‹ Vestigia flammae; poèmesChapitre 67 sur 95 · PLÉNITUDE · texte numérisé non relu

PLÉNITUDE

J'ai jeté le bâton coupé dans la forôt

Et je ne boirai plus de fontaine on fontaine ;

Ma barque n'ira plus vers la rive lointaine

Où dans la brume d'or le cap brusque appa ait ;

Partez, ô vojag"eurs, je reste snns re^çret ! A d'autres maintenant la voile et la carène Avec toute la mer où chante la Sirène Qui cache sous le flot son écailleux secret !

Je ne foulerai plus la poussière et la dalle

Et Ton n'entendra plus retentir ma sandale

Sur le parvis du temple où se dressent les Dieux ;

L'Ombre descend. Ma vie aujourd'hui est étale Et je ne veux plus voir d'autres astres aux cieux Que celui qui rayonne en la nuit de vos yeux.

LE DIADftME

Souviens-loi do ta vie cl regarJe-loi vivre. Tout soir a pour couchant l'or dont son aube o lui; Ainsi que lo serpent s'achève par la guivre C'est le jour qui te fait tes songes de la nuit ;

Le mol qu'on ne dit pas est inscrit sur le livre Et, lorsque lo jjonhcur t'ofîre son divin fruit. Si ta bouche un instant h le mordre s'enivre C'est que tu t'es mené toi-m6me jusqu'à lui.

Souviens-lo' de ta vie, ô vivant, car en elle Est le secret qui te la rend douce ou cruelle ; Il n'est d'autre destin que d'avoir étô soi.

Cléopâtre déjà portait en diadème, Invisible et roval à son front sans ciTroi, L'aspic qui la tua du venin d'elle-même.

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