DES SOURCES ET DE L'ÉTABLISSEMENT THERMAL
N ous avons déjà vu que les sources de Vichy n'étaient pas situées dans la ville, mais à une peute distance, et la plupart des hôtels ont été construits aux environs. Elles ont aussi déterminé l’emplacement de l'établissement thermal, qui est, sans contredit, un des plus beaux de France. Commencé sur les plans de M. Janson , ou sentit bientôt la nécessité de le rendre plus vaste et plus élégant, et le projet de M. Rose-Beauvais fut celui qui, dans ces derniers temps, obtint la préférence et fut mis à exécution. Il rattacha son plan à celui qui avait été proposé à une époque antérieure, et, malgré toutes les difficultés qu'ileut à surmonter, le bâtiment actuel répond à l’importance des eaux qui l’alimentent.
La partie sud, tournée vers le jardin, est plus élevée que le reste de l'édifice, car un étage existe au- -dessus du rez de chaussée. Celui-ci est composé d'un péristyle qui s'ouvre sur le jardin par dix-septarcades, et qui com-
munique,au moyen d’une longue galerie centrale , avec toutesles autres parties. Au-dessus de ce péristyle, qui sert de salle de danse aux villageois des environs, et de promenade couverte aux étrangers, se trouvent le grand salon, lasalle de billard et les cabinets destinés au jeu ou à la lecture. Deux escaliers, d’une rigidité remarquable, permettent aux personnes indisposées d'arriver essoufflées : à la porte des salons.
Au nord est une autre galerie couverte, sous laquelle se trouvent plusieurs sources dont nous parlerons tout à l’heure; ps enfin, deux corps de bâtiments latéraux réunissent les galeries, EL Cumupuoseni la partie essentielle de l'édifice. C’est là que sont situés les cabinets , les douches et les réservoirs. Cet ensemble est vaste, car il occupe un espace qui a soixante-seize mètres de longueur sur cinquante -sept de large. Les cabinets des bains sont au nombre Fa soixante-douze : il y a en outre quatre Cabinets pour les douches, quatre étuves pour chauffer lelinge, et quatre chaudières. Pour donner du jour à ces divers cabinets , on a ménagé dans l’intérieur du bätiment quatre petites cours carrées, qui con-. tiennent chacune une fontaine d’eau douce, entourée d'un bassin assez grand pour servir: de réservoir.
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L'édifice thermal a une succursale à l’autre extrémité du jardin : c’est un petit bâtiment situé près de l'hôpital, et alimenté par une partie des eaux de la fontaine située sur la place Rosalie. On a créé, en 1810, plusieurs cabinets de bains et un petit salon, dans une portion du jardin de l’hospice. Il reste encore quelques bosquets ; il y existe une chaudière, des douches situéesau-dessous des bains: enfin, c’est un établissement complet. Une autre partie de l’eau de la source qui vient l’alimenter est dirigée dans l'hôpital, où elle sert aux mêmes usages. Je ne décrirai pas avec plus de détails les édifices thermaux de Vichy; les dessins joints à cette notice en donneront une idée plus précise, et si quelques personnes désiraient sur cet objet des renseignements plus circonstanciés , elles Les trouveront dans l’ouvrage de M. V. Noyer.
Il me suflira de rappeler que toutes les précautions ont été prises pour la régularité du service, et pour que les malades puissent recevoir tous les soins que réclame leur position. |
Les sources sont au nombre de sept; mais ils’en faut de beaucoup qu'elles aient la même importance : la plus considérable est celle du grand puits Carré, qui est situé sous la galerie
nord dé l'établissement; sa température est très-élevée, etc’estelle qui alimenteen grande partie les baignoires et les douches. De tout temps cette source a fourni l'eau nécessaire aux bains, et avant que le nouvel édifice ait été construit , elle était placée dans le bâtiment du roi, dont elle occupait un des angles; ses eaux étaient contenues dans un bassin carré, recouvert d’une grille de fer. On voyait alors s'élever du fond de ce bassin des jets considérables qui entraïnaient avec eux une grande quantité de gaz , en sorte que la source bouillonnait continuellement. Près de là était une autre source , composée elle-même de plusieurs filets d’eau que l’on avait réunis dans un bassin carré. Cette source fut abandonnée pendant long-temps ; car, dans le principe, elle formait une espèce de marre d’eau tiède dans laquelle on venait laver les jambes des chevaux. On y récurait aussi les ustensiles de cuisine ; de là le nom de f'ontaine des laveuses qu’elle a porté pendant long-temps. Elle a été réunie au puits Carré par des conduits souterrains.
La Grande- Grille estune des plusabondantes aprés le pnits Carré ; elle est à l'extrémité de la galerie nord, et sert aussi à alimenter les réservoirs. Autrefois elle était renférmée dans
(57 ) le bâtiment du roi avec le puits Carré : toutes les autressources étaient en dehors. C’est l’eau dont on expédie la plus grande quantité , et celle dont on boit le plus sur les lieux.
Près de là, et toujours sous la même galerie, est le petit puits ou puits Chomel, source peu importante, qu’on n’emploie qu'en boisson, et qui est recueillie dans une petite cuve en maçonnerie ; sa tempétature est assez élevée, et l'on voit aussi paraitre à sa surface des bulles d'acide carbonique.
On rencontre sur la route de Cusset, et à une petite distance de l’établissement thermal, deux autres sources peu abondantes , dont l’une a reçu le nom de source des Acacias ou fontaine des Galeux, et l’autre de source Lucas. Ge sont deux filets d’eau, dont la température est un peu différente, et dont on fait rarement usage.
La source de l'Hôpital, que l’on a désignée autrefois sous le nom de Gros-Boulet, est située sur la place Rosalie. Ses eaux sont recues dans un bassin circulaire entouré d’une grille, et présentent ordinairement une teinte verte très-marquée. Pendant long-temps les eaux de cette belle source étaient versées dans un bac de pierre, et servaient à divers usages domestiques ; maintenant elles sont dirigées
( 58 ) dans l'hôpital, et dans le petit établissement qui en est voisin, et de là sont conduites sur le bord de l'Allier , par un conduit souterrain. :
Enfin, la moins considérable des fontaines minérales, celle des Célestins , est encore un peu plus éloignée que les autres, et offre un filet d'eau qui sort à la base d'un grand rocher calcaire : ils’en dégage à peine quelquesbulles d'acide carbonique. Si des fouilles étaient dirigées avec soin , il est probable que l’on augmenterait beaucoup le produit de cette source ; car déja celles que M. Darcet fit faire à côté, ont mis à découvert un nouveau filet qui pourra suppléer à l'insuffisance du premier.
Telles sont les sources qui fixèrent, à une époque reculée, l'attention des Romains qui vinrent conquérir les Gaules, et qui maintenant font la fortune d’un pays qui serait oublié sans elles.
Voyons actuellement quelle est la composition chimique de ces eaux, quels sont leurs éléments, leur température et leur volume, Ici nous avons un guide sûr à consulter, c’est l'ouvrage que M. Longchamp a publié sur les eaux de Vichy, ouvrage consciencieux et tout à fait en rapport avec les travaux juste-
( 5) ment estimés, que cet habile chimiste avait mis au jour auparavant. C’est dans cet ouvrage que J'ai puisé la majeure partie des renseignements que Je vais reproduire.
. Volume des Sources.
Une seule des sources, Le grand puits Carré, donne plus d’eau que toutes les autres. Voici, du reste, la quantité fournie en vingt-quatre heures par chacune d’elles :
Mètres cubes.
Grand puits Carré........ 172,00 Source de l’'Hôpital......… 56,00 Grande-Grillé...,:..,.. 15:60
Source Lucas....... FAIT 6,50 Source des Acacias........ 6,50 PurtscGhémelzssux su, 2,50 bélestinsissl ol ii aut.n 0,50