‹ Vestigia flammae; poèmesChapitre 14 sur 95 · L'ANNEAU · texte numérisé non relu

L'ANNEAU

Les longes rideaux tirés pendent à la fenêtre

En plis droits et pesants ; Le feu brûle et soudain l'on voit mourir ou naître Ses fantômes ardents ;

Le vieux bureau de laque et la commode peinte

Près de l'écran chinois Et le lustre dont le cristal s'irise et tinte

Sont là, comme autrefois;

Comme autrefois aussi le vieux portrait s'écaille

Par le temps déverni, Et le miroir, en son lourd cadre de rocaille,

S'embue et se ternit.

POÈMB8 DIVERS S7

Rien n'a changé, mais tout, aujourd'hui semble attendre

Mystérieusement Quelque chose que je vais dire, et pour l'entendre, Tout le silence attend...

Ne pensez pas, 6 chers témoins des heures mortes,

Que je revienne ici Comme ces voyageurs dont la mémoire apporte

De fabuleux récits

Ou comme un conquérant qui suspend à sa poupe

L'héroïque Toison, Et de qui la stature en airain se découpe,

Sur l'or de l'horizon.

Non I Celui qui revient sans trophée et sans g-loire, C'est moi, c'est toujours moi.

Et de quel vain laurier m'eût paré la victoire, Car je porte à mon doigt,

38 VESTIGIA FLAMMjE

Plus beau que nul trésor, puisque son cercle cèle

Un nom que seul je sais, L'anneau mystérieux de la chaîne éternelle, Qui me.lie à jamais!

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