XV. Vertige médullaire
Les irritations périphériques qui provoquent les réactions vertigineuses que nous avons appelées vertiges néphrétique, intestinal, hémorroïdal, urogénital, cutané, locomoteur, sont transmises aux centres bulbaires, cérébelleux et cérébraux par des conducteurs qui forment une partie des cordons postérieurs et latéraux de la moelle. Une lésion diffuse ou systématique de ces cordons et des éléments cellulaires qui les interceptent à diverses hauteurs dans le grand nerf médullaire, pourra provoquer des troubles centripètes vers les centres supérieurs et déterminer les mêmes réactions vertigineuses. Un sujet susceptible de vertige génital, par exemple, pourra devenir tabétique et subir, pendant une phase de sa maladie, des irritations purement médullaires, accompagnées de vertige identique ou vertige provoqué par des perceptions voluptueuses périphériques. Les crises néphrétiques, vésicales, intestinales, etc., observées au cours d'une myélite aiguë ou chronique, diffuse ou systématisée, seront, chez les sujets faciles au vertige, propres à provoquer cette réaction bulbaire aussi bien que les coliques dues à une irritation viscérale. Nous manquons sur ce point du contrôle clinique, d'autant plus que dans les cas de réaction vertigineuse accompagnant l'irritation médullaire, le bulbe était le plus souvent atteint (Thèse de Giraudeau, Paris, 1884). Giraudeau remarque que les accidents vertigineux font défaut dans les affections localisées à la région dorso-lombaire de la moelle. Nous n'avons donc qu'une hypothèse d'ordre
LES VERTIGES
physiologique, d'après laquelle les lésions médullaires, qui provoquent des troubles sensoriels identiques à ceux des irritations périphériques, pourront provoquer le vertige aussi bien qu'elles, chez les sujets faciles.
D'ailleurs c'est vers le bulbe qu'il faut remonter, et Giraudeau conclut que « c'est dans les lésions localisées à la région cervicale de la moelle que l'on rencontre le plus les accidents vertigineux et apoplectiformes : ils sont d'autant plus fréquents que la zone lésée avoisine davantage le bulbe; ils coexistent souvent alors avec le pouls lent permanent, les troubles oculo-pupillaires, les attaques syncopales et épileptiformes ». C'est donc au chapitre suivant que nous aurons à les étudier.