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VI. -- Les Oblats à Hobbema, dans l'Alberta

les vides laissés par ceux qui ont été rappelés dans leur pays, en vue du service militaire, n’ont même pas été comblés. Ainsi les besoins de la province du Canada sont grands, et ils se font sentir partout : Rogafe ergo Dominum messis ut mittat operarios in messem suam/

GUILLAUME CHARLEBOIS, O. M. I.

PPPPIPPPS

À. — Venez voir Hobbema !

Hobbeina !.. A beaucoup ce nom ne dira rien. Plusieurs, en l’entendant prononcer pour la première fois, demanderont ce qu’en sauvage peut bien signifier un nom pareil. D’autres — les artistes, les peintres —. penseront à leur défunt collègue, et vous diront tout de suite les mérites, les qualités et même les défauts de ce peintre hollandais de grande renommée,

Pour les initiés — et ils sont relativement nombreux au pays d’Alberta et de Saskatchewan — Hobbema évoque l’idée d’une charmante mission indienne. Oui, une des plus intéressantes missions crises que nous ayons dans l’Alberta, — je dirais même la plus belle et la plus up-{o-date, si je ne craignais de faire dire aux révérends frères que l’obéissance a envoyés dans d’autres missions peut-être pas moins chéries : « Et lui qui en parle ainsi, qu’en sait-il sur les nôtres ? »

La mission actuelle d’'Hobbema fut fondée, en 1881, sous le nom et le vocable de Notre-Dame des Sept- Douleurs. Mgr Vital Grandin, O. M. 1I., se rendant à la pressante invitation de deux chefs sauvages, y alla lui-même, durant l’automne de cette année-là, pour y installer un prêtre, — le Rév. M. Beillevaire — qui a popularisé dans le diocèse de Nantes le nom du chef de cette tribu, Peau-de-Belelte, et le nom indien de la place, Petile- Montagne-d’'Ours.

En ces temps-là, — les vrais temps héroïques — les voyages étaient pénibles, les routes très peu carrossables : il fallait deux jours pour arriver d’Edmonton à cette mission. Et l’on raconte que Mgr Grandin, s’y rendant à cheval en cet automne de 1881, piqua une tête dans les marais de la petite rivière Terre-Noire — assez proche de la localité actuellement appelée Leduc. Il n’y a même pas si longtemps, nos chemins avaient un triste renom ; et l’on parle, dans les Pefites Annales (1896), d'un certain missionnaire qui, ayant sa voiture embourbée, dut sauter à l’eau et pousser à la roue — avec un tel effort que les chevaux partirent en grande vitesse et le laissérent là, en costume très sommaire et naturellement... tout humide (1).

B. — L'Œuvre des Oblats.

Depuis lors, que de changements ! On ne s’y reconwaftrait plus. En moins de deux heures, le train nous mène d’Hobbema à Edmonton, ou vice versa. Des routes superbes, parcourues à chaque instant par de rapides automobiles, ont fait place aux sentiers des Indiens ou aux chemfns préhistoriques. La hutte indienne — où le missionnaire était obligé de monter une tente de toile pour sé garer contre la pluie — a été remplacée par de grandes et solides bâtisses. Le village est devenu ville — avec église, résidence des missionnaîres, imprimerie, couvent des Révérendes Sœurs et école-pensionnat ou, autrement dit (en langue «nord-ouest »), magnifique boarding-schoo! pout Indiens.

C'est donc avouer, tout de suite, que cette tribu indienne a, en grande partie, répondu à l'appel du missionnaire et correspondu à la grâce de Dieu.

Le Rév. M. Beillovaire ne fit que passer à Hobbema.

{1) Ceux de nos lecteurs, qui ne le sauraient pas encore, seront houreux d’apprendre que les Petites Annales paraissent de nouveau : 4, rue Antoinette, Paris (18°), et 39, quai Gailleton, Lyon (Rhône).

H fut bientôt remplacé par les Oblats, qui développèrent l’œuvre et la firent prospérer. En ont été chargés jusqu’à ce jour : les RR. PP. Scollen (1882-1885), Victorin Gabillon (1885-1894), Oscar Perreault (1894- 1900), Louis Dauphin (1900-1914) et Pierre Moulin, O0. M. I., — lequel fut adjoint au P. Dauphin en 1914, lorsque celui-ci fut transféré, cette année-là, à la mission montagnaise du lac Froid. D’autres Pères y ont aussi résidé plus ou moins longtemps, — par exemple, Iles RR. PP. Victor Pineau, Michel Méter, Zéphyrin Lizée, . Gustave Simonin, Joseph Portier et Camille Vandendaele, O. M. I., — sans parler du KR. P. Victorien Marchand, O. M. 1., qui est actuellement le compagnon et l’aide du P, Moulin.

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