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IV. Vertiges trijumeaux

La racine supérieure du trijumeau gagne le cervelet par le pédoncule supérieur; d'autres fibres vont atteindre, en

VERTIGES TRIJUMEAUX.

dedans des tubercules quadrijumeaux antérieurs, de grosses cellules dont la forme rappelle celles de la colonne vésiculeuse de Glarke. Ces dernières sont-elles unies au cervelet par un faisceau qui ait la même signification anatomique et physiologique que le faisceau cérébelleux direct? Gela semble vraisemblable et ces deux rapports importants, ou le premier seul, du trijumeau avec le cervelet, peuvent nous expliquer les cas de vertige produits par irritation périphérique de ce nerf. La racine descendante bulbaire passe au milieu de centres variablement intéressés au mécanisme du vertige, tels que le noyau interne du labyrinthique, l'olive supérieure, les fibres du corps restiforme, etc. ; certaines fibres vont-elles aboutir à quelqu'un de ces centres? Nous l'ignorons absolument.

Le vertige trijumeau, qu'il soit de siège bulbaire ou cérébelleux, existe sans conteste et nous pouvons le diviser en vertiges ophthalmique, nasal, dentaire et guttural :

1° Quant au vertige trijumeau cutané, il peut être dû à des irritations tactiles (voy. Vertige cutané). On sait que la sensibilité de la face peut être intéressée de façon à faire naître le vertige, ou encore à le faire disparaître par réaction brusque, quand il existe (aspersions froides, etc.).

2° Nous ne ferons que mentionner la forme auriculaire possible du vertige trijumeau par irritation du conduit auditif (n. auriculo-temporal).

3° Vertige ophthalmique. — NOUS n'avons pu trouver

aucun cas typique de vertige ophthalmique. Cependant chacun connaît cette lourdeur insupportable de la région oculaire qui accompagne la migraine, le rhume de cerveau, la congestion traumatique ou passive de tout l'appareil. Cette pesanteur, cette constriction, cette oppression locale provoquent chez nombre de personnes une grande aptitude aux accidents vertigineux, qui s'accompagnent d'éblouissements faciles et de battements artériels. Ces troubles apparaissent d'ailleurs chez l'individu sain, à jeun surtout, à l'occasion d'attitudes forcées, d'efforts ou d'inclinaisons exagérées de la tête. Il peut y avoir dans ces cas de vertige

LES VERTIGES

des troubles optiques très passagers, mais il est évident que la sensibilité générale est plus directement et plus fréquemment sollicitée que la sensibilité rétinienne, d'autant plus que ces troubles se produisent également quand les yeux restent fermés.

4° Vertige nasal. — Le vertige nasal n'est pas extrêmement rare, bien qu'on n'en trouve pas beaucoup d'observations. L'ablation de polypes, les recherches au stylet, l'introduction plus ou moins pénible de l'anse du polypotome, de la sonde pour le cathétérisme de la trompe d'Eustache ou le lavage des sinus, peuvent produire des vertiges passagers. Weill cite, d'après Hack, des cas de vertige durant depuis des mois, guéris par des cautérisations de la muqueuse nasale. Toute irritation nasale semble pouvoir produire le vertige. L'action de la cocaïne est trop complexe pour qu'on puisse attribuer à la muqueuse le rôle le plus important dans la production du vertige qui accompagne les badigeonnages avec tampons cocaïnés.

Nous avons pu observer une syphilitique qui éliminait presque journellement des produits de séquestration de la région ethmoïdale, des fragments de cornets, etc., et se trouvait prise à chaque élimination soit d'accès d'éternûments, soit de crises vertigineuses très intenses et pénibles. Le vertige qui peut accompagner l'éternûment est produit vraisemblablement par commotion ou congestion soit des globes oculaires, soit du labyrinthe ou de la masse encéphalique elle-même. Ce vertige n'est pas du domaine du trijumeau.

5° Vertige dentaire. — Certains sujets prédisposés ont de courts accès de vertige dans le cours d'une névralgie dentaire, pendant les manœuvres de la traction, dans une périostite ou à la suite d'un traumatisme des os maxillaires; mais dans ce dernier cas il s'agit peut-être plutôt de la commotion labyrinthique produite par le choc du condyle dans la cavité glénoïde.

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