‹ Vestigia flammae; poèmesChapitre 50 sur 95 · SOIR VÉNITIEN · texte numérisé non relu

SOIR VÉNITIEN

Tout est beau, tout est pur, tout est doux, tout est tendre,

De tout ce qu'alentour je vois Et, dans l'air qui l'accueille, il est charmant d'entendre

L'écho d'un pas ou d'une voix. .

La fenêtre où, ce soir, vient s'accouder mon rêve Qui souhaite un môme demain

Me montre, au fond du ciel, la lune qui se lève Ronde sur un étroit jardin ;

Et, tout en respirant l'odeur qui vient des roses Et le parfum du noir cyprès,

J'écoute la fontaine, inég'ale en ses pauses. Qui murmure avec un bruit frais.

LB JARDIN DU tOtnrBNIR 177

Le beau jour écoulé revit en ma mémoire

De son matin rose et vermeil Jusqu'à l'heure où s'allonge en l'eau que le ciel moire

Le long cyprès d'or du soleil ;

Je revois le canal, la lagune, les ties, Les algues brodant les poli

Et les pigeons nouant autour des campaniles Leur vol, couronne de midi !

J'entre en quelque palais, je sors de quelque église, Ma gondole est là, son fer droit :

Et, durant tout un jour, j'ai eu toute Venise, Venise tout entière à moi.l

Et cependant, ce soir, alors que je résume Ce beau jour qui vient de finir

Pourquoi se mèle-t-il soudain tant d'amertume Au bonheur de son souvenir ?

178 VESTIOIA FLAMME

Pourquoi donc ce sang-lot ? Ces larmes, que sont-elles ?

Ce soupir et celle pâleur ?

Ah ! c'est qu'auprès de moi je te sens qui m'appelles,

Ma Tristesse blessée au cœur !

LE JAHDIN DU SOCVËNIR l^Ô

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