CHINE
Je veux, ce soir, rêver à la Chine lointaine... Donne moi cette robe au lourd satin changeant, Apporte-moi la lampe et l'aig-uille d'arg-ent Et ma pipe en bois d'aig-Ie et celle en bois d'ébèue ;
Dans ce grand vase à pans égaux de porcelaine Où l'on voit en des algues des poissons nageant Mets cette fleur, afin que sa tige plonge en L'eau qui la maintiendra jusqu'au jour fraîche et saine;
Place non loin de moi ce cloisonné d'émail, Ce beau panneau si riche et fin en son détail, Et maintenant laisse-moi seul, car je veux être,
Dans le rêve chinois où je m'absorberai, Celui qui lentement sur sa face sent naître L'extatique bonheur du sourire sacré.
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L'ANGE xMUSICIEN
Lo temps entre tes mains a brisé la violo Ou le théorho dont tu jouais autrefois, Bel Ange qui môlais ta cadence et la voix A l'hymne triomphal qui, vers le ciel, s'envole.
Bel Ange pur, nbeille en le saint alvéole. Sous le porche, il me semble encor que je te vois, Debout, les yeux baissés, en ta robe à plis droits. Au-dessus de ton front flotte la i)anderole.
L'antique cathédrale est morte : tours massives, Flèi.'hes, piliers, vitraux, chapelles, arcs, ogives... Son chant d'org^uc et de cloche est mort avec le tien,.
Mais quand je te contemple, en ta Forme parfaite, J'entends toujours vibrer, Any^c musicien, L'accord silencieux de la pierre muette.
204 VESTIOTA FLAMM.K