‹ Vestigia flammae; poèmesChapitre 93 sur 95 · K.-X. ROUSSEL · texte numérisé non relu

K.-X. ROUSSEL

Les dieux ne sont pas morts puisque l'homme est vivant. Ils glissent dans la brise et passent dans le vent ; Les soirs cl les matins sont pleins de leurs haleines, Leurs voix parlent dans les sources et les fontaines Et c'est par eux que tout est si mystérieux 1 Leur peuple nous observe avec des milliers d'yeux Ouverts sur nous avec la nuit ou la lumière ; Il en est dans les eaux, il en est dans la pierre, Dans la flamme, dans les feuillages et partout. Ils s'effacent, puis nous surprennent tout à coup Dans l'aurore aussi bien que dans le crépuscule Et dans l'ombre où leur foule innombrable circule. La Naïade se baigne à la source où tu bois Et le Faune t'épie à la corne du bois;

MÉDAILLONS DE FBINTItES 240

IjO galop (lu Centaure en l'écho se répèle. Nul ne les voit, sinon lo peintre ou le poète, El pourtant ils sont là, éternels, familiers, Dans les champs, prèn du fleuve, au détour des hallicrs, Etant l'ûme à jamais de tous les paysages ; Ils hantent les vallons, les plaines, les rivages, Et tant que vivra l'homme ils seront là, vivants, Dans l'air, le feu, les eaux, les feuilles et le vent : Et c'est pourquoi, Roussel, peintre à la brosse agile Comme un vers, je vous aime en Chénier et Virgile, Vous qui, comme Corot, Chavannes ou Poussin, Voyez à la nature un visage divin.

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