Sixième preuve. — Dans la célèbre carte
(1) « Neque enim desunt qui se circuisse Cubain audcant diccre. An » hœc ita sint, an invidia tanti inventi occasiones quœrant in hune »virum, non dijudico : tempus loquetur, inquoverusjudex invigilat.»
(2) «, Vicentius Annez... Cubam, a multis ad ea usque tempora ob » suam magnitudinem continentem putatam, circuivit. Itidem et alii » plures se fecisse aiunt. Vicentius Annez cognito jam expérimente » patenti Cubam esse insulam, processit ulterius et terras alias ad n occidentem Cubre offendit, » etc.
liniversalior cogniti orbis Tabula, publiée par Ruysh en 1507, et qui accompagne aussi le Ptolémée de Rome de 1508, on voit marquée à l'ouest des Antilles (1) et à peu près à une longitude de 75° ouest des Canaries, une étendue de côte dont on ne s'est pas assez occupé encore, et où on lit :
HVC USQ NAVES FERDINÂDI REGIS HISPANIE (*) P.VENERVT.
Cette légende est un argument puissant en faveur du récit de Vespuce, à propos de son premier voyage, tel que nous le rétablissons aujourd'hui. Dans le cap de Saint-Marc ( C. S. MarcL ) , qui est le nom le plus méridional de cette étendue de côte , nous ne pouvons voir que celui qui aurait été découvert en premier dans ce voyage, au bout de 37 jours, c'est-à-dire le 18 juin, jour qui, d'après le martyrologe romain, est précisément celui où l'Eglise célèbre le martyre de saint Marc (2) . Peut-être est-ce aussi à cette même époque qu'on découvrit la baie de Nathndad, attendu que l'Église célèbre la Nativité de saint Jean-Baptiste, le 24 du même mois (3) .
22. — Cette inscription de C. S. Marci a été supprimée dans la célèbre carte du Ptolémée de Stras-
(1) L'ilc de Cuba y a été oubliée, mais on l'a mise sous le nom de Isabela dans la carte de 1513, puisée aux mêmes sources que celle-ci. Sur l'édition de 1513 on peut yoir Humboldt, IV, p. 109 etsuiv.
(*) Sic.
(2) Ce saint devait même être cher à Vespuce, son oucle étant religieux de Saint-Marc. (Humboldt, Ex. crit. IV, p. 43 et H.)
(3) On en voit la confirmation dans le C. Doffin de abril.
bourg de 1513, laquelle est d'origine portugaise, aussi bien que la mappemonde de Ru y sch, de 1507. Mais au lieu du cap, on y voit des indications bien plus remarquables : la côte y est fermée en golfe, faisant voir que les eaux ne communiquaient pas par l'ouest avec la mer des Indes ; et la partie septentrionale du golfe , et surtout la Floride, y sont parfaitement figurées (1). 23. — Septième preuve. — Les renseignements
(1) La Floride en presqu'île, et sur l'extrémité de laquelle on lit Coutello, y finit en deux pointes, dont la plusoccidentale est ledit cap de la fin d'avril. Le mot comelo pourrait bien n'être qu'une mauvaise lecture de cabedello, pointe de sable, ou plutôt de courella, c'est-àdire une lisière de terre basse, une savane étroite et longue. En employant ici le mot savane, nous saisirons l'occasion pour dire que nous ne le croyons pas d'origine américaine, comme soutient, avec Oviedo, son nouvel éditeur. Nous sommes convaincu que ce nom n'est autre chose qu'une forme française du mot espagnol Sâvana, qui signifie drap de lit. La même métaphore du mot drap de lit appliqué à des plaines près de la mer est encore très employée au Brésil dans les noms Lançoes grandes et Lançoes pequenos, {de aréa, c'est-à-dire de sable) tout près du Maragnan. On sait que Lançol ou Lençol (linceul) signifie en portugais draps de lit.
Le nom du cap de la fin d'avril indique l'époque de sa découverte, onze mois et demi depuis que la flotte était partie de Cadix. Cette date est d'accord avec la position où on était un mois et demi après, c'est-à-dire, selon nous, à l'entrée de la rivière Saint-Laurent.
Il est bien possible également qu'au lieu du mot corveo on eût dû lire cotovello (coude), et qu'on eût alors appliqué ce nom au cap Cod qui, comme on sait, présente la forme de coude.
Dans la carte de 1513, à partir de la pointe de la Floride vers le nord, les inscriptions se suivent ainsi : C. de Lago (cabo Delgado?) Ponla Roixa, R. de las Almadias, C. Santo, Rio de los garlarlos (probablement Lagartos, lézards), la (sic) Cabras, Lago Luncor, Costa alta, C. de Bonaventura, Caninor, C. de Litontir (?)(C. sable), C. del inar
communiqués aux éditeurs de Ptolémée de 1508 et 1513, sur la continuité de la nouvelle terre du nord au sud, étaient naturellement les mêmes dont parle Humboldt (IV, 263) , et d'après lesquels on savait en Portugal, au mois d'octobre 1501, que les terres du nord, couvertes de neiges et de glace, étaient contiguës aux Antilles et à la terre des Perroquets, nouvellement découverte. -
24. — Et ici nous devons dire que, tout en croyant que Colomb est mort avec l'idée fixe qu'il était arrivé aux Indes orientales, nous ne voyons pas comment on peut prouver que Vespuce, à l'époque de sa mort, en 1512, ne savait pas que les terres découvertes n'appartenaient pas à l'ancienne Asie, quand ce fait était en 1507 connu de Hylacomilus, qui appelait même le nouveau monde une quatrième partie de la terre (1) ; et, sans que nous voulions rien ôter à la
Usiano (Oceano). — De la Floride vers l'ouest on lit les noms C. Luroar (C. S. Lucar?), G. do Liuor, Arlear (Areal?), rio de Corno.
Il s'ensuit, à l'est, sous le nom de rio de la (sic) Parmas (Palmas?) une grande rivière qui ne peut être que le Misissipi. Après on lit, laco dellodro, et entin sur le côté nord-ouest du golfe une grande quantité d'Iles, et on sait qu'elles sont en assez grand nombre entré le Rio-Grande et le même Mississipi. Sur la carte de Ruysch on lit Lago de loro, c'est-à-dire Lac de Perroquet. (Voy. notre texte §§ 10 et 23.)
Pour ce qui regarde l'application synonymique de tous ces noms, rien ne paraît plus facile ; mais il faut dire que toutes les explications, sans données certaines, ne seront jamais suffisantes pour les esprits scrupuleux. Ceux qui le seront moins pourront voir dans le cap dé Lago ou dans le P. Roixa celui de Canaveral ; dans le lago Luncor l« Delaware ou le Cheavapeak, etc.
(1) « Et aliaquarta pars per Americum Vesputium... inventa est. » (( osmogr. Introd., cap. îx, fol. 15 t*.]
gloire de Colomb, il ne serait pas étrange de justifier encore par les faits le nom $ Amérique, si l'on pouvait prouver que Vespuce a été le premier à reconnaître et à soutenir que la terre découverte n'était pas l'ancienne Asie.
25. — Objections détruites. — Nous ne passerons pas sous silence les arguments les plus forts qu'on pourra nous opposer et que nous connaissons nous-même d'avance. C'est d'abord celui indiqué déjà par Navarrete (III, 330), lequel résulte du silence des témoins qui ont déposé dans le fameux procès sur Colomb; silence accompagné, dit-on, de celui des historiens.
26. — D'abord l'argument ne peut pas avoir grande force devant tant d'autres , puisqu'il résulte d'une preuve négative. En second lieu, nous avons un nouveau motif d'être en garde contre les preuves négatives en remarquant que Vespuce avait navigué avec Hojeda, et que, malgré cela, tant de témoins, parlant de Hojeda et de Cosa, ont passé sous silence le nom du Florentin, déjà mort, nom qui à peine nous a été conservé par Hojeda lui-même. Or, nous voyons a priori combien il aurait été injuste de prétendre que Vespuce n'avait pas navigué avec Hojeda, si celui-ci l'avait oublié, ou si nous n'avions de sa déposition, comme de tant d'autres, que des extraits (1), ou les réticences qu'on trouve dans l'ouvrage de Navarrete, bien souvent quand le sujet nous promettait un grand rayon de lumière. D'ailleurs les témoins, dans un procès judiciaire, ne devaient répondre qu'aux questions qui
(l) Toutes celles qu'il marque d'un *.
leur étaient laites ; et ces questions généralement ne se rapportaient pas à la priorité de la découverte du continent de l'Amérique, mais se bornaient à la priorité par l'amiral, de la découverte de Paria, de ce qu'on appelait Tieira Jîr/ne (1).
27. — Quant au silence des historiens et des archives, il suffit de rappeler que, en ce qui concerne les expéditions au Brésil en 1501 et 1503, nous n'avons guère eu connaissance des faits que par Vespuce ; et nous ajouterons les mots suivants de l'illustre Humboldt (IV, 64) : « Par un concours de circonstances difficiles à expliquer, bien d'autres événements qui, par leurs nouveauté, avaient également jeté un vif éclat dansl'Europe entière, n'ont pas laissé de traces dans les archives. Il n'existe, par exemple, à Barcelone, aucun document qui fasse mention de l'entrée triomphale de Christophe Colomb.» Et le même Enciso, ce précieux cosmographe dont nous devrons à M. de la Roquette une traduction française, cet Enciso qui publiait son ouvrage en 1519, qui était alguazil moyor de Castilla ciel Oro, ignorait, ce que nous savons aujourd'hui par le pilote Ledesma (2) , que déjà de son temps, on avaitexploré le golfe du Mexique, au delà de la côte du Yucatan. — Enciso n'en savait probablement rien de plus que ce qui pouvait lui avoir été communiqué par le pilote Alaminos, après sa visite au Yucatan avec Francisco Hernandez de Cordova, en 1517, avant d'y retourner, en 1518, avec Juan de Grijalva. Il ne nous décrit la côte du Yucatan que jus-
(1 ) Humboldt, Ex. crit. , V, 202.
(2)Nav.,III, 558.
qu'un peu au delà du cap Catoche actuel, et il ajoute : « D'ici s'en sont retournés les découvreurs sans avoir passé au delà (1) .
28. — Mais ne nous plaignons pas trop des historiens ; ils vont nous aider eux-mêmes à rétablir le crédit de l'illustre Florentin.
29. — Anghiera vient le premier à notre aide. En rendant compte de l'exploration d'Honduras par Colomb, dans son quatrième voyage, en 1502, il nous apprend qu'on disait que cette côte avait été déjà visitée par d'autres (2).
30. — En second lieu, Gomara nous confirme dans cette croyance, en disant que, trois ans avant le quatrième voyage de Colomb, la même côte d'Honduras avait été découverte. Le quatrième voyage de Colomb ayant eu lieu en 1502, cela reporterait la découverte à l'année 1499, tandis que, selon Vespuce, elle eut lieu en 1497. Cette légère différence dans le nombre des années ne fait que nous confirmer dans l'idée que ce n'était ni sur l'autorité de Vespuce ni sur celle d' Anghiera que l'historien espagnol nous faisait sa révélation. Il est aussi d'accord avec Anghiera quand il dit que Pinzon et Solis étaient à la tête de l'expédition de la découverte (3) .
(1) « Desde aqui se boluieron lus descubridores, que nu passaron » mas. »
(2) « Percurrisse quoque feruntur ea littora occidentalia Vicentias » Agnes... et Joannes quidam Diaz Solisius Nebrissensis, multique » alii quorum res nondum bene didici. »
(3) « Descubrio Christoual Colon 370 léguas de costa, que ponen de rio grande de Higueras al Nombre de Dios, el ano de 1 502 ; dicen
31. — Le même fait se trouve confirmé par le mémorable auteur de Y Histoire générale et naturelle des Indes, Gonçalo Hernandes d'Oviedo. Voici ses propres paroles : « Quelques-uns ont attribué la découverte du golfe d'Higueras au premier amiral Don Christophe Colomb, disant que ce fut lui qui le découvrit. Et cela n'est pas vrai, car le golfe de Higueras (Honduras) , ce sont les pilotes Vicente Yanes Pinzon, Johan Diaz de Solis (1) et Pedro de Ledesma, qui l'ont découvert avec trois caravelles, et cela avant que Vincente Yanez eût découvert le fleuve Maranon, et Solis le fleuve de la Plata (2) . »
32. — Herrera même, si ennemi de Vespuce , nous dit (Dec. I;l, liv. VI, cap. 16) qu'il n'était pas resté mémoire des premiers navigateurs qui étaient allés
empero alguuos que très aûos antes lo uuian andado Vicente Yanez Pinçon y Juan Diez de Solis, que fueron grandissimos descubridores.»
(1) On peut soupçonner que ce pilote est le même portugais Juan Diaz (Bofes de Bagaço), qui, échappé du Portugal, était passé sur des vaisseaux français, et qui, se trouvant en Espagne, fut réclamé par le Portugal, le 29 octobre 1495. Le fait est que Solis, après avoir servi en Portugal, s'était eufui en Espagne, et en 1512 il se plaignait que déjà deux fois on ne lui avait point tenu en Portugal les promesses royales (seus alvarâs) (Nav. III, 505 et 128.) Il est bien possible que Solis ait accompagné Vespuce en Portugal et l'ait même suivi au Brésil en 1501 et 1503.
(2)«... Algunos atribuyen al almirante primero Don Christoval Colom, diciendo que él lo descubriô. Y no es assi; porque el golfo de Higueras lo descubrieron los pilotos Vicente Yanez Pinçon è Johan Diaz de Solis è Pedro de Ledesma con très caravelas, antes que el Vicente Yanez descubriesse el rio Maranon, ni que el Solis descubriesse el rio de la Plata. » (Ed. de l'Académie de Madrid de 1851-1855, t. II, p. 140, liv. XXI,chap. 28.)
( 28) du côté de Paria (1). Et (dans le chapitre suivant) il ajoute, sans donner dans le texte aucune date : «Aussitôt que l'on connut en Gastille ce que Christophe Colomb avait découvert de nouveau , Juan Diaz de Solis et Vicente Yanez Pinzon résolurent d'aller poursuivre la même route (2) . »
33. — Herrera, en écrivant ces lignes, avec une indication marginale, met l'événement au nombre de ceux dont il parle en 1506; mais il y avait impossibilité de supposer Pinzon naviguant en 1506 et 1507, puisque nous savons par Navarrete(3)qu'il était alors retenu en Espagne avec Vespuce occupé par d'autres armements. Une preuve que l'assertion de Herrera ne se rapportait pas, dans le fond, à une découverte de l'année 1506, nous est donnée par le texte même, qui continue ainsi : « Comme ensuite il n'y a eu personne qui ait poursuivi cette découverte, on n'en a pas su davantage jusqu'à ce qu'on eût découvert toute la Nueva-Esparïa, à partir de l'île de Cuba ; et ces explorateurs tenaient surtout à découvrir de nouveaux pays par jalousie pour l'Amiral et pour dépasser ce qu'il avait découvert (h). »
(1) « No huvo memoria dellos, ni aua de otros, q fueron por la » parte de Paria. »
(2) « Sabido en Caslilla lo que auia descubierto de nuevo el Alniirante, Juan Diaz de Solis y Vicente Yanez Pinzon determiuaron de yr a proseguir el camino, etc. »
(3) Coll. deViaj., III, 294, 321, 322, 323.
(4) «... Como despues no buuo nadie que proseguiesse aquel désert brimienlo no se supo mas hasta que se descubriô todo lo de Nueva- » Espana, desdela isla de Cuba, y estos descubridores principulmento » pretendian descubrir tierra por émulation del Almiranle, y passar » adelantede lo que el havia descubierto. »
( 29) 54. — Document très important en faveur de Vespuceet son premier voyage. — C'est seulement, après toutes les preuves que nous venons de donner,que nous nous hasardons à soumettre au lecteur le texte de la lettre écrite de Burgos à la seigneurie de Venise, par Jérôme Vianello, le 23 décembre.... (?) (1), lettre trouvée à Vienne par le savant M. Ranke, et publiée en 1839 par l'illustre Alexandre deHumboldt à la page 157 du tome V de son Examen critique. Voici le texte de cette lettre : « El venne qui do navili de la India de la portione del re mio sr li qualfurono a discoprir palron Zuan Biscaino et Almerigo Fiorentino, li quai sonno passati per ponente lie garbino lige 800 di la delà insula Spagnola che lie de le forze de Herculuslege 2000 et hanno discoperto terra ferma, che chusi judichano siche lige 200 de la de la Sp. trovorno terra e per costa scorsono lige 600, ne la quai costa trovorno un fmme largo in bocca lige U0 e furono supra el fiume lige 150 nel quai sono moite isolette habitate da Indiani. Viveno gênerai1" de pessi mirabilissimi , erano nudi. Dopoi tornorono per la costa di detta terra lige 600, onde se scontrorno in una canoa de Indiani che a nrô modo e
corne uno zopello de uno pezo de legno Lo Arche-
piscopo (2) torna a spazar dicto do capetanii con 8
(1) On attribue à cette lettre (dont l'authenticité n'offre pas le moindre doute pour nous) la date de 1306. Même en voyant cette date dans l'original nous tiendrons à croire que l'auteur s'était trompé. Il faut cependant examiner si l'année 1498 est écrite ï me ijc. Dans ce cas la lecture ecca ut est très facile quand il s'agit d'un manuscrit en petits caractères.
(2) Cet archevêque ne pouvait être que celui de Rosano, c'est-à-dire
navilii con 400 homeni molto ben forniti d'arme, artigliarie (1) »
35. —Par cette lettre de Vianello nous apprenons un fait de la plus grande importance, c'est que Juan de la Cosa accompagna Vespuce dans ce voyage, et effectivement nous ne le trouvons occupé nulle part, justement dans l'intervalle pendant lequel Vespuce nous raconte que son premier voyage eut lieu (2). La rivière, ayant 40 lieues d'embouchure, ne peut être que leMississipi, qu'on a dû remonter alors 150 lieues, ce qui nous explique le grand retard mis par les voyageurs pour atteindre la pointe extrême de la Floride où ils arrivèrent à la fin d'avril 1498. — Et les 600 lieues qu'on a navigué encore après viennent nous confirmer les 870 de côte que Vespuce dit avoir encore parcourues au nord du tropique du Cancer.
36. — Voilà, Messieurs, tout ce que nous avions à dire, dans le but de contribuer à éclaircir, autant que possible, une question, aussi importante pour l'histoire géographique que pour l'appréciation morale de l'homme auquel l'Amérique doit son nom. J'espère que vous serez d'accord avec moi pour conclure que, s'il est vrai qu'il reste encore à expliquer plus clairement et par des preuves concluantes, les époques et les véritables routes des voyages de Pinzon et Solis, nous ne saurions cependant clouter que Vespuce ne les ait accompa-
le célèbre évêque de Burgos, Fonseca (Voy. Nav.III, 146), qui s'est toujours beaucoup plus occupé des découvertes que le cardinal Cisncros.
(1) De ces préparatifs sont résultées probablement les expéditions d'Hojeda, de Pinzon et de Nino.
(2) Voy. Humboldt, Ex.crit., V, p. 163.
( si )
gnés (1) sur une flotte composée de quatre navires; et que, depuis 1497 jusqu'à août 1498, il n'ait découvert et exploré toute la côte orientale de l'Amérique du Nord, depuis l'Yucatan et le golfe du Mexique jusqu'aux plages les plus septentrionales des États-Unis.
(1) L'association de Vespuce à Pinzon et à Solis dans ce \oyage primitif nous semble prouvée jusqu'à un certain point par des associations subséquentes. Le 17 mai 1505 (Nav. III, 302) on envoyait quelqu'un à Palos avec une lettre adressée à Pinzon pour qu'il s'entendit avec Vespuce sur une certaine expédition. Le 23 août 1506 (ib. 294) tous deux étaient' chargés de décider si l'expédition pourrait se faire en hiver. L'association avec Solis se fit par la succession de celui-ci à la charge de pilote majeur, après la mort de Vespuce. Gomara lui-même prouve cette association lorsque, parlant des grandes découvertes qu'on attribuait à Vespuce, il ne peut s'empêcher de faire une réclamation en faveur des vieux marins Pinzon et Solis. Voici ses mots : « Muchos n tachan las navigaciones de Americo... yo creo que navego mucho, » pero tambien se que navegaron mas Vicente Yaîiez Pinzon y Juan » Diez de Solis, yendo a descubrir laslndias. » Quanta Solis, surtout si l'on pouvait prouver qu'il fit avec Vespuce les voyages de 1501 et 1503, nous croirions sans peine qu'il aurait navigué encore plus que Vespuce sur les côtes orientales des deux Amériques.
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