LE NU AU CAVALIER
C'est en vain, ô beau chevalier, que la cuirasse Défend ton jeune sein de la flèche au vol fier ; Sa pointe, malgré tout, pénétrera ta chair ; Tu n'éviteras pas le sort qui te menace.
Que ton foug-ueux cheval à le fuir se harasse, Que tu passes le fleuve et le lac et la mer, C'est en vain. De ton cœur, sous la soie et le fer, L'archer mystérieux trouvera bien la place.
Si loin que ton g'i^lop t'entraîne, c'est en vain Que tu veux oublier la porte et le jardin ! N'est-ce pas là, dis-moi, que tes yeux l'auront vue,
Celle dont le reg-ard d'amour t'attend là-bas Et vers qui, cœur blessé, toujours tu reviendras Et parce qu'elle est belle et parce qu'elle est nue ?
MÉDAILLONS DB PBINTRBS 229