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VI. -- Missions Saint-Joseph, Fort Résolution, N.W.T

La Mission Saint-Joseph, du Vicariat apostolique du Mackenzie, se compose de quatre Pères et de six Frères convers.

Le R. P. Louis Durs, ouvrier de la première heure, se trouve heureux au milieu de son troupeau, qu’il a en sa garde depuis près de quarante ans ; et nous devons dire que nous aussi sommes très heureux d’avoir ce bon Père au milieu de nous. Ses soixante-neuf ans ne lui font rien perdre de sa bonne humeur, et il se porte assez bien pour son âge ; cependant, cet hiver a été plus dur pour lui que de coutume. Il exerce les fonctions d’aumônier du couvent et, de plus, il est constamment prêt à rendre tous les services possibles. Rien ne lui paraît ni trop pénible ni trop bas : volontiers, il ferait la cuisine au moulin ou la pêche sur le lac.

Le R. P. Pierre FALAIZE est notre économe. Ce n’est généralement pas la charge la plus enviable dans une communauté, — par ici surtout, et pour de bonnes raisons. Les provisions que nous recevons, chaque été, sont loin d’être suffisantes : à peine pourrions-nous subsister cinq mois de l’année là-dessus. Le déficit doit être comblé ici même ; et c’est au bout du fusil ou du trancheglace, et au prix d’efforts inouïs, qu’on trouve ce qu’il nous faut. Grâce au savoir-faire du R. P. Économe, à l’énergie et à la bonne volonté de nos bons Frères et, par-dessus tout, à la protection de notre puissant patron Saint Josepu, rien ne nous a encore manqué jusqu'ici. Outre ses travaux d’économat, le R. P. FALAIZE a dû prêcher, l’an dernier, les retraites annuelles à la mission et au couvent ; et c’est à la satisfaction générale qu’il

(1) Reproduction partielle d’une lettre, datée du 17 mai 1920 et adressée, par le R. P. Alphonse Dupont, Supérieur de cette Mission, au R. P. Servule Dozors, Assistant général.

s’est acquitté de cet important travail. Le reste de son temps, il l’emploie à l'étude de la langue esquimaude ; car il est désigné pour aller porter l'Evangile à ces peuplades des mers glaciales, encore assises à l’ombre de la mort et attendant avec anxiété qu’on vienne leur apporter le salut.

D’après les plans de S. G. Mgr BREYNAT, notre vénéré Vicaire, c’est au mois de juillet prochain que le R. Père FALAIZE doit nous quitter pour aller rejoindre le R. Père Joseph FRAPsAUCE et le Fr. Benoît MEYER — qui se trouvent parmi les Esquimaux, depuis l’an dernier. Nous avons reçu de leurs nouvelles : ils sont en bonne santé, mais demandent à grands cris du secours. Le ministre de l’erreur menace de devancer l’apôtre de la vérité. Il est à craindre que les pauvres Esquimaux se laissent séduire, quoiqu'ils soient très favorables aux missionnaires catholiques. Les premiers apôtres qu’ils ont vus, et qu'ils ont massacrés, leur ont laissé leur dernière bénédiction : cette bénédiction a provoqué en la plupart un ardent désir de connaître cette Religion que les Pères leur annonçaient et pour laquelle ils ont donné leur sang. Sanguis Martyrum, semen Christianorum : c’est toujours vrai. .

Sur douze postes (ou missions) que nous desservons dans le Vicariat du Mackenzie, il y en a huit où le Père se trouve seul ou avec un Frère convers, trois avec deux Pères, et un avec quatrè Pères. Cette dernière est, précisément, la mission Saint-Joseph — qui, par le départ du P. FALAIZE pour ja mission des Esquimaux et celui du P. Edmond Prarr pour Montréal, va se trouver avec deux Pères : l’un, le R. P. DuPIrE, déjà bien avancé en âge, et l’autre. votre pauvre serviteur. Rogate ergo Dominum messis ut mittat operarios in messem suam !.…

Que vous dirai-je de nos excellents Frères convers de la maison Saint-Joseph ? D’abord, je suis heureux de vous dire qu’ils sont tous égaux en dévouement, en bonne volonté et fidélité à leur vocation. Il y a, parmi eux, un Irlandais, deux Allemands, un Français, un Belge et un Canadien ; mais la bonne entente et la douce fraternité

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