‹ VI. -- Missions Saint-Joseph, Fort Résolution, N.W.TChapitre 2 sur 4 · NOUVELLES JUIN · texte numérisé non relu

NOUVELLES JUIN

règnent au milieu d’eux, — de sorte qu’il n’y a ici que de véritables Frères, heureux d’habiter ensemble.

Le Fr. James O’CoNNeLz, déjà aussi blanc qu’un lièvre en hiver, est encore assez solide ; mais, depuis nombre d'années, il a renoncé aux longs voyages en traîne à chiens et en steamboat. Ayant le titre de capitaine de bateau, il embarque pourtant quelquefois, — quand il est nécessaire d’avoir à bord un capitaine diplômé. Habile menuisier, il occupe la plus grande partie de son temps à la menuiserie, où il rend de précieux services.

Le Fr. Guillaume BECKSCHOEFFER s'occupe des gros travaux, — chantier de billots, bois de chauffage, moulin à scie, foin, pêche, ete. Il a, pour le seconder, les FF. Léopold BERENS, Derrien KERAUTRET et Gérard KRAUT.

Le Fr. BÉRENS, s’étant blessé (hernie) en travaillant, a été conduit, cet hiver même, à l’hôpital du Fort-Smith (180 milles, au sud de Résolution). Les soins qu'il a reçus n’ont pu le remettre ; il sera donc obligé de sortir de bon printemps ; nous espérons qu’il sera de retour pour les pêches d’automne.

Les FF. KÉRAUTRET et KRAUT, étant plus jeunes et plus lestes, sont employés surtout aux longs voyages en traînes à chiens. On se repose en grande partie sur eux pour l’approvisionnement en viande et en poissons. Ce serait trop long de vous énumérer les fatigues et les actes de dévouement qu'ils ont à présenter à Dieu chaque jour.’

Le Fr. Albini PLANTE, excellent à tout point de vue, est le factotum de la maison. H n’a qu'un défaut, c’est” d'être un peu faible de santé et trop ardent à l’ouvrage : il est vrai que son emploi, quoique moins pénible que les autres, est loin d’être une simple distraction. Sa fonction spéciale est de s’occuper de l’étable, de distribuër des vivres, de labourer les champs, de les entretenir et de les agrandir le plus possible, etc.

Mais pourquoi tant de monde, de travaux et de misères pour une poignée de sauvages ? C’est encore un mystère de }’amour de Dixu pour les déshérités de la terre. Mais croyez bien qu’il n’y a ici rien d’exagéré : le personnel

nombreux, les travaux et les misères que nous supportons sont pour nous de la plus stricte nécessité — tant pour avoir la vie sauve que pour faire un peu de bien.

La mission Saint-Joseph est une des plus importantes du Vicariat par sa population et par ses œuvres. La population catholique de la Mission atteint 800 âmes, disséminées à tous les vents du ciel, à 100 milles (et plus) à la ronde.

Ces braves sauvages sont,en général, bien fidèles à leurs devoirs. Aux grandes fêtes de Noël et de Pâques, ils viennent à Ja mission (les hommes seulement), et c’est édifiant de les voir prier avec tant de ferveur. Les femmes et les enfants ne viennent qu’au printemps ; et même plusieurs ne viennent pas tous les ans, à cause de la distance et de la misère, de sorte qu’ils restent quelquefois plusieurs années sans voir le prêtre. Malgré ce délais ,ement forcé, ils se conservent bons, font leur prière chaque jour, gardent le dimanche —- qu’ils sanctifient, en se réunissant dans leurs loges afin de dire ensemble le chapelet et chanter des cantiques.

De temps en temps, et chaque fois que l’occasion favorable s’en présente, nous nous faisons un bonheur de les visiter. Mais qu’elles sont rares, nos tournées aposliques au milieu de ces braves chrétiens ! Cet hiver, nous avons, par deux fois, visité quatre camps sauvages, seulement. Nous espérons aller faire une nouvelle tournée plus loin (en mai), sur les dernières glaces ; mais, nos sauvages sont tellement dispersés et éloignés les uns des autres, qu'ils ont eux-mêmes renoncé à venir nous chercher, comme c’était convenu. C’est toujours un réel bonheur qu'on leur procure en allant les visiter, et c’est aussi le meilleur moyen entre tous que nous ayons pour leur faire du bien; mais combien il est difficile de le mettre en pratique! .

Outre les chrétiens du large, la mission Saint-Joseph a à sa charge une école florissante, où dix Sœurs de la Charité (de Montréal) se dépensent, avec un dévouement -admirable, à l’éducation de 80 orphelins ou orphelines.

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