‹ Vestigia flammae; poèmesChapitre 92 sur 95 · AUGUSTE RENOIR · texte numérisé non relu

AUGUSTE RENOIR

Un paysag-e frais qu'Avril vif acidulé, Tel autre tout brûlant d'été,

Et ce bord de rivière où luit au crépuscule La feuille du saule argenté ;

La ville, les passants, la rue et la g-uinguette,

Le bal, la log-e, son velours Où, du coude, s'appuie en haussant la lorg-nette

Quelque dame en mondains atours ;

Des visag-es d'enfants, des visag'es de femmes

En leur jeunesse qui sourit, La main au piano faisant vibrer les g-ammes ;

Sur un meuble un bouquet fleuri

Je revois tout cela d'après tes toiles claires, 0 Renoih, maître dont l'art neuf

Soulevait tour h tour du rire et des colères En mil huit cent quatre-vingt-neuf !

Mais pour vous mieux aimer encore en votre gloire

Qu'accroîtra la postérité J'évoque de votre œuvre, au fond de ma mémoire,

Quelque naïve nudité.

De celles que, souvent, en leur gr&ce assouplie, En leur rondeur au pur contour,

Déesses de lu chair et nymphes do la vie, Vous peignîtes avec amour.

248 VESÏIGIA FLAMMEE

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