C’est bien le cas ici pour Thrasybule : sa conduite à l’égard de ses concitoyens vaincus est attribuée à un principe supérieur d’humanité, sans- arrièrepensée politique. Si cette attitude est exacte, on pourrait aussi bien l’expliquer par un désir très naturel de ne pas créer une 1 haine irréconciliable entre les deux partis qui divisaient alors Athènes. De fait, les modérés amenèrent, après la victoire de Thrasybule, une réconciliation complète. — 2. Cette intention de moraliser, qui ne tient pas suffisamment compte de la vraisemblance psychologique et de l’exactitude des faitB, se marque encore mieux dans certaines réflexions ou maximes mêlées au récit. Le pédagogue y apparait un peu naïvement et, ce qui est plus grave, ces « sentences » sont sans originalité et sans profondeur. Nous sommes loin de Tacite. Quoi de plus banal que le conseil de circonspection qu’il donnft ici : « dans la guerre, rien n’est négligeable », sinon le proverbe de prudence vulgaire par lequel il le complète gauchement ? — 3. Le style de Cornélius Népos est généralement simple. Parfois pourtant, en voulant fuir la platitude, l’auteur rencontre des expressions prétentieuses et vides. C’est un peu le cas de la phrase : koc robur libertatis clarissimae cimtatis. Cependant à cause de la clarté de son style, à cause de sa brièveté, un peu aussi en raison de son manque de profondeur, c’est le premier écrivain de l’antiquité latine que l’on met entre les mains des débutants.

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