C'EST BIEN VOUS
C'est bien vous ! Et toujours ce grand air orgueilleux
Et dur que, quelquefois, donne la vie à ceux
Qui l'ont, servilement, à leurs g-enoux, ployée,
Et qui, sur son épaule esclave et rudoyée,
Ont fait peser leur rude poing-, de tout son poids...
La violence vibre au fond de votre voix,
Même quand vous parlez très doucement dans l'ombre ;
Votre pied forme écrase en marchant un décombre
Et semble, dans l'écho, le pas d'un conquérant.
C'est vous. Vous dédaig-nez les armes qu'on vous rend .
Votre g-este est tranquille et votre front sans fièvre ;
Rien d'amer ne se crispe au coin de votre lèvre ;
Vous êtes, étant sûr d'hier, sûr de demain,
Et cependant, quand je vous vois, ami hautain.
POftMBS DIVERS 31
Pareil à quelque Dieu que vous seriez vous-môme» Vous qu'on eiivio et qu'on admire, vous qu'on aimOf J'ai peur — et j'ai pitié de vous, car en vos yeux Je dislingue un lointain éclair mystérieux El je sens, prévoyant la future tempête, Quel soufHe du Destin courbera votre tôle, Vous si haut, et peut-ôtre, 6 cœur blessé, qu'un jour Pleurera votre orgueil aux genoux de l'amour.
22 VirSTIOIA FLAMM.E