‹ Vertige [electronic resource]Chapitre 23 sur 76 · I. Vertige olfactif · texte numérisé non relu

I. Vertige olfactif

Nous n'avons aucune donnée anatomîque qui puisse nous expliquer la production directe des accidents vertigineux d'origine olfactive. iNous ignorons absolument comment le bulbe olfactif est mis en rapport avec les régions centrales dont la lésion ou l'irritation provoquent la désorientation subjective. Cependant, il est évident que beaucoup d'animaux s'orientent par l'odorat et se définissent à euxmêmes un espace olfactif dans lequel ils se dirigent aussi sûrement et plus sûrement même parfois qu'au moyen des autres sens. Si l'appareil de l'olfaction est apte à définir, pour ces animaux, le lieu des points odorants, le moindre trouble de cette fonction de localisation objective peut, par renversement, réagir sur l'orientation subjective de l'animal et lui donner des notions fausses sur sa position dans cet espace ainsi défini; l'équilibration et l'orientation en souffriront aussitôt. Il faut avouer que cette question n'est pas suffisamment étayée par l'expérimentation et que nous ne pouvons menu; pas la formuler physiologiquement, comme nous le ferons pour les appareils oculaires, auriculaires et tactiles.

Cliez l'homme, le flair, assez délicat comme analyse qualitative et quantitative, est très inférieur dans l'exercice de la localisation. 11 est donc fort probable que le vertige olfactif est un vertige d'irradiation provoqué par certaines sensations ou trop aiguës ou trop spéciales.

La clinique nous offrirait sans doute peu d'observations de vertige olfactif; nous pouvons néanmoins en rencontrer des exemples autour de nous. Certains parfums, comme ceux des composées en particulier, dont les fleurs, chauffées par le soleil, exercent sur certaines personnes une griserie plus ou moins profonde, peuvent provoquer, selon l'intensité et selon les spécialités individuelles, soit de la lourdeur de tête, soit une demi-pâmoison caractérisée par une sensation d'élargissement, d'éblouissement olfactif,

VERTIGE OPTIQUE

d'épanouissement intérieur de tout l'être, dont l'aboutissant est le vertige. L'encens, et certains parfums orientaux engendrent facilement une sensation d'étourdissement, d'engourdissement et d'énervement toute spéciale que certaines natures recherchent comme une volupté olfactive et psychique, et que d'autres tempéraments ne peuvent tolérer. Le vertige pourra apparaître chez les uns comme chez les autres.

L'odeur de quelques substances provoque la nausée plus encore que leur goût, et nous n'ignorons pas d'ailleurs que nous prenons souvent pour des perceptions gustatives des perceptions purement olfactives. Les odeurs trop mélangées grisent plus vite que les odeurs simples, de même que le mélange des vins trouble plus vite que l'usage immodéré d'un même vin. Certaines personnes ne peuvent séjourner dans les expositions de parfumerie ou dans les foules, que le mélange des parfums portés et chauffés, joint aux multiples odeurs du corps humain, rend insupportables à beaucoup de nerveux. Chacun peut trouver, avec un peu de recherche, les odeurs qui l'étourdissent, le troublent, le grisent, et inversement celles qui coupent et suppriment les étourdissements et les nausées. Les produits qui irritent la muqueuse nasale et font ainsi dérivation sur le bulbe olfactif, tels que l'ammoniaque, l'éther, le vinaigre, etc., sont dans ce cas. Nous n'insisterons pas davantage sur ce vertige des odeurs, dont la clinique n'a guère à s'occuper, et qui se manifeste cependant principalement quand il y a prédisposition à la réaction vertigineuse.

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