PETITES PRATIQUES DE DÉVOTION
« !• Notre entretien intérieur avec Dieu doit être, ce me semble, le plus souvent dans le souvenir de sa sainte présence, l'adorant à toutes les heures, et faisant des actes d'amour envers sa bonté, nous ressouvenant le plus que nous pourrons des motifs que nous avons le plus remarqués en l'oraison, et principalement des atTections et résolutions que nous y avons faites, pour nous corriger et avancer en ce même saint amour. 2° Dans toutes les rencontres pénibles aux sens, nous devons regarder la paternelle bonté de Dieu qui, en bon Père, permet que nous soyons touchées de sa divine justice ; quelquefois, pour nous témoigner son plus grand amour, nous faisant part des souffrances pour nous appliquer le mérite de celles de son Fils, et nous exciter à produire des actes de reconnaissance. 3* Dans les rencontres des choses qui nous agréent et des affaires qui réussissent selon notre désir, avant de nous laisser emporter à la joie qui nous est présentée, regardons Dieu d'un œil intérieur, et soyons reconnaissantes de sa miséricorde qui, par son seul amour, nous donne cette consolation, l'acceptant dans cette vue en produisant quelque acte d'amour. 4° Nous devons aussi l'aire tout ce qui dépend de nous pour que tous les objets qui se présentent à nos sens nous servent à élever notre esprit à Dieu : quelquefois les considérant créés par sa toute puissante main, d'autres fois envisageant le dessein de Dieu en leur création, qui est presque toujours pour l'usage de l'homme, afin que cet homme lui en soit reconnaissant. 5« Pensons encore à l'excellence de l'être que Dieu nous a donné, afin de nous relever des bassesses auxquelles nous incline notre nature corrompue, par les vaines occupations de nos affections à quantité de choses qui ne méritent pas d'occuper notre esprit, et protestons que nous ne voulons rien sur la terre que Dieu. 6° Quand quelquefois pressées, ce nous semble, de grands besoins» nous désirons ou esterons de l'aide des créatures, et
que cet aide vient à manquer, soit par la conduite de la divine Providence, soit par quelque faute d'aulrui, regardons incontinent la trùs-sainte volonté de Dieu, et, l'acceptant en cette privation, élevons noire esprit à Dieu, ayant recours à lui seul. Considérons que de toute éternité il a été et est seul suffisant à soi-même, et que, par conséquent, il nous peut et doit suflire. Puisque nous sommes si heureuses d'être en un état auquel nous devons l'avoir seul pour consolateur, il nous en faut produire un acte en acceptant amoureusement les privations de ce qui nous manque, quoiqu'il nous semblât très-juste et nécessaire de l'avoir. Demeurons seules à seules en paix avec Dieu, sans murmure contre les créatures, qui toutes ne seraient pas capables de nous donner sujet de mécontentement, si Dieu ne le permettait. Mais, pour que notre esprit soit à Dieu selon son bon plaisir dans toutes les rencontres susdites, il faut s'habituer à produire souvent des actes de désir de connaître Dieu et soi-même, et par conséquent des acte3 d'amour de Dieu et de haine de nous-mêmes, pour donner à Dieu ce que nous lui devons et nous refuser ce qui lui déplaît; il faut nous abandonner souvent à lui, et lui montrer notre cœur rempli de confiance et de reconnaissance. »