DIAGNOSTIC
interne, produira du vertige labyrinthique. Celui-ci pourra suivre la nausée ou s'en faire suivre, grâce aux rapports intimes du noyau interne avec le noyau glossopharyngien ; il y aura de même retentissement réciproque du noyau interne et des noyaux pneumogastriques l'un sur l'autre, associant le vertige labyrinthique à l'oppression, aux palpitations, à l'irritation stomacale ou laryngée. Qu'une aura sensitive, émanée d'une irritation médullaire provoquée par une crise vésicale, hémorroïdaire, néphrétique ou autre, remonte le long du bulbe et rencontre un noyau interne d'une suffisante susceptibilité, et le vertige apparaîtra, vertige bulbaire, labyrinthique, sans que le labyrinthe lui-même y soit pour rien.
On voit que, pour nous, le diagnostic se simplifie beaucoup par ce fait que le vertige est presque toujours, et peutêtre toujours, labyrinthique. Gela nous suffit au point de vue spéculatif, et nous pouvons admettre que le vertige est un, quelque diverses que soient ses causes.
Néanmoins, au point de vue thérapeutique, il importe de qualifier le vertige d'après ses sources périphériques.
L'accès de vertige est généralement associé, par le malade lui-même, à certains autres troubles, ou se produit à l'occasion de certaines perceptions sensorielles, de certaines attitudes, de certains mouvements, de certains actes. Si l'affirmation du malade est formelle, on pourra qualifier le vertige d'après le trouble concomitant, et le classer dans une des catégories que nous avons décrites et pourl'étiologie particulière desquelles nous renvoyons à leur description. S'il y a doute, on peut chercher à le provoquer par une irritation déterminée, indiquée parle malade lui-même, et avec son consentement. On connaît ainsi la voie centripète de l'irritation qui éveillera la réaction vertigineuse, et il y aura alors à discuter s'il s'agit d'une action réflexe sur une autre source de vertige, ou irradiation simple à travers les noyaux centraux. Le traitement purement local, et à la condition de ne pas agir sur la susceptibilité centrale, permettra enfin de parfaire le diagnostic et fera une contreépreuve suffisante à l'irritation expérimentale. Par exemple, dans un cas de vertige nasal, l'exploration au stylet pro-
LES VERTIGES
duira un léger vertige, qu'on ne pourra plus provoquer après l'application locale de la cocaïne, etc.
Quand le vertige ne présente pas la forme paroxystique, et qu'il est permanent, ce diagnostic est beaucoup moins précis. Le traitement local de l'origine périphérique supposée permettra, dans certains cas heureux, d'amener la guérison ou un soulagement relatif, et le diagnostic s'affirmera. Il faut encore, dans ce cas, se restreindre à un traitement purement local et ne pas chercher à diminuer l'état général des troubles vasculaires ou l'excitabilité bulbomédullaire.
Le plus souvent, le labyrinthe lui-même sera en jeu, soit par irritation locale propre, soit par perturbation d'origine réflexe. L'examen approfondi des fonctions auriculaires ne peut être correctement fait que par un auriste, et encore faut-il remarquer que bien des épreuves destinées à l'examen de l'oreille interne n'ont pas la signification qu'on est tenté de leur attribuer. 11 est en réalité difficile, dans certains cas, de définir la part que l'appareil auriculaire prend à la production du vertige, mats nous ne connaissons pas de cas où l'on ne puisse le mettre en cause avec beaucoup de vraisemblance, à part le cas de vertige nasal, oculaire, laryngé et locomoteur, où les noyaux vestibulaires sont atteints eux-mêmes par irradiation.
Le propre du sens de l'espace étant d'offrir un terrain commun à la sensibilité et à la motricité d'une part, et d'autre part à la superposition d'une foule d'analyses sensorielles, on comprend que le domaine du trouble vertigineux ne soit pas moins étendu que celui de la fonction d'orientation elle-même. La cause locale sera parfois impossible à déceler.
La cause générale ne sera pas toujours plus franche dans ses manifestations. Le sujet le plus goutteux, le plus névrosé, pourra n'avoir que du vertige lié à une cause tout à fait indépendante de son état général, et il nous semble actuellement impossible de tracer, pour un cas donné de vertige, les caractères qui permettent de le rapporter aune cause générale plutôt qu'à une autre, avant le traitement et en dehors de certaines concomitances formelles