CONTRE LA DIVISION ENTRE UNE SUPÉRIEURE ET UNE INFÉRIEURE
t Vous, ma sœur Barbe, par votre peu de cordialité vers la Sœur que Dieu vous a donnée, par vos petits dédains, et par le peu de support de ses infirmités, comment ne vous êtesvous point souvenue que, lorsqu'on vous a mise avec elle pour lui tenir lieu de supérieure, c'était vous obliger aux conditions de mère spirituelle, bien plus grande que mère corporelle, devant avoir soin de son salut et perfection plus que les ir.ères naturelles ? ce qui vous obligeait à une grande douceur et charité, telle que le Fils de Dieu la recommande sur terre.
Et vous, acceptant cette charge, n'avez-vous pas vu aussitôt à quelle humilité elle vous obligeait, puisque vous avez tant de sujet de connaître votre incapacité ? Ne devez-vous pas avoir toujours devant les yeux, quand vous ordonnez quelque chose, que c'est l'obéissance qui vous le fait faire, non pas que de vous-même vous ayez droit de commander ? Or sus, j'espère que le mal n'est pas en tel état qu'il soit sans remède. Mettezvous vos fautes fortement devant les yeux sans vous excuser ; car, en effet, rien ne peut être cause du mal que nous faisons que nous-mêmes. Avouez cette vérité devant Dieu. Excitez en votre cœur un grand amour pour notre chère Sœur Louise ; et, en la vue de la miséricordieuse justice de notre bon Dieu, jetez-vous à ses pieds et lui demandez pardon de vos sécheresses en son endroit et de toutes les peines que vous lui avez faites, avec promesse, moyennant la grâce de Dieu, de l'aimer comme Jésus-Christ le veut ; témoignez-lui les soins que vous devez avoir d'elle, et l'embrassez ayant ce véritable sentiment dans le cœur.
« Et vous, ma chère Sœur Louise, vous voilà encore tombée dans vos petites mauvaises habitudes. Que pensez-vous de votre condition ? Est-ce une vie de liberté ? Tant s'en faut. Elle doit être d'une continuelle soumission et obéissance. Est-il possible que vous n'y songiez jamais ? ou bien que, si vous y songez, vous ayez si peu l'amour de Dieu et si peu de crainte de votre salut, que vous négligiez de faire ce que vous êtes obligée ? Ma (il le, faites-vous un peu de violence.... Ne vous souvenez-vous pas que vous ne devez rien faire ni aller nulle part sans la permission de ma Sœur Barbe que vous avez acceptée, avant partir, pour supérieure, et que vous deviez autant ou plus aimer que si c'était votre mère ?
« Vous avertissant de vos fautes, elles me mettent les miennes devant les yeux, ce qui me fait, mes filles, vous dire que celle dont j'ai maintenant plus de sentiment, c'est le mauvais exemple que je vous ai donné pour la pratique des vertus que je vous recommande. Je vous prie, mes bonnes Sœurs, de l'oublier, et d'en demander pardon pour moi, et la grâce de me corriger (28 novembre 1639). »