Les participes sequentibus , spernentibus se rapportent
à nobis sous-entendu : à nous obéissant, à , nous dédaignant (Gr. § 139). — 3. Veisns bellum , comme pugna Cannensis , la guerre de Véies Ou contre Yéies. En latin, l’adjectif tiré d*un nom propre conserve régulièrement la majuscule. — 4. Monitu deorum , sur l’avertissement des dieux, est un ablatif de cause (Gr. § 186). On trouve ainsi, jussu , sur l'ordre de; hortatu , sur l’exhortation de, permissu , concessu , rogatu , etc. — 5. Tantum poenarum, une si grande masse de châtiments, tournure moins régulière, mais plus expressive que tantas poenas , de si grands châtiments (Gr. § 91). — 6. Date poenas signifie proprement « fournir des expiatioôs », dono être puni; ne pas confondre avec exigere poenas , infliger, tirer un châtiment. — 7. Dans terrarum orbi documento on a un exemple du double datif (Gr. § 174) : être à titre d’enseignement à toute la terre = servir d’exemple à . — 8. On construit avec le génitif un très petit nombre de verbes, raemini , obliviscor , moneo, admoneo , misereor , etc. (Gr. § 159, 165, 166, 168); admonere religionum, faire souvenir du culte des dieux. — 9. Optimi maximi, asyndète habituelle dans cette expression rituelle (Gr. § 349) ; l’ asyndète ne marque pas ici opposition; de même velit nolit, qu’il le veuille ou non.
— 10. Terrae est un locatif comme humi (Gr. § 194, note) ; oet emploi est exceptionnel. — 11. In signifie souvent « à propos de, quand il s’agit de » ; in pondéré auri t quand il s’est agi du poids de (de peser) l’or. — 12. Auspicato , inau gurato, sont des participes neutres à l’ablatif absolu (Gr. § 231). Cette construction aboutit à donner des adverbes : consulto, à dessein. Il n’y a pas lieu de chercher un sens différent aux deux termes; il s’agit d'un pléonasme venu sans doute de la langue rituelle : les cérémonies des auspices ayant été accomplies. — 13. Nulhis locus non = omnis locus (Gr. § 94, 2*) ; il n’y a^ aucun lieu qui ne soit, ou tout lieu est.
— 14. Saerificiis solemnibus est un datif d’intérêt (Gr. § 173): désignés (stati) pour les sacrifices. — 15. In quibus fiant , proposition relative marquant le but : ut in iis (sacrificia) fiant , pour que les sacrifices y soient célébrés (Gr. § 329, 2*).
Commentaire littéraire. — 1. Le peuple romain ee considérait comme le peuple le plus religieux; mais le sentiment n’entrait guère dans sa religion que sous forme de peur ou de reconnaissance. Aussi le culte se réduit à de* pratiques compliquées qui ont pour but d’apaiser la colère des dieux ou d’attirer leurs faveurs. On voit qu’il n’est question ioi que d’aetes sans signification morale; il ne s'agit nullement de cette amélioration de la conduite, de cette conversion vers la bkm déni parient si souvent les prophètes
juifs. — 2. Le tempérament religieux des romains, en effet, ne les pousse pas a rattacher leur vie morale à un idéal divin. « Les dieux romains ne demandent pas à leurs fidèles de pratiquer la justice » (Duruy). Pour ce peuple, la religion consiste à soumettre à des rites religieux tous les actes de la vie publique ou privée. Nous le voyons ici pour la guerre. Les succès et les revers sont dûs à la plus ou moins grande diligence dans l'accomplissement deB cérémonies prescrites ou dans l’exécution de certains travaux commandés par les dieux, comme la dérivation des eaux du lac d’Albe. — . 3. Il est probable que la tradition indiquait simplement ici à Tite-Live que Camille, en intervenant dans cette affaire, avait insisté sur les raisons religieuses. Ce canevas suffit à l'historien : il met sur pied le discours qu’il juge vraisemblable dans la bouche de Camille, en oubliant d’ailleurs que la culture intellectuelle de cette époque ne permettait pas de composer un plaidoyer si adroit. Certains historiens modernes sont même portés & penser que le projet de transporter Rome à Véies ne serait au’une invention des rhéteurs en quête de beaux sujets de déclamation. — 4. Aussi ne faut-il pas chercher, dans les détails de ce discours, l’état d’esprit des contemporains de Camille. Nous y voyons plutôt l’opinion de Tite-Live sur l’importance de la religion dans l’Etat et l'aspect sous lequel il se représente les temps héroïques de la République romaine; nous y trouvons aussi un des traits de cette hauteur morale dont son œuvre est toute pénétrée. Il déclare d’ailleurs lui-même que le principal profit qu’on tire de la lecture de l’histoire réside dans les exemples dont le lecteur peut s’inspirer pour régler sa conduite.