‹ Vestigia flammae; poèmesChapitre 78 sur 95 · LA MORT DU POÈTE · texte numérisé non relu

LA MORT DU POÈTE

Quand le Poète mort s'enfonce dans la nuit, Nul n'entend retentir, là-bas, son pas sonore, Tandis que, pour qu'il ne la quitte pas encore, La Muse se lamente et tend les bras vers lui ;

Il s'en va, dans le g-rand silence d'aujourd'hui, Sans écouter la voix unique qui l'implore ; Vers un autre soleil et vers une autre aurore Il s'éloig-ne, et c'est la g-loire qui le conduit.

C'est elle qui, longtemps invisible et présente. Va poser sur ce front qu'une aube claire arg-ente La couronne où l'épine est une rose enfin ;

Alors que, parmi nous, offerte à notre hommag-e. Demeure la terrestre et douloureuse image De Celui que la mort a fait deux fois divin.

Ces médaillons sont extraits de la série de poèmes publiés par M. M. Bcrnhcim-jeime dans l'ouvrage intitulé: l'Art moderne.

Page 1