VERTIGE STOMACAL
central ou labyrinthique dû à des troubles vasculaires réflexes causés par l'affection gastrique ou associés à des troubles gastriques. « Le vertige a stomacho lœso, dit Weill, survient à l'occasion d'un mouvement brusque, comme de lever la tête, ou bien par la vue d'un treillage, d'une file de barreaux, d'une tenture rayée. » Nous dirons plus simplement que les troubles de la circulation céphalique, occasionnés par le trouble stomacal, peuvent prédisposer au vertige cérébral , labyrinthique , optique , oculomoteur, etc. ; les phénomènes vertigineux reconnaissent ainsi le trouble gastrique comme cause éloignée à l'égal de tout trouble viscéral ou vasculaire. Certains malades ont une égale susceptibilité bulbaire au vertige, à la nausée, aux palpitations, aux douleurs gastriques. La coïncidence de deux de ces susceptibilités ne prouve pas que l'une est cause de l'autre. Le vertige qui coïncide avec un trouble gastrique n'est pas forcément du vertige stomacal, pas plus que le vertige qui accompagne un violent accès de toux n'est du vertige laryngé. Il s'agit, dans la plupart des cas, de vertige labyrinthique.
Le traitement même ne fait pas la preuve, et nous rencontrerons des malades guéris de vertige supposé stomacal, alors que le régime lacté qui a été prescrit a simplement fait disparaître simultanément les troubles labyrinthiques et dyspeptiques d'une néphraslhénie méconnue. En dehors même de ces cas fréquents de brightismes ignorés, n'est-il pas visible que si la lésion stomacale a un retentissement sur la circulation labyrinthique, le vertige labyrinthique peut disparaître quand on traite l'estomac, de même que si l'on traite le rein dans la néphrasthénie, le foie dans la lithiase, le nez dans la rhinite chronique, etc.? Ceci prouve que le traitement du vertige labyrinthique est loin d'être toujours local, et cela ne montre nullement que nous avons eu affaire à du vertige gastrique ou rénal. Le vertige gastrique de Trousseau, consécutif à d'abondantes métrorrhagies, à la convalescence de maladies graves, avec anémie profonde et lientérie, celui de G. de Mussy chez des arthritiques, des goutteux, celui de Ramskyll, associé à des nausées, des constipations « avec surdité partielle et
LES VERTIGES
tintements d'oreilles », celui de Bouchard dans la dilatation, chez des glycosuriques, des albuminuriques, des migraineux, des goutteux, les vertiges associés à des troubles très nets des fonctions auriculaires (Gowers), etc., tous ces vertiges peuvent-ils être acceptés comme gastriques? Nous avons relevé toutes ces causes à propos du vertige labyrinthique. Le véritable vertige gastrique nous semble très rare, le labyrinthe est presque toujours en cause.
Cependant, dans certains cas, comme celui de M. le professeur Bouchard, où l'ingestion d'un peu d'eau produisait du vertige immédiat, ceux où le vertige s'accompagne de douleur à l'épigastre peuvent être considérés comme des cas de vertige gastrique vrai, mais nous rejetons cependant toute certitude en présence de vertiges s'expliquant plus facilement ou tout aussi facilement par le trouble labvrinthique. Weill cite un des malades de M. Bouchard, qui était pris de vertige quand il allait à la selle, et ne se calmait que par l'ingestion de quelques aliments. Est-ce bien du vertige gastrique, et le retentissement sur le labyrinthe n'est-il pas évident dans les deux cas?
6. Vertige hépatique. — On le trouve associé aux autres symptômes de la colique hépatique ou aux douleurs hépatiques d'autre origine; c'est une irradiation bulbaire. Dans les toxhémies d'origine hépatique, il est vraisemblablement labyrinthique.
7. Vertige intestinal. — Nous l'adjoignons aux vertiges pneumogastriques, car le tronc du nerf vague innerve une partie de l'intestin, et ces filets ont la même signification physiologique que les autres nerfs sensitifs de l'intestin qui sortent à des étages inférieurs de la moelle. La colique intestinale simple ou saturnine, ou toxique, les parasites, certaines tumeurs douloureuses, les contusions, etc., pourront provoquer ce vertige.